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Le mardi de la 7e semaine du Temps Ordinaire
Livre de l’EcclĂ©siastique 2,1-11.
Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prĂ©pare-toi Ă subir l’Ă©preuve ;
fais-toi un cĹ“ur droit, et tiens bon ; ne te tourmente pas Ă l’heure de l’adversitĂ©.
Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’ĂŞtre comblĂ© dans tes derniers jours.
Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta vie pauvre, sois patient ;
car l’or est vĂ©rifiĂ© par le feu, et les hommes agrĂ©ables Ă Dieu, par le creuset de la pauvretĂ©.
Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; suis une route droite, et mets en lui ton espérance.
Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber.
Vous qui craignez le Seigneur, ayez confiance en lui, et votre récompense ne saurait vous échapper.
Vous qui craignez le Seigneur, espérez le bonheur, la joie éternelle et la miséricorde.
ConsidĂ©rez les gĂ©nĂ©rations passĂ©es et voyez : Celui qui a mis sa confiance dans le Seigneur, a-t-il Ă©tĂ© déçu ? Celui qui a persĂ©vĂ©rĂ© dans la crainte du Seigneur, a-t-il Ă©tĂ© abandonnĂ© ? Celui qui l’a invoquĂ©, a-t-il Ă©tĂ© mĂ©prisĂ© ?
Car le Seigneur est tendre et miséricordieux il pardonne les péchés, et il sauve au moment de la détresse.
Psaume 37(36),3-4.18-19.27-28ab.39-40ac.
Fais confiance au Seigneur, agis bien,
habite la terre et reste fidèle ;
mets ta joie dans le Seigneur :
il comblera les désirs de ton cœur.
Il connaĂ®t les jours de l’homme intègre
qui recevra un héritage impérissable.
Pas de honte pour lui aux mauvais jours ;
aux temps de famine, il sera rassasié.
Évite le mal, fais ce qui est bien,
et tu auras une habitation pour toujours.
car le Seigneur aime le bon droit,
il n’abandonne pas ses amis.
Le Seigneur est le salut pour les justes,
leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre,
car ils cherchent en lui leur refuge.
car ils cherchent en lui leur refuge.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,30-37.
JĂ©sus traversait la GalilĂ©e avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache.
Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l’homme est livrĂ© aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S’Ă©tant assis, JĂ©sus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut ĂŞtre le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyĂ©. »
Commentaire du jour
Saint Augustin (354-430), Ă©vĂŞque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon pour le sacre d’un Ă©vĂŞque, Guelferbytanus n°32 ; PLS 2, 637 (trad. coll. Pères dans la foi, n°46, p. 93 rev.)
L’Ă©vĂŞque, comme tout chrĂ©tien, « serviteur de tous »
Celui qui est Ă la tĂŞte du peuple doit d’abord comprendre qu’il est le serviteur de tous. Qu’il ne dĂ©daigne pas ce service…, puisque le Seigneur des seigneurs (1Tm 6,15) n’a pas dĂ©daignĂ© de se mettre Ă notre service.
C’est l’impuretĂ© de la chair qui avait insinuĂ© chez les disciples du Christ comme un dĂ©sir de la grandeur ; la fumĂ©e de l’orgueil leur montait aux yeux. Nous lisons en effet : « Une dispute s’Ă©leva entre eux pour savoir qui Ă©tait le plus grand » (Lc 22,24). Mais le Seigneur mĂ©decin Ă©tait lĂ ; il a rĂ©primĂ© leur enflure… Il leur a montrĂ© dans un enfant l’exemple de l’humilitĂ©… Car c’est un grand mal que l’orgueil, le premier mal, l’origine de tout pĂ©chĂ©…
C’est pourquoi l’apĂ´tre Paul recommande, parmi les autres vertus des responsables de l’Église, l’humilitĂ© (cf 1Tm 3,6)… Quand le Seigneur parlait Ă ses apĂ´tres pour les affermir dans l’humilitĂ©, il leur dit, en leur proposant l’exemple de l’enfant : « Qui veut ĂŞtre le plus grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur » (Mt 20,26)… C’est en Ă©vĂŞque que je vous parle et mes avertissements me font craindre moi-mĂŞme… Le Christ est venu « non pour ĂŞtre servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Mc 10,45). VoilĂ comment il a servi, voilĂ quels serviteurs il nous ordonne d’ĂŞtre. Il a donnĂ© sa vie, il nous a rachetĂ©s. Qui de nous peut racheter quelqu’un ? Nous avons Ă©tĂ© rachetĂ©s de la mort par sa mort, par son sang. Nous qui Ă©tions Ă©tendus Ă terre, nous avons Ă©tĂ© relevĂ©s par son humilitĂ©. Mais nous aussi, nous devons apporter notre petite part pour ses membres, puisque nous avons Ă©tĂ© faits ses membres. Il est la tĂŞte, nous sommes le corps (Ep 1,22). Et l’apĂ´tre Jean nous exhorte Ă l’imiter : « Le Christ a donnĂ© sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères » (1Jn 3,16).
Le Saint du jour:Saint Constantin
Les guillemets sont absolument nécessaires pour qualifier de « saint » celui qui fut si grand empereur et si bon stratège. « Egal des apôtres » comme l’appelle l’Orient chrétien, ou mieux encore « Apôtre du Seigneur parmi les rois », Constantin eut un rôle essentiel dans la diffusion de l’Evangile, en permettant à chacun, par l’Edit de Milan en févier 313, « d’adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel. » Il accorde ainsi la liberté de culte aux chrétiens et met fin aux persécutions.
Né dans la Serbie actuelle, fils de l’Empereur Constance Chlore et de sainte Hélène, il combat ses rivaux, dont Maxence au Ponte Milvius à la suite d’une vision bouleversante : Une croix dans le ciel et cette inscription « Par ce signe, tu vaincras ». Il pénètre ainsi à Rome. Régnant sur l’Orient et l’occident, il fera de Byzance (Constantinople, Istambul) sa capitale. Déjà dans les débuts de son règne, il fut guéri de la lèpre par saint Sylvestre, futur pape, qui se cachait au mont Soracte à 40 Kms au nord de Rome. Sous son règne, basiliques et églises se construisent, dont saint Pierre au Vatican et Saint Jean du Latran (alors Basilique du Saint Sauveur), sur un territoire qu’il concède au pape, prémices des Etats Pontificaux. Les fresques du premier baptistère romain, de la cathédrale du Pape et des chambres peintes par Raphaël illustrent brillement cette figure impériale qui marque un tournant capital pour le christianisme.
Hélas pour nos calendriers et pour l’Eglise grecque, nous savons que sa vie morale laissa à désirer et qu’il ne se fit baptiser qu’au jour de sa mort par un prêtre hérétique…
Il meurt le 21 mai 337. Ce n’est que très récemment qu’il fit son apparition sur nos calendriers.
Etymologie du nom :
Du latin « constans » « persévérant, opiniâtre »
Une belle histoire de l’Eglise d’Orient :
« Calme, paisible et maître des passions qui tourmentent en général les puissants, Constantin s’était fait représenter sur les monnaies debout, le regard tourné vers le ciel, affirmant ainsi que le souverain doit être un homme de prière et un intercesseur pour la paix et la concorde de son royaume. Dans son palais, il s’était réservé une salle, où chaque jour il s’isolait pour prier et méditer les Stes Ecritures, et il passait souvent ses nuits à rédiger des discours, dans lesquels il exhortait le peuple à l’amour de la vérité et de la vertu. Apprenant un jour que quelqu’un avait jeté une pierre sur une de ses effigies, l’empereur, à qui on avait demandé de châtier le coupable, se passa la main sur le visage en souriant et dit : « Je ne sens aucune plaie et suis en pleine santé », et il laissa l’homme repartir librement. Quiconque l’approchait pour obtenir une grâce était sûr d’être satisfait, et l’on pouvait croire en ces temps, que Dieu régnait véritablement parmi les hommes. »
Vieux proverbe de ce jour (c’est aujourd’hui aussi saint Thiébault) :
« Quand la vigne est en fleur à la saint Thiébault, il n’y a ni biens ni maux. »
Pensée spirituelle de Constantin :
« Que personne donc ne fasse de mal à personne. Que nul ne cherche querelle à un autre à cause de ses opinions, mais que chacun se serve de ce qu’il sait pour aider son prochain et, si cela n’est pas possible, le laisse en paix. »
Courte prière de Constantin mourant :
« Maintenant, Seigneur, je sais que je suis vraiment bienheureux, maintenant je sais que je suis devenu digne de la vie éternelle, maintenant je sais que je participe à la Lumière divine. »
Ephéméride du 21 mai:
En 1347, Cola di Rienzo, fils d’aubergiste, réunit les romains au Capitole et se fait élire «libérateur de la sacrée république romaine». Exalté par ses lectures, il veut restaurer la grandeur de la Rome antique, et unifier l’Italie. Il obtient une légère bénédiction du pape exilé en Avignon. Ayant obtenu tous les pouvoirs, il chasse les familles nobles et instaure une véritable tyrannie. Les impots augmentent, le peuple gronde devant les fêtes fastueuses qu’il organise. Finalement il n’a que le temps de s’échapper. Sept ans après, il revient en triomphateur et se fait élire sénateur. Son pouvoir est cependant très contesté et, deux mois plus tard, lors d’un soulèvement populaire il est décapité, brûlé et jeté au Tibre. Evidemment, les piémontais, après la prise de Rome, lui édifient une statue de bronze au milieu des escaliers du Capitole, en 1887.
Le lundi de la 7e semaine du Temps Ordinaire
Livre de l’EcclĂ©siastique 1,1-10.
Toute sagesse vient du Seigneur, et demeure auprès de lui pour toujours.
Le sable des mers, les gouttes de la pluie, et les jours de l’Ă©ternitĂ©, qui pourra en faire le compte ?
La hauteur du ciel, l’Ă©tendue de la terre, la profondeur de l’abĂ®me, qui pourra les Ă©valuer ?
Avant toute chose fut créée la sagesse ; et depuis toujours, la profondeur de l’intelligence.
La racine de la sagesse, qui en a eu la révélation ? et ses subtilités, qui en a eu la connaissance ?
Il n’y a qu’un seul ĂŞtre sage et très redoutable, celui qui siège sur son trĂ´ne.
C’est le Seigneur, lui qui a créé la sagesse ; il l’a vue et mesurĂ©e, et il l’a rĂ©pandue sur toutes ses Ĺ“uvres,
parmi tous les vivants, dans la diversité de ses dons. Mais ceux qui aiment Dieu en ont été comblés.
Psaume 93(92),1abc.1d-2.5.
Il s’est vĂŞtu de magnificence,
le Seigneur a revĂŞtu sa force.
Et la terre tient bon, inébranlable,
dès l’origine ton trĂ´ne tient bon,
depuis toujours, tu es.
Tes volontés sont vraiment immuables :
la sainteté emplit ta maison,
Seigneur, pour la suite des temps.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,14-29.
Jésus, Pierre, Jacques et Jean, en rejoignant les autres disciples, virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux.
AussitĂ´t qu’elle vit JĂ©sus, toute la foule fut stupĂ©faite, et les gens accouraient pour le saluer.
Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? »
Un homme dans la foule lui rĂ©pondit : « MaĂ®tre, je t’ai amenĂ© mon fils, il est possĂ©dĂ© par un esprit qui le rend muet ;
cet esprit s’empare de lui n’importe oĂą, il le jette par terre, l’enfant Ă©cume, grince des dents et devient tout raide. J’ai demandĂ© Ă tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’ont pas rĂ©ussi. »
Jésus leur dit : « Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le auprès de moi. »
On l’amena auprès de lui. Dès qu’il vit JĂ©sus, l’esprit secoua violemment l’enfant ; celui-ci tomba, il se roulait par terre en Ă©cumant.
Jésus interrogea le père : « Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance.
Et souvent il l’a mĂŞme jetĂ© dans le feu ou dans l’eau pour le faire pĂ©rir. Mais si tu y peux quelque chose, viens Ă notre secours, par pitiĂ© pour nous ! »
JĂ©sus reprit : « Pourquoi dire : ‘Si tu peux’… ? Tout est possible en faveur de celui qui croit. »
AussitĂ´t le père de l’enfant s’Ă©cria : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! »
JĂ©sus, voyant que la foule s’attroupait, interpella vivement l’esprit mauvais : « Esprit qui rends muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ! »
L’esprit poussa des cris, secoua violemment l’enfant et sortit. L’enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. »
Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout.
Quand JĂ©sus fut rentrĂ© Ă la maison, seul avec ses disciples, ils l’interrogeaient en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas pu l’expulser ? »
Jésus leur répondit : « Rien ne peut faire sortir cette espèce-là , sauf la prière.
Commentaire du jour
Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
Méditations sur les évangiles (Gigord 1957, p. 38)
« Je crois ! Viens au secours de mon incroyance »
La vertu que notre Seigneur rĂ©compense, la vertu qu’il loue, c’est presque toujours la foi. Quelquefois, il loue l’amour, comme dans Magdeleine (Lc 7,47) ; quelquefois l’humilitĂ©, mais ces exemples sont rares ; c’est presque toujours la foi qui reçoit de lui rĂ©compense et louanges. Pourquoi ? Sans doute parce que la foi est la vertu, sinon la plus haute (la charitĂ© passe avant), du moins la plus importante, car elle est le fondement de toutes les autres, y compris la charitĂ©, et aussi parce qu’elle est la plus rare.
Avoir vraiment la foi, la foi qui inspire toutes les actions, cette foi au surnaturel qui dĂ©pouille le monde de son masque et montre Dieu en toutes choses ; qui fait disparaĂ®tre toute impossibilitĂ© ; qui fait que ces mots d’inquiĂ©tude, de pĂ©ril, de crainte, n’ont plus de sens ; qui fait marcher dans la vie avec un calme, une paix, une joie profonde, comme un enfant Ă la main de sa mère ; qui Ă©tablit l’âme dans un dĂ©tachement si absolu de toutes les choses sensibles dont elle voit clairement le nĂ©ant et la puĂ©rilitĂ© ; qui donne une telle confiance dans la prière, la confiance de l’enfant demandant une chose juste Ă son père ; cette foi qui nous montre que, « hors faire ce qui est agrĂ©able Ă Dieu, tout est mensonge » ; cette foi qui fait voir tout sous un autre jour — les hommes comme des images de Dieu, qu’il faut aimer et vĂ©nĂ©rer comme les portraits de notre Bien-AimĂ© et Ă qui il faut faire tout le bien possible ; les autres crĂ©atures comme des choses qui doivent, sans exception, nous aider Ă gagner le ciel, en louant Dieu Ă leur sujet, en nous en servant ou en nous en privant — cette foi qui, faisant entrevoir la grandeur de Dieu, nous fait voir notre petitesse ; qui fait entreprendre sans hĂ©siter, sans rougir, sans craindre, sans reculer jamais, tout ce qui est agrĂ©able Ă Dieu : oh, que cette foi est rare ! Mon Dieu, donnez-la-moi ! Mon Dieu, je crois, mais augmentez ma foi ! Mon Dieu, faites que je croie et que j’aime.
Le Saint du jour: Saint Bernardin de Sienne
Epoustouflant, ce jeune siennois qui, orphelin de mère à 3 ans, de père à 6ans, élevé par trois tantes très pieuses, arrive à mobiliser, à 17 ans, une vingtaine de camarades, comme lui étudiant en droit, pour se porter au secours des pestiférés sans aucune protection et à la réprobation de tous. Aucun ne sera atteint par cette dangereuse épidémie. Bernardin Albizeschi, lui, en sort épuisé ! Qui est donc ce garçon à l’énergie débordante ? Beau et intelligent, il a tout pour plaire, débordant d’amour et d’une gaieté contagieuse. Mais dans son cœur, pas de partage. Il y a deux noms qu’il aime particulièrement : Jésus et Marie. A l’étonnement général, à 22 ans il entre chez les franciscains. Ordonné prêtre à 24 ans, pendant douze ans il étudie et prépare son apostolat par la parole. Son intense dévotion mariale et son amour de l’Eucharistie impressionnent ses frères. Né un 8 septembre (fête de la Nativité de Marie), il choisira cette même date pour sa prise d’habit, sa profession religieuse, son ordination sacerdotale et fera son premier sermon sur la Nativité de la Sainte Vierge ! Le sigle JHS (Jesus Hominum Salvator) nous vient de lui. Il est envoyé à travers toute l’Italie, pour prêcher devant des auditoires de plus en plus nombreux, les églises étant trop petites, c’est sur les places que se rassemblent souvent 10000 à 20000 personnes. On veut le faire évêque par trois fois. Il refuse. On lui confie une mission de réorganisation et de réforme de son Ordre. Il y excelle. Ce recruteur hardi et convaincant envoie plus de 10.000 jeunes dans les noviciats de son ordre ! Dénoncé et calomnié, il est obligé d’aller s’expliquer devant le Pape. Mais sa charité et la précision de ses propos effacent les doutes jetés sur sa réputation. Bernardin ne cesse de convertir, de convaincre et de réconcilier. Il est, certes, aidé par des signes prodigieux et des miracles incroyables. Mais il ne s’arrête pas à cela. Il fuit même ces manifestations du ciel. Par des sermons caustiques et vigoureux, il a cette faculté de renvoyer chacun à son devoir et de ne pas laisser sombrer les excités dans une fausse piété. Bernardin meurt le 20 mai 1444. Il sera canonisé 6 ans après sa mort.
Etymologie du nom :
DĂ©rivĂ© de Bernard, lui-mĂŞme tirĂ© du germanique « bar, bern » « ours » et « hard »”fort », « hart »”dur »
Extrait de sermon sur le devoir d’état :
« -Quelqu’un est-il malade chez toi ? – Oui. – Ne reconnais-tu pas le bien que tu accomplis en le soignant ? Ne l’abandonne pas pour venir écouter le prêche.
-As-tu des bébés ? -Oui. -Fournis-leur le nécessaire au lieu de venir à la prédication.
-As-tu un époux et des enfants pour lesquels tu dois soigner le ménage ? -Oui. -Là encore, ne les quitte pas pour assister à la prédication. Si tu négligeais ta famille, je blâmerais ta venue. En effet, il te faut mesurer sagement la part que tu fais à l’autel ».
Célébrités :
Notre saint est représenté avec trois mitres, en triangle, pour représenter les trois évêchés qu’il a refusé.
L’écrivain Bernardin de Saint-Pierre (+1814) auteur du célèbre roman « Paul et Virginie »(1788) dont on peut citer deux phrases typiques : »On la voyait tout à coup gaie sans joie, et triste sans chagrin. » Et « On ne fait son bonheur qu’en s’occupant de celui des autres. »
Chateaubriand en 1802 porte ce jugement sur l’auteur : « le charme de Paul et Virginie consiste en une certaine morale mélancolique qui brille dans l’ouvrage, et qu’on pourrait comparer à cet éclat uniforme que la lune répand sur une solitude parée de fleurs. Or, quiconque a médité l’évangile doit convenir que ces préceptes divins ont précisément ce caractère triste et tendre. Bernardin de Saint-Pierre qui, dans ses Etudes de la Nature, cherche à justifier les voies de Dieu, et à prouver la beauté de la religion, a dû nourrir son génie des livres saints. »
Ce roman a donné naissance à un opéra, une comédie musicale, un film et une série télévisée.
Vieux proverbe de ce jour :
« »S’il pleut à la saint Bernardin, tu peux dire adieu à ton vin ».
Pensée spirituelle de saint Bernardin :
« Jésus invite tout le monde. Elle est vaste la divine miséricorde. »
Courte prière de saint Bernardin :
« Jésus, vous êtes la consolation de ceux qui souffrent et la parure de ceux qui croient. »
Ephéméride du 20 mai:
En 1520, sur l’insistance du chanoine Amédée Jodon, affecté à la Sainte-Chapelle de Dijon, le légat du pape accorde aux fidèles trois ans d’indulgences s’ils assistent aux principales fêtes de l’année dans cette chapelle et surtout l’entretiennent par des dons…Cette chapelle faisait partie du Palais des Ducs de Bourgogne, élevée près de l’église Notre-Dame. Elle abritait une hostie miraculeuse depuis 1433, offerte par le pape Eugène IV à Philippe le Bon. Appelée «chapelle aux ducs », elle portait indûment le nom de Sainte-Chapelle. Sa construction commançée en 1172 par le Duc de Bourgogne, Henri III, ne sera achevée et dédicacée qu’en 1500. Elle fut « lieu, chapitre et collège » de l’Ordre de la Toison d’Or de 1432 à 1477.
La Sainte-Hostie fut brûlée publiquement le 10 février 1794 et la Sainte Chapelle détruite en 1802.
Pentecôte, solennité
Livre des Actes des ApĂ´tres 2,1-11.
Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil Ă celui d’un violent coup de vent : toute la maison oĂą ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaĂ®tre comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux.
Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent Ă parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils Ă©taient dans la stupĂ©faction parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la MĂ©sopotamie, de la JudĂ©e et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie,
de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains rĂ©sidant ici,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
Psaume 104(103),1.24a.24c.29bc-30.31.34.
Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
Tout cela t’a sagesse l’a fait.
La terre s’emplit de tes biens.
Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.
Gloire au Seigneur Ă tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.
Lettre de saint Paul ApĂ´tre aux Romains 8,8-17.
Frères, sous l’emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n’ĂŞtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous l’emprise de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau ĂŞtre vouĂ© Ă la mort Ă cause du pĂ©chĂ©, l’Esprit est votre vie, parce que vous ĂŞtes devenus des justes.
Et si l’Esprit de celui qui a ressuscitĂ© JĂ©sus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscitĂ© JĂ©sus d’entre les morts donnera aussi la vie Ă vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n’est pas envers la chair : nous n’avons pas Ă vivre sous l’emprise de la chair.
Car si vous vivez sous l’emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les dĂ©sordres de l’homme pĂ©cheur, vous vivrez.
En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-lĂ sont fils de Dieu.
L’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c’est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussĂ©s par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant : « Abba ! »
C’est donc l’Esprit Saint lui-mĂŞme qui affirme Ă notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,15-16.23b-26.
Ă€ l’heure oĂą JĂ©sus passait de ce monde Ă son Père, il disait Ă ses disciples : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles Ă mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre DĂ©fenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vĂ©ritĂ©.
« Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle Ă ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.
Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidèle Ă mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyĂ©.
Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ;
mais le DĂ©fenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
Le commentaire du jour:
Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain Ă Strasbourg
Sermon 26, 2e pour la PentecĂ´te (trad. Cerf 1991, p. 192 rev.)
« Ils furent tous remplis du Saint Esprit et ils commencèrent à parler des merveilles de Dieu » (Ac 2,4.11)
Voici le bel anniversaire du jour oĂą le Saint Esprit a Ă©tĂ© envoyĂ© aux saints disciples et Ă tous ceux qui Ă©taient rĂ©unis avec eux, du jour oĂą nous a Ă©tĂ© rendu le beau trĂ©sor que la ruse de l’Ennemi et l’infirmitĂ© humaine nous avaient fait perdre au Paradis terrestre…
La façon dont cela est arrivĂ© est dĂ©jĂ merveilleuse extĂ©rieurement ; quant au mystère cachĂ© et enfermĂ© intĂ©rieurement sous ces merveilles, aucune raison, aucune pensĂ©e, aucune crĂ©ature ne sauraient le connaĂ®tre, le concevoir et le dire. Le Saint Esprit est une immensitĂ© d’une grandeur si incomprĂ©hensible et si douce que toutes les grandeurs et les immensitĂ©s que la raison laissĂ©e Ă elle-mĂŞme peut concevoir…ne sont rien Ă cĂ´tĂ© de celle-ci. Vis-Ă -vis de cela, le ciel et la terre et tout ce qu’on peut y saisir ne sont rien… VoilĂ pourquoi l’Esprit Saint doit lui-mĂŞme prĂ©parer la place oĂą il doit ĂŞtre reçu, travailler par lui-mĂŞme Ă rendre l’homme capable de le recevoir…; c’est l’abĂ®me inexprimable de Dieu qui doit ĂŞtre Ă lui-mĂŞme…son lieu et sa capacitĂ© de rĂ©ception.
« La maison fut tout Ă fait remplie » (Ac 2,2)… Cette maison symbolise d’abord la sainte Église, qui est la demeure de Dieu, mais elle symbolise en second lieu chaque homme en qui le Saint Esprit habite. De mĂŞme que dans une maison il y a beaucoup d’appartements, de chambres, ainsi y a-t-il dans l’homme beaucoup de facultĂ©s, de sens et d’Ă©nergies diffĂ©rentes : le Saint Esprit les visite toutes, de façon spĂ©ciale. Dès qu’il arrive, il presse, excite l’homme, Ă©veille en lui certaines inclinations, le travaille et l’Ă©claire. Cette visite et cette action intĂ©rieures, tous les hommes ne le ressentent pas Ă©galement. Bien que le Saint Esprit soit en tous les braves gens, celui qui veut pouvoir prendre conscience de son opĂ©ration, sentir et goĂ»ter sa prĂ©sence doit se recueillir en lui-mĂŞme…dans le calme et le silence… Plus l’homme s’adonne Ă son mouvement de recueillement, plus il prend conscience de cette manifestation intĂ©rieure et toujours croissante du Saint Esprit, qui lui a cependant Ă©tĂ© donnĂ©e complètement dès le dĂ©but.
Le Saint du jour: Saint Yves
Celui que l’on surnomme « avocat des pauvres », Yves Hélory de Kermartin est né à Tréguier en 1253. A 14 ans, il étudie la philosophie et la théologie à Paris. Résidant rue de fouarre (paille), au pied de l’actuelle rue Dante, appelée ainsi en raison de la paille qui servait de siège aux étudiants. Il étudie le droit à Orléans et revient à Rennes où il est nommé official (juge ecclésiastique) du diocèse. L’évêque de Tréguier exige qu’il revienne au pays. L’archevêque de Rennes lui paye un cheval pour son voyage, mais à peine sorti de Rennes, il vend son cheval et donne l’argent aux pauvres et continue son voyage à pieds. Ordonné prêtre, il est nommé curé de Trédez puis de Louannec près de Perros-Guirec, résidant dans le manoir familial de Tréguier dont il avait hérirté. Il continue d’exercer sa charge d’official, et donc de juge. « Il était grand et son air était imposant, ce qui l’avantageait dans ses plaidoiries ».Vivant pauvrement, donnant ce qui lui est nécessaire, abritant chez lui des orphelins, il défend les pauvres et rend toujours des jugements équitables, cherchant d’abord l’arrangement. Il meurt le 18 mai 1303, à l’âge de cinquante ans.
Sa réputation est immense en Bretagne encore aujourd’hui et il a une église qui lui est consacrée à Rome appartenant à la France. C’est le saint patron des juristes, des magistrats, des avocats et des avoués, des professeurs de droit. Il est invoqué pour les questions de justice mais aussi pour la protection des orphelins.
Etymologie du nom :
Nom celtique de racine gauloise « iwo, ivo » « if » qui est l’arbre des morts. Mais peut-être la gaulois « iuo » qui est indication du jour. Ou du Breton « ero » « erv » « sillon ».
Célébrités :
Prénom souvent associé à celui de Jean.
Jacques-Yves Cousteau (+1997) Les chanteurs Yves Montand (+1991) et Yves Dutheil, le couturier Yves Saint Laurent. La marque de cosmétique Yves Rocher, du nom de son fondateur en 1959 à La Gacilly en Bretagne.
C’est aussi la fête de « la nation bretonne ». Les nombreux pardons en témoignent. Dans l’oratoire de Saint-Yves-de-la-Vérité, les pèlerins piquaient le dos de la statue par trois fois pour être sûrs d’être entendu par lui en lui disant : « Puisque tu es le grand juge, entends-moi ! »
Vieux proverbe de ce jour :
» Craignez le petit Yvonet, le pire de tous quand il s’y met.
Pensée spirituelle de saint Yves :
« Allez, poursuivez votre route sous la protection de Dieu, et faites toujours le bien pour l’amour de Lui. »
Courte prière :
« Saint Yves, fais que nous sachions défendre nos droits, sans porter préjudice aux autres, en cherchant avant tout la réconciliation et la paix. » (Enclos paroissial de Guimiliau)
Ephéméride du 19 mai:
En 804, Charlemagne et toute l’Europe pleure l’humble moine anglais, Alcuin d’York, qui meurt à l’abbaye Saint-Martin de Tours à 74 ans. Après sa solide formation, il est envoyé à Rome. A Parme, il rencontre le futur Charlemagne. Il ne retournera pas dans son pays. Ce grand savant va enseigner les arts libéraux à Aix-la-Chapelle. Souverain, prélats, enfants et dignitaires suivent son enseignement. Véritable initiateur de toute réforme scolaire, il généralise également l’utilisation du latin pour les textes officiels, organise le couronnement de l’Empereur à Rome, met en place à Tours la plus grande école de copistes de l’occident. On dit de lui qu’il est « l’homme le plus savant de son temps ».
Le samedi de la 7e semaine de Pâques
Livre des Actes des ApĂ´tres 28,16-20.23b-24.28v.30-31.
Ă€ son arrivĂ©e Ă Rome, Paul reçut l’autorisation d’habiter en ville avec le soldat qui le gardait.
Trois jours après, il fit appeler les notables de la communautĂ© juive. Quand ils arrivèrent, il leur dit : « Frères, sans avoir rien fait contre notre peuple et les règles reçues de nos pères, j’arrive de JĂ©rusalem comme prisonnier livrĂ© aux Romains.
Après m’avoir interrogĂ©, ceux-ci voulaient me relâcher, puisqu’il n’y avait dans mon cas aucun motif de condamnation Ă mort.
Mais, devant l’opposition des Juifs, j’ai Ă©tĂ© obligĂ© de faire appel Ă l’empereur, sans vouloir pour autant accuser ma nation.
C’est donc pour ce motif que j’ai demandĂ© Ă vous voir et Ă vous parler, car c’est Ă cause de l’espĂ©rance d’IsraĂ«l que je porte ces chaĂ®nes. »
Du matin jusqu’au soir, Paul s’efforçait de les convaincre au sujet de JĂ©sus, en partant de la loi de MoĂŻse et des livres des Prophètes.
Les uns se laissaient convaincre par ce qu’il disait, les autres refusaient de croire.
Paul leur dit alors : « Sachez-le bien : c’est aux paĂŻens que le salut de Dieu a Ă©tĂ© envoyĂ©. Eux, ils Ă©couteront. »
Paul demeura deux annĂ©es entières dans le logement qu’il avait louĂ© ; il accueillait tous ceux qui venaient chez lui ;
il annonçait le règne de Dieu et il enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une assurance totale, et sans rencontrer aucun obstacle.
Psaume 11(10),4.5a.7.
Le Seigneur, dans son temple saint,
le Seigneur, dans les cieux oĂą il trĂ´ne,
garde les yeux ouverts sur le monde.
Il voit, il scrute les hommes.
Le Seigneur a scruté le juste et le méchant.
Vraiment, le Seigneur est juste ;
il aime toute justice :
les hommes droits le verront face Ă face.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,20-25.
JĂ©sus ressuscitĂ© venait d’annoncer Ă Pierre par quel genre de mort il rendrait gloire Ă Dieu. En se retournant, Pierre aperçoit, marchant Ă leur suite, le disciple que JĂ©sus aimait. (C’est lui qui, pendant le repas, s’Ă©tait penchĂ© sur la poitrine de JĂ©sus pour lui dire : ” Seigneur, quel est celui qui va te livrer?” )
Pierre, voyant ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
JĂ©sus lui rĂ©pond : « Si je veux qu’il reste jusqu’Ă ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Mais toi, suis-moi. »
Ainsi se rĂ©pandit parmi les frères l’idĂ©e que ce disciple ne mourrait pas. Or, JĂ©sus n’avait pas dit Ă Pierre : « Il ne mourra pas », mais : « Si je veux qu’il reste jusqu’Ă ce que je vienne, est-ce ton affaire ? »
C’est lui, le disciple qui rend tĂ©moignage de tout cela, et qui l’a rapportĂ© par Ă©crit, et nous savons que son tĂ©moignage est vrai.
Il y a encore beaucoup d’autres choses que JĂ©sus a faites ; et s’il fallait rapporter chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on Ă©crirait ainsi.
Commentaire du jour
Saint Augustin (354-430), Ă©vĂŞque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermons sur l’Ă©vangile de Jean, n°124, 5-7 ; CCL 36, 685 (trad. Orval rev.)
Pierre et Jean, de l’action Ă la contemplation.
L’Église connaĂ®t deux vies prĂ©conisĂ©es et recommandĂ©es par Dieu. L’une est dans la foi, l’autre dans la vision ; l’une dans le pèlerinage du temps, l’autre dans la demeure de l’Ă©ternitĂ© ; l’une dans le labeur, l’autre dans le repos ; l’une sur le chemin, l’autre dans la patrie ; l’une dans l’effort de l’action, l’autre dans la rĂ©compense de la contemplation… La première est reprĂ©sentĂ©e par l’apĂ´tre Pierre, la seconde par Jean. La première se dĂ©roule entièrement ici-bas jusqu’Ă la fin du monde, et alors elle prendra fin. La seconde ne trouvera sa plĂ©nitude qu’après la fin du monde ; dans le monde Ă venir elle n’aura pas de fin.
C’est pourquoi JĂ©sus dit Ă Pierre : « Suis-moi », et Ă propos de Jean : « Je veux qu’il demeure ainsi jusqu’Ă mon retour. Que t’importe ? Toi, suis-moi »… Que ton action me suive, parfaite et modelĂ©e sur l’exemple de ma Passion ; que la contemplation commencĂ©e demeure jusqu’Ă mon retour : je la rendrai parfaite quand je reviendrai. Car elle suit le Christ, cette ferveur endurante qui tient bon jusqu’Ă la mort ; et elle demeure jusqu’au retour du Christ, cette connaissance qui sera manifestĂ©e alors en plĂ©nitude. Ici, au pays des mortels, il faut endurer les maux de ce monde ; lĂ , nous contemplerons les biens du Seigneur au pays des vivants (Ps 26,13)…
Que personne donc ne sĂ©pare l’un de l’autre ces deux apĂ´tres glorieux ; car ils Ă©taient tous deux dans ce que Pierre symbolise et ils seront tous deux dans ce que Jean reprĂ©sente.
Le Saint du jour: Ce patron de la Suède, dont il fut le roi en 1156, protégea l’Eglise et évangélisa la Finlande. IL est appelé « le Père et le Serviteur de son peuple ». Homme de grande conscience et de grande piété, il administre avec sagesse don royaume, de construit des églises et, en avance sur la mentalité de son temps, il promulgue des lois défendant les droits des femmes. Souverain attentif aux besoins de ses sujets, surtout des plus pauvres, il va jusque chez eux pour les écouter !
C’est au cours d’une guerre contre les danois, qui viennent d’envahir Turku, port situé au sud-est de la Finlande qu’il fut assassiné le 18 mai 1160, le lendemain de l’Ascension. Ils envahissent l’église dans laquelle le roi assiste à la messe. Il dit paisiblement : » Achevons au moins ce sacrifice, le reste de la fête se passera pour moi ailleurs. » Les forcenés se ruent sur lui, le torturent et lui tranchent la tête. Après une vie vertueuse et des mœurs austères, sa réputation de sainteté se répandit dans le pays.
La bannière de saint Eric a joué en Suède un rôle analogue à celle de saint Denis en France. Sur les anciens calendriers, à la date de sa fête, le visage du saint roi était couronné d’épis, espoir d’une riche moisson. Chaque année, les catholiques vont déposer une couronne de lauriers sur sa chasse dans la cathédrale d’Upsal.
Etymologie du nom :
Du germanique « era » « honneur » ou encore « aina » « totalité, un seul » et « rik » « prince,chef, puissant »
Célébrités :
Plus de 30 souverains de Suède, de Norvège, du Danemark ont porté ce nom. Il fut, en France le 2° prénom masculin en 1950. Il a encore été enregistré 280.000 fois en 1997.
Qui ne connaĂ®t les aventures du « Prince Eric » dans la collection des Signes de Piste avec ses titres cĂ©lèbres « Le Bracelet de Vermeil » « Le Prince Eric » « La Tache de Vin »” La Mort d’Eric » Eric, jeune prince de la principautĂ© de Swedenborg est le hĂ©ros de cette sĂ©rie Ă©crite par Serge Dalenset illustrĂ©e par Pierre Joubert entre 1936 et 1942. Deux romans suivront en 1984 et 1992 « Eric le Magnifique » et « Ainsi RĂ©gna le Prince Eric ». « J2 Jeunes » les publiera en bandes dessinĂ©es en 1966.
Eric Raoult, Maire du Raincy. Le peintre et illustrateur Eric Puybaret. Le psychanalyste américain Erik Erikson (+ 1994)
Erik est le fiancé de Santa dans le « Vaisseau fantôme » de Wagner.
Erika : Le pétrolier de sinistre mémoire de marin qui a fait naufrage en décembre 1999 au large de la Bretagne, transportant 37 000 tonnes de fioul lourd. Il avait changé cinq fois de nom, deux fois de pavillon et une fois de société de classification.
Les patronymes Erikson et Erard en sont issus. Ericsson: entreprise suédoise de télécommunications fondée en 1876 par Lars Magnus Ericsson.
Erard : marque d’instruments de musique, du nom du fondateur Sébastien Érard qui construisit le premier piano-forte en 1777.
Vieux proverbe de ce jour :
« Soleil à la saint Éric promet du vin plein les barriques. »
Pensée spirituelle :
» Qu’il est difficile d’être courageux sans se faire méchant ! » (le philosophe Alain)
Courte prière :
« Seigneur, le jour où tu as répondu à mon appel, tu as rendu le courage et la force à mon âme. »psaume 138
Ephéméride du 18 mai:
En 1163, en exil à Sens depuis un an, le pape Alexandre III convoque un concile régional à Tours. C’est le sixième concile dans cette ville de Touraine. Il renouvelle l’excommunication de l’empereur Barberousse qui a imposé l’antipape Victor IV à Rome. Ce dernier est également excommunié. Mais Alexandre III doit aussi résoudre l’hérésie albigeoise qu’il condamne mais il impose une procédure protégeant les princes toulousains et gascons contre l’injustice et la répression arbitraire. Traitant aussi des autres problèmes du temps, le concile déclare que la chirurgie de l’époque est un acte de barbarie.
Le vendredi de la 7e semaine de Pâques
Livre des Actes des ApĂ´tres 25,13b-21.
Quelques jours plus tard, le roi Agrippa et sa sœur Bérénice vinrent à Césarée saluer le gouverneur Festus.
Comme ils passaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi la situation de Paul : « Il y a ici un homme que mon prédécesseur Félix a laissé en prison.
Quand je suis allé à Jérusalem, les chefs des prêtres et les anciens des Juifs ont porté plainte contre lui en réclamant sa condamnation.
J’ai rĂ©pondu que la loi romaine ne permet pas de livrer un accusĂ© sans l’avoir d’abord confrontĂ© avec ses accusateurs, et lui avoir donnĂ© la possibilitĂ© de prĂ©senter sa dĂ©fense.
Ils sont alors venus ici, et sans aucun dĂ©lai, le lendemain mĂŞme, j’ai siĂ©gĂ© au tribunal et j’ai fait comparaĂ®tre cet homme.
Mis en sa prĂ©sence, les accusateurs ne lui reprochaient aucun des crimes que, pour ma part, j’aurais imaginĂ©s.
Ils avaient seulement avec lui certaines discussions au sujet de leur religion Ă eux, et au sujet d’un certain JĂ©sus qui est mort, mais que Paul dĂ©clarait toujours vivant.
Quant Ă moi, ne sachant vraiment pas quelle suite donner Ă l’instruction, j’ai demandĂ© Ă Paul s’il voulait aller Ă JĂ©rusalem pour y ĂŞtre jugĂ© sur cette affaire.
Mais Paul a fait appel pour que son cas soit rĂ©servĂ© Ă la juridiction impĂ©riale. J’ai donc ordonnĂ© de le garder en prison jusqu’Ă son transfert devant l’empereur. »
Psaume 103(102),1-2.11-12.19-20ab.
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !
Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés ;
Le Seigneur a son trĂ´ne dans les cieux :
sa royautĂ© s’Ă©tend sur l’univers.
Messagers du Seigneur, bénissez-le,
invincibles porteurs de ses ordres.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,15-19.
Après le repas au bord du lac, JĂ©sus ressuscitĂ© dit Ă Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui rĂ©pond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » JĂ©sus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il lui rĂ©pond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » JĂ©sus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes ? » Pierre fut peinĂ© parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m’aimes ? » et il rĂ©pondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » JĂ©sus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu Ă©tais jeune, tu mettais ta ceinture toi-mĂŞme pour aller lĂ oĂą tu voulais ; quand tu seras vieux, tu Ă©tendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener lĂ oĂą tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »
Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prĂŞtre Ă Antioche puis Ă©vĂŞque de Constantinople, docteur de l’Église
2e HomĂ©lie sur l’inscription du livre des Actes des apĂ´tres
« M’aimes-tu ?… Sois le pasteur de mes brebis »
Imitons la conduite des apĂ´tres, et nous ne leur serons infĂ©rieurs en rien. En effet ce ne sont pas leurs miracles qui les ont fait apĂ´tres, c’est la saintetĂ© de leur vie. C’est Ă cela qu’on reconnaĂ®t un disciple du Christ. Cette marque, le Seigneur lui-mĂŞme nous l’a clairement donnĂ©e : lorsqu’il a voulu tracer le portrait de ses disciples et rĂ©vĂ©ler le signe qui distinguerait ses apĂ´tres, il dit : « Voici Ă quoi les hommes reconnaĂ®tront que vous ĂŞtes mes disciples ». Quel signe ? Faire des miracles ? Ressusciter les morts ? Pas du tout. Mais Ă quoi donc ? « Ce qui montrera Ă tous les hommes que vous ĂŞtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35).
L’amour n’est pas un miracle, mais une Ĺ“uvre : « L’amour est l’accomplissement parfait de la Loi » (Rm 13,10)… Ayez donc l’amour en vous et vous serez parmi les apĂ´tres, mĂŞme au premier rang parmi eux. Voulez-vous une autre preuve de cet enseignement ? Voyez comment le Christ s’adresse Ă Pierre : « Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il n’y a rien qui nous fasse obtenir le Royaume des cieux comme d’aimer le Christ comme il le mĂ©rite… Que ferons-nous pour l’aimer plus que les apĂ´tres ?… Écoutons le Christ, celui-lĂ mĂŞme que nous devons aimer : « Si tu m’aimes plus que ceux-ci, sois le berger de mes brebis »… Le zèle, la compassion, le soin, ce sont des actes, non des miracles.
Le Saint du jour: Saint Pascal
C’est en Espagne, dans le royaume d’Aragon, que naquit en 1540 le petit Pascal Baylon. Dès ses premières années, sa mère lui apprend à prier et à venir à l’église du village pour adorer. Il se sent mystérieusement attiré vers le Tabernacle. Placé chez des fermiers comme berger, il manifeste un vif attrait pour la solitude et la prière. S’étant procuré quelques livres de piété, il se les fait lire par des personnes de rencontre et semble dévorer tout ce qui touche à la connaissance de Dieu. Ayant une dévotion particulière envers la Vierge Marie, il mène souvent son troupeau près du sanctuaire de N.D. de la Sierra. Dans ses heures de solitude, il sculpte sur la houlette de son bâton de berger, l’image de la Vierge, surmontée d’une hostie rayonnante, afin d’avoir toujours sous les yeux le double objet de sa dévotion.
Assistant discrètement les pauvres rencontrés sur son chemin, sa renommée de charité se répand dans la région tout autant que les grâces qu’il reçoit. A 19 ans, il se rend à Valence et se présente au couvent des franciscains. Son allure un peu gauche, son accoutrement bizarre mettent en défiance les religieux qui refusent son entrée chez eux. Qu’à cela ne tienne, Pascal redevient berger dans les environs. Seulement, ne s’éloignant pas du couvent, il règle ses prières et son adoration au son des cloches du couvent ! Sa réputation de sainteté le suit et grandit. Finalement, à 24 ans, on lui permet de devenir franciscain. Il demande d’être frère convers et de remplir les offices les plus humbles. A 25 ans, il fait ses vœux perpétuels. Jamais il ne se plaint ni ne critique ses frères ou ses supérieurs. Son obéissance et son humilité édifient sa communauté. A l’ombre du cloître son amour de l’Eucharistie et sa dévotion à Marie trouvent un épanouissement extraordinaire. Au procès de béatification ses frères témoignent que lors de ses funérailles, Pascal mort ouvre les yeux au moment de l’élévation. On lui confie des missions à l’extérieur et jusqu’à Paris. Il affronte les huguenots et en reçoit de graves blessures. Il ne s’en plaindra jamais. Il meurt le 17 mai 1592. Quand deux ans après sa mort on ouvre le procès de béatification, déjà on ne compte pas moins de 400 miracles.
Léon XIII le proclame Patron des Congrès et Œuvres Eucharistiques.
Etymologie du nom :
De « pasqualis » « relatif Ă le fĂŞte de Pâques ». DĂ©rivĂ© de l’hĂ©breu « pĂ©sakh »”la Pâque » lui-mĂŞme venant de « pâsakh »”enjamber, passer » ou « pascuum » « pâture, pâturage ».
Congrès Eucharistiques :
Le premier Congrès eucharistique mondial s’est tenu du 28 au 30 juin 1881 à Lille avec la participation de 8000 personnes. Plus de 4000 hommes, venus surtout d’Europe, mais aussi d’Amérique et d’Asie ont pris part à la procession eucharistique. Léon XIII a encouragé cette initiative. Depuis, 45 Congrès ont été organisés, tout d’abord annuellement puis tous les deux ans pendant l’entre-deux-guerres, ensuite tous les quatre ou cinq ans après la deuxième guerre mondiale. Le 45e Congrès eucharistique mondial, a eu lieu en juin 1993 à Séville clôturé par Jean-Paul II. 200 évêques, 1 200 prêtres, 500 000 fidèles y participaient. Le 47° eut lieu à Rome en juin 2000, au cours de l’Année Sainte. En 2008 il aura lieu au Canada. Celui de 1930, pour le 1500° anniversaire de Saint Augustin et le centenaire de la Colonisation de l’Algérie, le Congrès se tint à Carthage et eut un immense retentissement et quelques frictions.
Vieux proverbe de ce jour :
» S’il tonne au jour de saint Pascal, sans grêle, ce n’est pas un mal. »
Pensée spirituelle de Pascal Baylon :
« Avoir pour Dieu le cœur d’un enfant, pour le prochain le cœur d’une mère, pour soi-même le cœur d’un juge. »
Courte prière de Pascal Baylon :
« Mon Dieu, revêtez-moi de la foi et de la sainte espérance ; que je devienne un temple moins indigne de vous. »
Ephéméride du 17 mai:
En 352, Libère est élu évêque de Rome et 36° successeur de saint Pierre. Il le sera pendant quatorze ans. Mais il passera trois ans en exil en Macédoine pour s’opposer à l’empereur Constance qui adopte l’hérésie d’Arius niant la divinité du Christ. Saint Jérôme écrira que le pape sortit « déprimé par un long exil » subissant« des menaces de mort » affirma Athanase. A son retour l’empereur impose l’antipape Félix II près de lui, mais les romains le chassent. A la fin de son pontificat il affronte la terrible persécution conduite par Julien l’Apostat. En 354, il fixe la date de la naissance du Christ au 25 décembre et bâtit la basilique Sainte-Marie-Majeure (appelée basilique libérienne) sur l’Esquilin à la suite d’un songe et d’un miracle.
Le jeudi de la 7e semaine de Pâques
Livre des Actes des ApĂ´tres 22,30.23,6-11.
Paul avait Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© Ă JĂ©rusalem. Le lendemain, le commandant romain voulut savoir Ă quoi s’en tenir sur les accusations des Juifs contre lui. Il lui fit donc enlever ses chaĂ®nes, puis il convoqua les chefs des prĂŞtres et tout le grand conseil, et fit descendre Paul pour l’amener devant eux.
Paul se rendit compte qu’il y avait lĂ le parti des sadducĂ©ens et celui des pharisiens. Alors, devant le conseil, il dĂ©clara d’une voix forte : « Moi, frères, je suis un pharisien, fils de pharisiens. C’est Ă cause de notre espĂ©rance en la rĂ©surrection des morts que je passe en jugement. »
Ă€ peine eut-il dit cela qu’une dispute Ă©clata entre pharisiens et sadducĂ©ens, et l’assemblĂ©e se divisa.
En effet, les sadducĂ©ens prĂ©tendent qu’il n’y a ni rĂ©surrection, ni ange, ni esprit, tandis que les pharisiens y croient.
Cela fit un grand vacarme. Quelques scribes du parti pharisien intervinrent pour protester vigoureusement : « Nous ne trouvons rien de mal chez cet homme. Un esprit ou un ange lui a peut-être parlé. »
La dispute devint très violente, et le commandant craignit que Paul ne se fasse Ă©charper. Il ordonna Ă la troupe de descendre pour l’arracher Ă la mĂŞlĂ©e et le ramener dans la forteresse.
La nuit suivante, le Seigneur vint auprès de Paul et lui dit : « Courage ! Le tĂ©moignage que tu m’as rendu Ă JĂ©rusalem, il faut que tu le rendes aussi Ă Rome. »
Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10.2b.11.
Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Je bénis le Seigneur qui me conseille :
mĂŞme la nuit mon cĹ“ur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-mĂŞme repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner Ă la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.
Je n’ai pas d’autre bonheur que toi.
Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,20-26.
Ă€ l’heure oĂą JĂ©sus passait de ce monde Ă son Père, les yeux levĂ©s au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont lĂ , mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi.
Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyĂ©.
Et moi, je leur ai donnĂ© la gloire que tu m’as donnĂ©e, pour qu’ils soient un comme nous sommes un :
moi en eux, et toi en moi. Que leur unitĂ© soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyĂ©, et que tu les as aimĂ©s comme tu m’as aimĂ©.
Père, ceux que tu m’as donnĂ©s, je veux que lĂ oĂą je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnĂ©e parce que tu m’as aimĂ© avant mĂŞme la crĂ©ation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m’as envoyĂ©.
Je leur ai fait connaĂ®tre ton nom, et je le ferai connaĂ®tre encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimĂ©, et que moi aussi, je sois en eux. »
Commentaire du jour
Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Ut unum sint », 22-23 (trad. copyright © Libreria Editrice Vaticana)
« Qu’ils soient un pour que le monde croie que tu m’as envoyĂ© »
Sur la route Ĺ“cumĂ©nique de l’unitĂ©, la prioritĂ© revient certainement Ă la prière commune… Si, malgrĂ© leurs divisions, les chrĂ©tiens savent toujours plus s’unir dans une prière commune autour du Christ, alors se dĂ©veloppera leur conscience des limites de ce qui les divise en comparaison de ce qui les unit. S’ils se rencontrent toujours plus souvent et plus assidĂ»ment devant le Christ dans la prière, ils pourront prendre courage pour faire face Ă toute la douloureuse et humaine rĂ©alitĂ© des divisions, et ils se retrouveront ensemble dans la communautĂ© de l’Église que le Christ forme sans cesse dans l’Esprit Saint, malgrĂ© toutes les faiblesses et malgrĂ© les limites humaines.
La communion de prière amène Ă porter un nouveau regard sur l’Église et sur le christianisme. On ne doit pas oublier que le Seigneur a demandĂ© au Père l’unitĂ© de ses disciples afin qu’elle rende tĂ©moignage Ă sa mission et que le monde puisse croire que le Père l’avait envoyĂ©. On peut dire que le mouvement Ĺ“cumĂ©nique s’est mis en marche, en un sens, Ă partir de l’expĂ©rience nĂ©gative de ceux qui, annonçant l’unique Évangile, se rĂ©clamaient chacun de sa propre Église ou de sa communautĂ© ecclĂ©siale. Une telle contradiction ne pouvait pas Ă©chapper Ă ceux qui Ă©coutaient le message de salut et qui trouvaient lĂ un obstacle Ă l’accueil de l’annonce de l’Évangile.
Cette grave difficultĂ© n’est malheureusement pas surmontĂ©e : il est vrai que nous ne sommes pas en pleine communion. Et pourtant, malgrĂ© nos divisions, nous sommes en train de parcourir la route de la pleine unitĂ©, de l’unitĂ© qui caractĂ©risait l’Église apostolique Ă ses dĂ©buts, et que nous recherchons sincèrement : guidĂ©e par la foi, notre prière commune en est la preuve. Dans la prière, nous nous rĂ©unissons au nom du Christ qui est Un. Il est notre unitĂ©.
Le Saint du jour:Saint Honoré
Pourquoi est-il donc le patron des boulangers ?
Deux histoires ou deux légendes se superposent. D’une part, un jeune homme dissipé qui annonce à sa nourrice qu’il veut devenir prêtre. Cette dernière, en train de faire cuire son pain, lui réplique moqueuse : « Quand ma pelle aura des feuilles, tu seras évêque ! » A l’instant, la pelle de bois reverdit ! D’autre part, ce n’est pas quand Honoré est jeune homme que l’affaire se passe, mais à sa naissance. Sa nourrice, toujours elle, occupée à cuire du pain est incrédule quand on la lui annonce et dit qu’elle n’y croira que si sa prend racine. A l’instant, la voilà transformée en mûrier couvert de feuillage et de fleurs.
Fleuristes, meuniers, marchands de farine et boulangers se mettent donc sous sa protection !
Honoré est né près d’Abbeville, en Ponthieu, au début du VIe siècle dans une famille noble. Cet enfant surprend par sa disposition à la prière et au jeûne. Confié à l’évêque d’Amiens Béat pour sa formation, il lui succède en 554. Il faudra un rayon céleste et une huile mystérieuse pour le convaincre d’accepter cette charge. De nombreux prodiges illuminent sa vie de pasteur: Découverte des reliques des premiers martyrs de son diocèse, main du Christ qui apparaît quand il célèbre la messe pour lui donner la communion (ce souvenir demeure sur les armoiries de l’abbaye de Saint-Acheul où se produisit ce miracle).
Après une vie passée à l’évangélisation de ses paroisses, couronnée par de nombreuses conversions. Honoré meurt le 16 mai 600. Enterré dans son village natal, on fit ensuite transférer ses reliques, autour desquelles se produisent des miracles, à Amiens, sa ville épiscopale.
Une belle histoire :
Pour les préserver de toute profanation lors des invasions danoises, les reliques d’Honoré sont conduites à Amiens. Cette translation s’accompagne d’un étrange miracle : le corps est déposé dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul. Lorsqu’on l’enlève, pour le porter à la cathédrale, le Crucifix, qui domine le jubé, se penche pour saluer la dépouille du Saint évêque et l’accompagne longuement du regard. Ce Christ, à la tête inclinée, est connu sous le nom de Saint Sauve. On peut le voir encore dans la cathédrale d’Amiens dont le portail méridional, dit de la Vierge Dorée, est consacré à saint Honoré.
Etymologie du nom :
Du latin « honoratus » « honoré, loué »
Célébrités :
En 1204, Paris lui dédie une église qui sera détruite à la Révolution et qui donnera le nom au « Faubourg Saint-Honoré ».
Avant lui, six saints portèrent le même nom, dont quatre évêques et un Abbé.
Quatre papes portent ce nom et cinq princes de Monaco. Mais aussi, sous sa forme provençale d’Honorat, une des îles de Lérins qui doit son nom au fondateur de cette abbaye.
Honoré Panisse, maître voilier dans l’œuvre de Pagnol.
Honoé de Balzac (+1850) Honoré Daumier (+1879) Jean-Honoé Fragonard (1806)
Et la succulente pâtisserie garnie de crème chantilly
Vieux proverbe de ce jour :
« A la saint-Honoré s’il fait gelée le vin diminue de moitié. »
Pensée spirituelle :
« L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Evangile)
Courte prière :
» Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien » (Notre Père)
Ephéméride du 16 mai:
En 1027, après les premières décisions du concile de Charoux en 989, le synode d’Elne dit aussi concile de Toulouges, impose un champ d’application plus vaste pour ce que l’on appelle la Paix et la Trêve de Dieu. Interdiction des combats non seulement pendant le temps de l’Avent et du carême, mais également pendant tout le temps pascal et à toutes les fêtes carillonnées, et chaque semaine entre le vendredi soir et le lundi matin…c’est-à -dire 285 jours par an ! Ainsi, il ne reste aux belligérants que 80 jours de guerre possible répartis tout au long d’une année. Ainsi l’Église tente de limiter la violence. Azux contrevenants elle inflige alors de lourdes sanctions religieuses.