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dimanche 15 juillet


Livre d'Amos 7,12-15.


En ces jours-là, Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète.

Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. »

Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores.

Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.”


Psaume 85(84),9ab-10.11-12.13-14.


J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ?

Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles.

Son salut est proche de ceux qui le craignent,

et la gloire habitera notre terre.


Amour et vérité se rencontrent,

justice et paix s'embrassent ;

la vérité germera de la terre

et du ciel se penchera la justice.


Le Seigneur donnera ses bienfaits,

et notre terre donnera son fruit.

La justice marchera devant lui,

et ses pas traceront le chemin.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1,3-14.


Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ.

Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour.

Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté,

à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.

En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce

que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.

Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ :

pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.

En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu

que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ.

En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu

est une première avance sur notre héritage, en vue de la rédemption que nous obtiendrons, à la louange de sa gloire.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,7-13.


En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,

et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.

« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »

Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.

Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »

Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.

Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.


Commentaire:

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444)

évêque et docteur de l'Église

Commentaire évangile de Jean 12,1


« Pour la première fois, il les envoie »


Notre Seigneur Jésus Christ a institué des guides et des enseignants pour le monde entier, et des «  intendants de ses mystères de Dieu » (1Co 4,1). Il leur a prescrit de briller et d'éclairer comme des flambeaux non seulement dans le pays des juifs…, mais partout sous le soleil, pour les hommes habitant sur toute la surface de la terre (Mt 5,14)…

Il voulait envoyer ses disciples comme le Père l'avait envoyé lui-même (Jn 20,21) ; ceux qui étaient destinés à être ses imitateurs devaient donc découvrir pour quelle tâche le Père avait envoyé son Fils. Et lui-même nous a expliqué de diverses manières le caractère de sa mission. Il a dit un jour : «  Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs pour qu'ils se convertissent » (Lc 5,32). Et encore : «  Je suis descendu du ciel non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jn 6,38). Et une autre fois : «  Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3,17).

En disant qu'il les envoie comme le Père l'avait envoyé lui-même, il résumait donc en quelques paroles le rôle des apôtres. Ils sauraient ainsi qu'ils doivent appeler les pécheurs à se convertir, soigner les malades, corporellement et spirituellement ; dans leurs fonctions d'intendants, ne chercher aucunement à faire leur propre volonté, mais la volonté de celui qui les a envoyés ; et enfin, sauver le monde dans la mesure où il recevra les enseignements du Seigneur.


Le Saint du jour:

Saint Bonaventure

Cardinal-Évêque, Docteur de l’Église

(1217-1274)


Bonaventura, au baptême Giovanni, naît, probablement en 1217, à Civita de Bagnoregio (Toscane, Italie) de Giovanni Fidanza, médecin, et Maria di Ritello.

À l’âge de quatre ans, il fut attaqué d’une maladie si dangereuse, que les médecins désespérèrent de sa vie. Sa mère alla se jeter aux pieds de saint François d’Assise, le conjurant d’intercéder auprès de Dieu pour un enfant qui lui était si cher. Le Saint, touché de compassion, se mit en prière, et le malade se trouva parfaitement guéri. Par reconnaissance, Giovanni entra dans l’Ordre fondé par saint François, et en devint l’ornement et la gloire. Le saint patriarche, près de finir sa course mortelle, lui prédit toutes les grâces dont la miséricorde divine le comblerait, et s’écria tout à coup, dans un ravissement prophétique : « O buona ventura ! O la bonne aventure ! » De là vint le nom de Bonaventure qui fut donné à notre Saint.


Durant les années 1232-1246 Bonaventure est étudiant à l’Université de Paris, où il devait lier avec saint Thomas une amitié qui sembla faire revivre celle de saint Grégoire de Nazianze et de saint Basile. Tous deux couraient plus qu’ils ne marchaient dans la carrière des sciences et de la vertu, et, d’étudiants de génie, ils parvinrent en peu de temps à la gloire des plus savants professeurs et des docteurs les plus illustres. Les études de Bonaventure n’étaient que la prolongation de sa fervente oraison.


Saint Thomas d’Aquin vint un jour le visiter et lui demanda dans quels livres il puisait cette profonde doctrine qu’on admirait en lui. Bonaventure lui montra quelques volumes : mais, son ami faisant l’incrédule, il finit par montrer un crucifix qui était sur sa table, et lui dit : « Voilà l’unique source de ma doctrine ; c’est dans ces plaies sacrées que je puise mes lumières ! »


De 1253 à 1255, il est maître régent, titulaire de la chaire franciscaine de la faculté de théologie de l'Université de Paris, au moment où Thomas enseigne chez les Dominicains.


Élu général de son Ordre malgré ses larmes, il continua ses travaux ; mais, de tous, celui qui lui fut le plus cher fut la Vie de saint François d’Assise, qu’il écrivit avec une plume trempée dans l’amour divin, après avoir visité tous les lieux où avait passé son bienheureux père. Saint Thomas vint un jour lui rendre visite, et, à travers sa porte entrouverte, l’aperçut ravi, hors de lui-même et élevé de terre, pendant qu’il travaillait à la vie du saint fondateur ; il se retira avec respect, en disant : « Laissons un Saint faire la vie d’un Saint. »


Bonaventure avait à peu près cinquante six ans quand, le 3 juin 1273, le Bx Grégoire X (Tebaldo Visconti, 1271-1276) le nomma cardinal-évêque d’Albano. Les envoyés du Pape le trouvèrent, lui, général de l’Ordre, occupé, avec plusieurs frères, à laver la vaisselle.


Il meurt ministre général des Franciscains, le 15 juillet 1274.


Bonaventura a été inscrit dans le livre des saints, le 14 avril 1482, par le pape franciscain Sixte IV (Francesco della Rovere, 1471-1484). En 1588, un autre pape franciscain, Sixte V (Felice Peretti, 1585-1590), le déclara “Docteur de l’Église”.



samedi 14 juillet


Livre d'Isaïe 6,1-8.


L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.

Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler.

Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. »

Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.

Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! »

L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel.

Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »

J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »


Psaume 93(92),1abc.1d-2.5.


Le Seigneur est roi ;

il s'est vêtu de magnificence

le Seigneur a revêtu sa force.


Et la terre tient bon, inébranlable ;

dès l'origine ton trône tient bon,

depuis toujours, tu es.


Tes volontés sont vraiment immuables :

la sainteté emplit ta maison,

Seigneur, pour la suite des temps.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,24-33.


En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur.

Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison.

Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.

Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.

Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.

Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.

Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.

Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »


Commentaire:

Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)

N°5 (trad. coll. Pères dans la foi, n°97, p. 26)


« Ne craignez pas... Soyez sans crainte »


Je te rends grâces, Seigneur,

parce que je t'aime.

Très-Haut, ne m'abandonne pas,

car tu es mon espoir.

Gracieusement j'ai reçu ta grâce,

c'est elle qui me fait vivre.

Mes persécuteurs viendront,

et ils ne me verront plus.

Un nuage d'obscurité tombera sur leurs yeux,

et un air de ténèbres les obscurcira.

Ils n'auront plus de lumière pour voir,

ils ne pourront plus me saisir. ~

Ils ont médité un plan,

et il s'est anéanti pour eux.

Ils ont conçu des projets méchants

et les voilà dépouillés.

Dans le Seigneur est mon espoir,

je n'ai point de crainte.

Le Seigneur est mon salut,

je n'ai point de crainte.

Il est comme une couronne sur ma tête,

je ne chancellerai pas.

Quand même tout l'univers chancellerait,

je resterai debout.

Si tout ce qui est visible périt,

moi je ne mourrai pas.

Car le Seigneur est avec moi,

je suis avec lui.

Alléluia  !


Le Saint du jour:


Saint Camille de Lellis

Fondateur d’Ordre (1549-1614)

Saint Camille de Lellis, Napolitain, fut privé de sa mère dès le berceau. Malgré les heureux présages donnés par un songe qu’avait eu sa mère avant sa naissance, il eut une enfance peu vertueuse ; sa jeunesse fut même débauchée. Jusque vers l’âge de vingt-cinq ans, on le voit mener une vie d’aventures ; il se livre au jeu avec frénésie, et un jour en particulier il joue tout, jusqu’à ses vêtements. Sa misère le fait entrer dans un couvent de Capucins, où il sert de commissionnaire.


Un jour, en revenant d’une course faite à cheval, pour le service du monastère, il est pénétré d’un vif rayon de la lumière divine et se jette à terre, saisi d’un profond repentir, en versant un torrent de larmes : "Ah ! Malheureux que je suis, s’écria-t-il, pourquoi ai-je connu si tard mon Dieu ? Comment suis-je resté sourd à tant d’appels ? Pardon, Seigneur, pardon pour ce misérable pécheur ! Je renonce pour jamais au monde !"


Transformé par la pénitence, Camille fut admis au nombre des novices et mérita, par l’édification qu’il donna, le nom de frère Humble. Dieu permit que le frottement de la robe de bure rouvrît une ancienne plaie qu’il avait eue à la jambe, ce qui l’obligea de quitter le couvent des Capucins. Lorsque guéri de son mal, il voulut revenir chez ces religieux, saint Philippe de Néri, consulté par lui, lui dit : "Adieu, Camille, tu retournes chez les Capucins, mais ce ne sera pas pour longtemps." En effet, peu après, la plaie se rouvrit, et Camille, obligé de renoncer à la vie monastique, s’occupa de soigner et d’édifier les malades dans les hôpitaux.


C’est en voyant la négligence des employés salariés de ces établissements que sa vocation définitive de fondateur d’un Ordre d’infirmiers se révéla en lui : "Nous porterons, se dit-il, la Croix sur la poitrine ; sa vue nous soutiendra et nous récompensera." Les commencements de cet Institut nouveau furent faibles et biens éprouvés ; mais bientôt le nombre des religieux s’étendit au-delà de toute espérance.


Camille, après des études opiniâtres, s’était fait ordonner prêtre, et il était en mesure de soutenir sa tâche. Pendant une peste affreuse, le Saint fit des prodiges de charité ; il allait partout à la recherche de la misère, se dépouillait lui-même et donnait jusqu’aux dernières ressources de son monastère. Dieu bénissait le désintéressement de Son serviteur, car des mains généreuses arrivaient toujours à temps pour renouveler les provisions épuisées.


Plein de vertus, épuisé de travaux, Camille mourut à Rome, les bras en croix, la prière sur les lèvres.



vendredi 13 juillet


Livre d'Osée 14,2-10.


Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes.

Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres.

Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. »

Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël.

Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban.

Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban.

Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban.

Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit.

Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent.


Psaume 51(50),3-4.8-9.12-13.14.17.


Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,

selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

Lave moi tout entier de ma faute,

purifie-moi de mon offense.


Mais tu veux au fond de moi la vérité ;

dans le secret, tu m'apprends la sagesse.

Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ;

lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.


Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,

renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face,

ne me reprends pas ton esprit saint.


Rends-moi la joie d'être sauvé ;

que l'esprit généreux me soutienne.

Seigneur, ouvre mes lèvres,

et ma bouche annoncera ta louange.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,16-23.


En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.

Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.

Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.

Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.

Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.

Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.

Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »

Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »


Commentaire


Saint Jean XXIII (1881-1963)

pape

Journal de l'âme, dimanche 13 août 1961 (trad. Le Cerf 1964, p. 475-477)


« Soyez prudents comme les serpents et candides comme les colombes »


Il faut traiter tout le monde avec respect, avec prudence et avec une simplicité évangélique... Il est conforme à l'exemple de Jésus de faire preuve de la simplicité la plus attirante, sans se départir d'ailleurs de la prudence des sages et des saints que Dieu aide. La simplicité peut susciter, je ne dis pas du mépris, mais une moindre considération de la part des malins. Peu importe si les malins, dont on ne doit tenir aucun compte, peuvent infliger quelque humiliation par leurs jugements et leurs mots d'esprit ; tout tourne à leur dommage et confusion. Celui qui est « simple, droit et craignant Dieu »est toujours le plus digne et le plus fort. À condition, naturellement, qu'il soit toujours soutenu par une prudence sage et avenante.

Celui-là est simple qui n'a pas honte de confesser l'Évangile, même en face des hommes qui n'y voient qu'une faiblesse et un enfantillage, et de le confesser en toutes ses parties et en toutes les occasions et en présence de n'importe qui ; il ne se laisse pas tromper ou entraîner dans son jugement par le prochain, et il ne perd pas la sérénité de son âme, quelle que soit l'attitude que les autres prennent avec lui.

Le prudent est celui qui sait taire une partie de la vérité qu'il serait inopportun de manifester, et qui peut se taire sans que son silence altère et falsifie la partie de vérité qu'il dit ; c'est celui qui sait atteindre les fins bonnes qu'il se propose, en choisissant les moyens les plus efficaces... ; c'est celui qui, en toute circonstance, distingue l'essentiel et ne se laisse pas embarrasser par l'accessoire... ; c'est celui qui, au départ de tout cela espère la réussite en Dieu seul...

La simplicité n'a rien qui contredise à la prudence, ni inversement. La simplicité est amour ; la prudence est pensée. L'amour prie, l'intelligence veille. « Veillez et priez »(Mt 26,41). Dans une conciliation parfaite. L'amour est comme la colombe qui gémit ; l'intelligence, tournée vers l'action, est comme le serpent qui ne tombe jamais à terre ni ne se heurte, parce qu'il avance en tâtant de la tête toutes les inégalités de son chemin.


Le Saint du jour:

St Henri II

Empereur d’Allemagne (972-1024)

Saint Henri, surnommé le Pieux, appartenait à la famille impériale des Othons d’Allemagne, qui joua un si grand rôle au moyen âge. Touché d’une grâce spéciale de Dieu, il fit, jeune encore, un acte de hardiesse que lui eût dissuadé la prudence humaine, en promettant à Dieu de ne s’attacher qu’à Lui et en Lui vouant la continence perpétuelle. Héritier du royaume de Bavière par la mort de son père, il se vit obligé de prendre une épouse, pour ne pas s’exposer à la révolte de son royaume ; le choix du peuple et le sien se porta sur la noble Cunégonde, digne en tous points de cet honneur. Elle avait fait, dès son adolescence, le même voeu que son mari.


Henri, devenu plus tard empereur d’Allemagne, justifia la haute idée qu’on avait conçue de lui par la sagesse de son gouvernement ainsi que par la pratique de toutes les vertus qui font les grands rois, les héros et les Saints. Il s’appliquait à bien connaître toute l’étendue de ses devoirs, pour les remplir fidèlement, il priait, méditait la loi divine, remédiait aux abus et aux désordres, prévenait les injustices et protégeait le peuple contre les excès de pouvoirs et ne passait dans aucun lieu sans assister les pauvres par d’abondantes aumônes. Il regardait comme ses meilleurs amis ceux qui le reprenaient librement de ses fautes, et s’empressait de réparer les torts qu’il croyait avoir causés.


Cependant son âme si élevée gémissait sous le poids du fardeau de la dignité royale. Un jour, comme il visitait le cloître de Vannes, il s’écria : "C’est ici le lieu de mon repos ; voilà la demeure que j’ai choisie !" Et il demanda à l’abbé de le recevoir sur-le-champ. Le religieux lui répondit qu’il était plus utile sur le trône que dans un couvent ; mais, sur les instances du prince, l’abbé se servit d’un moyen terme : 

"Voulez-vous, lui dit-il, pratiquer l’obéissance jusqu’à la mort ? 

- Je le veux, répondit Henri. 

- Et moi, dit l’abbé, je vous reçois au nombre de mes religieux ; j’accepte la responsabilité de votre salut, si vous voulez m’obéir. 

- Je vous obéirai. 

- Eh bien ! Je vous commande, au nom de l’obéissance, de reprendre le gouvernement de votre empire et de travailler plus que jamais à la gloire de Dieu et au salut de vos sujets." Henri se soumit en gémissant.


Sa carrière devait être, du reste, bientôt achevée. Près de mourir, prenant la main de Cunégonde, il dit à sa famille présente : 

"Vous m’aviez confié cette vierge, je la rends vierge au Seigneur et à vous."



jeudi 12 juillet


Livre d'Osée 11,1-4.8c-9.


Ainsi parle le Seigneur : Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Quand je l’ai appelé, il s’est éloigné pour sacrifier aux Baals et brûler des offrandes aux idoles.

C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours.

Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ?

Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent.

Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.


Psaume 80(79),2ac.3bc.15bc-16.


Berger d'Israël, écoute,

resplendis au-dessus des Kéroubim,

Réveille ta vaillance

et viens nous sauver.


Du haut des cieux, regarde et vois :

visite cette vigne, protège-la,

celle qu'a plantée ta main puissante,

le rejeton qui te doit sa force.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-15.


En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.

Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures,

ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture.

Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ.

En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.

Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »

Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds.

Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »


Commentaire:

Saint Bonaventure (1221-1274)

franciscain, docteur de l'Église

Vie de Saint François, Legenda major, ch. 3 (trad. Vorreux, Documents, p. 581 rev.)


« Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche »


[Le jeune] François assistait dévotement à la messe en l'honneur des apôtres ; l'évangile était celui où le Christ envoie ses disciples prêcher et leur enseigne la façon évangélique de vivre : « ni or ni argent, pas de monnaie dans la ceinture, pas de sac de voyage, pas de tunique de réserve, pas de chaussures, pas de bâton ». Dès qu'il eut compris et retenu ce texte, le voilà amoureux de cette pauvreté des apôtres et il s'écrie, transporté de joie : « Voilà ce que je veux ! Voilà ce que toute mon âme désire ! » Et sans attendre il ôte ses chaussures, laisse tomber son bâton de marche, abandonne besace et argent comme objets d'horreur, ne garde qu'une tunique, jette sa ceinture qu'il remplace par une corde : il met tout son cœur à réaliser ce qu'il vient d'entendre et à se conformer en tout à ce code de perfection donné aux apôtres.

Un élan communiqué par Dieu le pousse dès lors à la conquête de la perfection évangélique et à une campagne de pénitence. Quand il parlait..., ses paroles étaient tout imprégnées de la force de l'Esprit Saint : elles pénétraient jusqu'au plus profond des cœurs et plongeaient ses auditeurs dans la stupéfaction. Toute sa prédication était une annonce de paix, et il commençait chacun de ses sermons par cette salutation au peuple : « Que le Seigneur vous donne la paix ! » C'est une révélation du Seigneur, déclara-t-il plus tard, qui lui avait appris cette formule...

On parlait de plus en plus de l'homme de Dieu, de son enseignement si simple, de sa vie, et quelques-uns, à son exemple, étaient saisis par cet esprit de pénitence puis se sont joints à lui, quittant tout, et habillés comme lui, ont commencé à partager sa vie.


Le Saint du jour:

Saint Olivier Plunket

Archevêque et martyr (1629 - 1681)

Olivier partit d’Irlande à 16 ans faire ses études au Irish College à Rome. Il reçut la prêtrise là-bas puis revint dans son pays.


En 1670, il est nommé archevêque d’Armagh et primat d’Irlande. Allant dans les montagnes et les forêts à la recherche de son peuple, il confirma 10000 fidèles en 3 mois. Mais, dans le contexte de querelles anglo-irlandaises, il est calomnié et accusé d’avoir préparer un débarquement de soldats français. Transférer à Londres en 1678, il resta 3 ans en prison avant d’être condamné à être "pendu, vidé et démembré". Il eut à subir de nombreuses tortures mais ne cessa de rendre grâce à Dieu. Son corps repose à l’abbaye de Downside (Comté de Wilts, Angleterre) et sa tête à Drogheda (Comté de Meath, Irlande).



mercredi 11 juillet


Livre des Proverbes 2,1-9.


Mon fils, accueille mes paroles, conserve précieusement mes préceptes,

l’oreille attentive à la sagesse, le cœur incliné vers la raison.

Oui, si tu fais appel à l’intelligence, si tu invoques la raison,

si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor,

alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu.

Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse ; connaissance et raison sortent de sa bouche.

Il réserve aux hommes droits la réussite : pour qui marche dans l’intégrité, il est un bouclier,

gardien des sentiers du droit, veillant sur le chemin de ses fidèles.

Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seuls sentiers qui mènent au bonheur.


Psaume 34(33),2-3.4-5.6-7.8-9.10-11.


Je bénirai le Seigneur en tout temps,

sa louange sans cesse à mes lèvres.

Je me glorifierai dans le Seigneur :

que les pauvres m'entendent et soient en fête !


Magnifiez avec moi le Seigneur,

exaltons tous ensemble son nom.

Je cherche le Seigneur, il me répond :

de toutes mes frayeurs, il me délivre.


Qui regarde vers lui resplendira,

sans ombre ni trouble au visage.

Un pauvre crie ; le Seigneur entend :

il le sauve de toutes ses angoisses.


L'ange du Seigneur campe à l'entour

pour libérer ceux qui le craignent.

Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !

Heureux qui trouve en lui son refuge !


Saints du Seigneur, adorez-le :

rien ne manque à ceux qui le craignent.

Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;

qui cherche le Seigneur ne manquera d'aucun bien.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,27-29.


En ce temps-là, Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »

Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël.

Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.


Commentaire

Saint Jérôme (347-420)

prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église

Lettre (trad. rev. Tournay)


Tout quitter pour tout recevoir


Nous avons reçu plus que nous n'avons donné ; nous quittons de petites choses et nous trouvons des biens immenses. Le Christ rend au centuple ce qu'on fait pour lui : « Si tu veux être parfait, va, vends tout et donnes-en le prix aux pauvres. Puis, viens et suis-moi ». « Si tu veux être parfait » — les grandes choses sont toujours laissées à notre libre choix. De même l'apôtre Paul ne fait pas un commandement de la virginité (1Co 7), car Jésus a dit : « L'observe qui pourra ! Ce don vient de la miséricorde de Dieu » (cf Mt 19,12). « Si tu veux être parfait » ; on ne vous l'impose pas, afin que le sacrifice étant volontaire, le mérite en devienne plus grand. Et cependant, pour arriver à la perfection, il ne suffit pas simplement de mépriser les richesses et de donner ses biens, de se libérer de ce qu'on peut perdre et acquérir en un moment. Cela, les philosophes l'ont fait ; un chrétien doit faire plus qu'eux.

Il ne suffit pas de quitter les biens terrestres, il faut suivre le Christ. Mais suivre le Christ, qu'est-ce que c'est ? C'est renoncer à tout péché, et adhérer à toute vertu. Le Christ, c'est la Sagesse éternelle, ce trésor qu'on trouve en un champ (Mt 13,44), dans le champ des Saintes Écritures. C'est la perle précieuse pour laquelle il en faut sacrifier beaucoup d'autres (Mt 13,46). Le Christ, c'est encore la sainteté, la sainteté sans laquelle personne ne verra la face de Dieu. Le Christ est notre rédemption, notre rédempteur ; il est notre rançon (1 Tm 2,6). Le Christ est tout : celui donc qui acceptera de tout quitter pour lui retrouvera tout en lui. Celui-là pourra dire : « Ma part d'héritage, c'est le Seigneur » (Ps 15,5)... Ne donnez pas seulement votre argent, si vous voulez suivre Jésus Christ. Donnez-vous vous-même à lui ; imitez le Fils de l'Homme qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir (Mc 10,45).


Le Saint du jour:

Saint Benoit

Père des Moines d’Occident (480-543)

Benoît naquit dans une petite ville des montagnes de l’Ombrie, d’une des plus illustres familles de ce pays. Le Pape saint Grégoire assure que le nom de Benoît lui fut providentiellement donné comme gage des bénédictions célestes dont il devait être comblé.


Craignant la contagion du monde, il résolut, à l’âge de quatorze ans, de s’enfuir dans un désert pour s’abandonner entièrement au service de Dieu. Il parvint au désert de Subiaco, à quarante milles de Rome, sans savoir comment il y subsisterait ; mais Dieu y pourvut par le moyen d’un pieux moine nommé Romain, qui se chargea de lui faire parvenir sa frugale provision de chaque jour.


Le jeune solitaire excita bientôt par sa vertu la rage de Satan ; celui-ci apparut sous la forme d’un merle et l’obséda d’une si terrible tentation de la chair, que Benoît fut un instant porté à abandonner sa retraite ; mais, la grâce prenant le dessus, il chassa le démon d’un signe de la Croix et alla se rouler nu sur un buisson d’épines, tout près de sa grotte sauvage. Le sang qu’il versa affaiblit son corps et guérit son âme pour toujours. Le buisson s’est changé en un rosier qu’on voit encore aujourd’hui : de ce buisson, de ce rosier est sorti l’arbre immense de l’Ordre bénédictin, qui a couvert le monde.


Les combats de Benoît n’étaient point finis. Des moines du voisinage l’avaient choisi pour maître malgré lui ; bientôt ils cherchèrent à se débarrasser de lui par le poison ; le saint bénit la coupe, qui se brisa, à la grande confusion des coupables.


Cependant il était dans l’ordre de la Providence que Benoît devînt le Père d’un grand peuple de moines, et il ne put se soustraire à cette mission ; de nombreux monastères se fondèrent sous sa direction, se multiplièrent bientôt par toute l’Europe et devinrent une pépinière inépuisable d’évêques, de papes et de saints.


Parmi ses innombrables miracles, citons les deux suivants : Un de ses moines avait, en travaillant, laissé tomber le fer de sa hache dans la rivière ; Benoît prit le manche de bois, le jeta sur l’eau, et le fer, remontant à la surface, revint prendre sa place. Une autre fois, cédant aux importunes prières d’un père qui le sollicitait de ressusciter son fils, Benoît se couche sur l’enfant et dit : 

"Seigneur, ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cet homme !" Aussitôt l’enfant s’agite et va se jeter dans les bras paternels.


La médaille de saint Benoît est très efficace contre toutes sortes de maux. On l’emploie avec un grand succès pour la guérison et la conservation des animaux.



mardi 10 juillet


Livre d'Osée 8,4-7.11-13.


Ainsi parle le Seigneur : Les fils d’Israël ont établi des rois sans me consulter, ils ont nommé des princes sans mon accord ; avec leur argent et leur or, ils se sont fabriqué des idoles. Ils seront anéantis.

Je le rejette, ton veau, Samarie ! Ma colère s’est enflammée contre tes enfants. Refuseront-ils toujours de retrouver l’innocence ?

Ce veau est l’œuvre d’Israël, un artisan l’a fabriqué, ce n’est pas un dieu ; ce veau de Samarie sera mis en pièces.

Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. L’épi ne donnera pas de grain ; s’il y avait du grain, il ne donnerait pas de farine ; et, s’il en donnait, elle serait dévorée par les étrangers.

Éphraïm a multiplié les autels pour expier le péché ; et ces autels ne lui servent qu’à pécher.

J’ai beau lui mettre par écrit tous les articles de ma loi, il n’y voit qu’une loi étrangère.

Ils offrent des sacrifices pour me plaire et ils en mangent la viande, mais le Seigneur n’y prend pas de plaisir. Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes, il fait le compte de leurs péchés. Qu’ils retournent donc en Égypte !


Psaume 115(113B),3-4.5-6.7ab.8.9-10.


Notre Dieu, il est au ciel ;

tout ce qu'il veut, il le fait.

Leurs idoles : or et argent,

ouvrages de mains humaines.


Elles ont une bouche et ne parlent pas,

des yeux et ne voient pas,

des oreilles et n'entendent pas,

des narines et ne sentent pas.


Leurs mains ne peuvent toucher,

leurs pieds ne peuvent marcher.

Qu'ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font,

ceux qui mettent leur foi en elles.


Israël, mets ta foi dans le Seigneur :

le secours, le bouclier, c'est lui !

Famille d'Aaron, mets ta foi dans le Seigneur :

le secours, le bouclier, c'est lui !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.


En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet.

Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! »

Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »

Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.

Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.

Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.

Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »


Commentaire du jour:


Bulle Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélie sur la moisson abondante, 10, 2-3; PG 63, 519-521 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 107)


« La moisson est abondante »


Tous les travaux de l'agriculteur aboutissent naturellement à la moisson. Comment donc le Christ a-t-il appelé moisson une œuvre qui en était encore à ses débuts ? L'idolâtrie régnait sur toute la terre... Partout la fornication, l'adultère, la débauche, la cupidité, le vol, les guerres... La terre était emplie de tant de maux ! Aucune semence n'y avait encore été jetée. Les épines, les chardons et les mauvaises herbes qui recouvraient le sol n'avaient pas encore été arrachés. Aucune charrue n'avait encore été tirée, aucun sillon tracé.

Comment donc Jésus peut-il dire que la moisson est abondante ? ... Les apôtres sont probablement bouleversés et déconcertés : « Comment pourrons-nous même ouvrir la bouche, nous tenir debout, devant tant d'hommes ? Nous, les Onze, comment corrigerons-nous tous les habitants de la terre ? Saurons-nous, si ignorants, aborder des savants ; nous si dépouillés, des hommes armés ; nous, des subordonnés, des autorités ? Nous ne connaissons qu'une langue, arriverons-nous à discuter avec les peuples barbares qui parlent des langues étrangères ? Qui nous supportera sans même comprendre notre langue ? »

Jésus ne veut pas que de pareils raisonnements les plongent dans le désarroi. Aussi appelle-t-il l'Évangile une moisson. C'est comme s'il leur disait : « Tout est préparé, toutes les dispositions ont été prises. Je vous envoie récolter le grain mûr ; vous pourrez semer et moissonner le même jour. » Quand l'agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson, il déborde de joie et resplendit de bonheur. Il n'envisage ni les peines ni les difficultés qu'il pourra rencontrer... Prêtez-moi votre langue, dit le Christ, et vous verrez le grain mûr entrer dans les greniers du roi. Aussi les envoie-t-il ensuite en leur disant : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20).


Le Saint du jour:

Stes Rufine et Seconde

Vierges et martyres (IIIème s.)

Sainte Rufine et sa sœur Sainte Seconde furent martyrisées durant les persécutions de l’empereur Valérien. Après de cruels tourments, Rufine eut la tête fendue d’un coup d’épée et Seconde fut décapitée, après avoir refusé d’abjurer. Leurs corps reposent près du baptistère de Saint Jean de Latran à Rome.



lundi 9 juillet


Livre d'Osée 2,16.17b-18.21-22.


Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.

Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte.

En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »).

Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ;

je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.


Psaume 145(144),2-3.4-5.6-7.8-9.


Chaque jour je te bénirai,

je louerai ton nom toujours et à jamais.

Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;

à sa grandeur, il n'est pas de limite.


D'âge en âge, on vantera tes œuvres,

on proclamera tes exploits.

Je redirai le récit de tes merveilles,

ton éclat, ta gloire et ta splendeur.


On dira ta force redoutable ;

je raconterai ta grandeur.

On rappellera tes immenses bontés ;

tous acclameront ta justice.


Le Seigneur est tendresse et pitié,

lent à la colère et plein d'amour ;

la bonté du Seigneur est pour tous,

sa tendresse, pour toutes ses œuvres.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,18-26.


En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. »

Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples.

Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement.

Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »

Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.

Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors :

« Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui.

Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.

Et la nouvelle se répandit dans toute la région.


Commentaire du jour:

Saint Athanase (295-373)

évêque d'Alexandrie, docteur de l'Église

Sur l'Incarnation du Verbe, 8-9 (trad. bréviaire, 2 mai ; cf SC 190, p. 288s)


« Il entra et saisit la main de la jeune fille, qui se leva »


Le Verbe, la Parole de Dieu, incorporel, incorruptible et immatériel, est arrivé dans notre région, bien qu'il n'en ait pas été loin auparavant. En effet, il n'avait laissé aucune partie de la création privée de sa présence, car il remplissait tout, lui qui demeure auprès de son Père. Mais il s'est rendu présent en s'abaissant à cause de son amour pour nous, et il s'est manifesté à nous... Il a eu pitié de notre race, il a eu compassion de notre faiblesse, il a condescendu à notre condition périssable. Il n'a pas accepté que la mort domine sur nous ; il n'a pas voulu voir périr ce qui avait commencé, ni échouer ce que son Père avait accompli en créant les hommes. Il a donc pris un corps, et un corps qui n'est pas différent du nôtre. Car il ne voulait pas seulement être dans un corps ou seulement se manifester. S'il avait voulu seulement se manifester, il aurait pu réaliser cette théophanie avec plus de puissance. Mais non : c'est bien notre corps qu'il a pris...

Le Verbe a pris un corps capable de mourir afin que ce corps, en participant au Verbe qui est au-dessus de tout..., reste impérissable grâce au Verbe qui y demeure, et afin de délivrer de la dégradation définitive tous les hommes par la grâce de la résurrection. Le Verbe a offert donc à la mort le corps qu'il avait pris, comme un sacrifice et une victime sans aucune tache ; et aussitôt il a anéanti la mort en délivrant de la mort tous les hommes ses semblables par l'offrande de ce corps qui leur ressemble.

Il est juste que le Verbe de Dieu, supérieur à tous, qui offrait son propre temple, son corps, en rançon pour tous, ait payé notre dette par sa mort. Uni à tous les hommes par un corps semblable, il est juste que le Fils incorruptible de Dieu revête tous les hommes d'incorruptibilité, selon la promesse apportée par sa résurrection. Car la corruption elle-même, impliquée dans la mort, n'a plus aucun pouvoir sur les hommes à cause du Verbe qui demeure parmi eux dans un corps unique.


Le Saint du jour:

Ste Véronique Giuliani

Vierge, Clarisse (1660-1727)

Sainte Véronique Giuliani eut une enfance tout extraordinaire : le mercredi, le vendredi et le samedi, jours consacrés à honorer la Passion de Jésus-Christ et la Sainte Vierge, elle n’acceptait le lait de sa mère ou toute autre nourriture que deux fois et en petite quantité, prélude des grands jeûnes de sa vie. Six mois après sa naissance, elle s’échappa des bras de sa mère et alla d’un pas ferme, toute seule, vénérer un tableau attaché à la muraille et représentant le mystère du jour. À partir de ce moment, elle marcha sans le secours de personne. Un an après, accompagnant sa mère dans un magasin, elle dit d’une voix claire au marchand, qui trompait sur le poids : « Soyez juste, car Dieu vous voit. »


À trois ans, elle avait des communications familières avec Jésus et Marie. Quelques fois l’image de Marie portant Jésus devenait vivante, et, se détachant du cadre, descendait dans ses bras. Un matin qu’elle cueillait des fleurs pour orner l’image de Jésus et de Marie, Jésus lui dit : « Je suis la Fleur des champs. » Charitable pour les indigents dès son bas âge, un jour elle donna une paire de souliers à un pauvre, et, quelques temps après, elle les vit aux pieds de la Sainte Vierge, tout éclatants de pierreries.


Elle fit, à douze ans, vœu de se consacrer à Dieu. Bientôt, recherchée par de brillants partis, elle répondit simplement : « C’est inutile, je serai religieuse. » Elle entra à dix-sept ans chez les Clarisses. Elle ne connut point les essais de cette nouvelle vie, et se trouva dès le premier jour religieuse parfaite.


Sa grâce spéciale fut de porter en elle la ressemblance de Jésus crucifié, dont elle méditait sans cesse la Passion. Elle eut son couronnement d’épines, qui laissa des traces douloureuses et inguérissables sur sa tête ; elle sentit, un jour de Vendredi saint, la douleur du crucifiement, et le Sauveur, lui apparaissant, laissa sur ses pieds, ses mains et sa poitrine, des stigmates tout saignants. Les grâces extraordinaires que reçut Véronique furent achetées au prix de grandes épreuves.



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