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dimanche 27 mai


Livre du Deutéronome 4,32-34.39-40. 

Moïse disait au peuple d’Israël : 

« Interroge donc les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? 

Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu du feu, et qui soit resté en vie ? 

Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par des exploits terrifiants – comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ? 

Sache donc aujourd’hui, et médite cela en ton cœur : c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre. 

Tu garderas les décrets et les commandements du Seigneur que je te donne aujourd’hui, afin d’avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu, tous les jours. » 


Psaume 33(32),4-5.6.9.18-19.20.22. 

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; 

il est fidèle en tout ce qu'il fait. 

Il aime le bon droit et la justice ; 

la terre est remplie de son amour. 


Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, 

l'univers, par le souffle de sa bouche. 

Il parla, et ce qu'il dit exista ; 

il commanda, et ce qu'il dit survint. 


Dieu veille sur ceux qui le craignent, 

qui mettent leur espoir en son amour, 

pour les délivrer de la mort, 

les garder en vie aux jours de famine. 


Nous attendons notre vie du Seigneur : 

il est pour nous un appui, un bouclier. 

Que ton amour, Seigneur, soit sur nous 

comme notre espoir est en toi ! 



Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,14-17. 

Frères, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. 

Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! 

C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 

Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. 


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,16-20. 

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. 

Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. 

Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. 

Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, 

apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » 



Commentaire du jour 

Vénérable Pie XII, pape de 1939 à 1958 

Allocution aux curés de Rome et aux prédicateurs de Carême, 17 février 1942

Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde


      Le Christ, notre avocat (1Jn 2,1), siège à la droite du Père. Il n'est plus visible dans sa nature humaine parmi nous. Mais il daigne rester avec nous jusqu'à la consommation des siècles, invisible sous les apparences du pain et du vin dans le sacrement de son amour. C'est le grand mystère d'un Dieu présent et caché, de ce Dieu qui viendra un jour juger les vivants et les morts. 


      C'est vers ce grand jour de Dieu que s'avance l'humanité tout entière des siècles écoulés, du présent et de l'avenir. C'est vers ce jour que s'avance l'Église, maîtresse de foi et de morale pour toutes les nations, baptisant au nom du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. Et nous, de même que nous croyons au Père, créateur du ciel et de la terre, au Fils, rédempteur du genre humain, ainsi également nous croyons au Saint-Esprit. 


      Il est l’Esprit procédant du Père et du Fils, comme leur amour consubstantiel, promis et envoyé par le Christ aux Apôtres au jour de la Pentecôte, vertu d’en-haut qui les remplit. Il est le Paraclet et le Consolateur qui demeure avec eux pour toujours, Esprit invisible, inconnu au monde, qui leur enseigne et rappelle tout ce que Jésus leur a dit. 


      Montrez au peuple chrétien la puissance divine infinie de cet Esprit créateur, don du Très-Haut, distributeur de tout charisme spirituel, consolateur très bon, lumière des cœurs, qui, dans nos âmes, lave tout ce qui est souillé, arrose ce qui est aride, guérit ce qui est blessé. 


      De lui, amour éternel, descend le feu de cette charité que le Christ veut voir allumé ici-bas ; cette charité qui rend l’Église une, sainte, catholique, qui l’anime et la rend invincible au milieu des assauts de la synagogue de Satan ; cette charité qui unit dans la communion des saints ; cette charité qui renouvelle l’amitié avec Dieu et remet le péché.



Le Saint du jour:

Saint Augustin de Cantorbéry

Moine bénédictin et archevêque de Cantorbéry (+605)

Aux Ve et VIe siècles, l’île de la Grande-Bretagne évangélisée dès les premiers siècles du christianisme, était retombée dans le paganisme à la suite de l’invasion des Saxons. Le jeune roi de ce temps, Ethelbert, épousa Berthe, princesse chrétienne, fille de Caribert Ier, roi de Paris et petit-fils de Clovis.


Berthe consentit à ce mariage à la condition d’avoir sa chapelle et de pouvoir observer librement les préceptes et les pratiques de sa foi avec l’aide et l’appui d’un évêque gallo-franc. L’âme du roi de Kent subissait la salutaire influence de sa pieuse épouse qui le préparait sans le savoir à recevoir le don de la foi. Le pape Grégoire le Grand jugea le moment opportun pour tenter l’évangélisation de l’Angleterre qu’il souhaitait depuis longtemps. Pour réaliser cet important projet, le souverain pontife choisit le moine Augustin alors prieur du monastère de St-André à Rome.


On ne sait absolument rien de la vie de saint Augustin de Cantorbéry avant le jour solennel du printemps 596, où pour obéir aux ordres du pape saint Grégoire le Grand qui avait été son abbé dans le passé, il dut s’arracher à la vie paisible de son abbaye avec quarante de ses moines pour devenir missionnaire.


A Lérins, première étape des moines missionnaires, ce qu’on leur rapporta de la cruauté des Saxons effraya tellement les compagnons d’Augustin, qu’ils le prièrent de solliciter leur rappel du pape. Augustin dut retourner à Rome pour supplier saint Grégoire de dispenser ses moines d’un voyage si pénible, si périlleux et si inutile. Le souverain pontife renvoya Augustin avec une lettre où il prescrivait aux missionnaires de reconnaître désormais le prieur de St-André pour leur abbé et de lui obéir en tout. Il leur recommanda surtout de ne pas se laisser terrifier par tous les racontars et les encouragea à souffrir généreusement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Ainsi stimulés, les religieux reprirent courage, se remirent en route et débarquèrent sur la plage méridionale de la Grande-Bretagne.


Le roi Ethelbert n’autorisa pas les moines romains à venir le rencontrer dans la cité de Cantorbéry qui lui servait de résidence, mais au bout de quelques jours, il s’en alla lui-même visiter les nouveaux venus. Au bruit de son approche, les missionnaires, avec saint Augustin à leur tête, s’avancèrent processionnellement au-devant du roi, en chantant des litanies. Ethelbert n’abandonna pas tout de suite les croyances de ses ancêtres. Cependant, il établit libéralement les missionnaires à Cantorbéry, capitale de son royaume, leur assignant une demeure qui s’appelle encore Stable Gate : la porte de l’Hôtellerie, et ordonna qu’on leur fournit toutes les choses nécessaires à la vie.


Vivant de la vie des Apôtres dans la primitive Eglise, saint Augustin et ses compagnons étaient assidus à l’oraison, aux vigiles et aux jeûnes. Ils prêchaient la parole de vie à tous ceux qu’ils abordaient, se comportant en tout selon la sainte doctrine qu’ils propageaient, prêts à tout souffrir et à mourir pour la vérité. L’innocence et la simplicité de leur vie, la céleste douceur de leur enseignement, parurent des arguments invincibles aux Saxons qui embrassèrent le christianisme en grand nombre.


Charmé comme tant d’autres par la pureté de la vie de ces hommes, séduit par les promesses dont plus d’un miracle attestait la vérité, le noble et vaillant Ethelbert demanda lui aussi le baptême qu’il reçut des mains de saint Augustin. Sa conversion amena celle d’une grande partie de ses sujets. Comme le saint pape Grégoire le Grand lui recommanda de le faire, le roi proscrivit le culte des idoles, renversa leurs temples et établit de bonnes moeurs par ses exhortations, mais encore plus par son propre exemple.


En 597, étant désormais à la tête d’une chrétienté florissante, saint Augustin de Cantorbéry se rendit à Arles, afin d’y recevoir la consécration épiscopale, selon le désir du pape saint Grégoire. De retour parmi ses ouailles, à la Noël de la même année, dix mille Saxons se présentèrent pour recevoir le baptême.


De plus en plus pénétré de respect et de dévouement pour la sainte foi, le roi abandonna son propre palais de Cantorbéry au nouvel archevêque. A côté de cette royale demeure, on construisit une basilique destinée à devenir la métropole de l’Angleterre. Saint Augustin en devint le premier archevêque et le premier abbé. En le nommant primat d’Angleterre, le pape saint Grégoire le Grand lui envoya douze nouveaux auxiliaires, porteurs de reliques et de vases sacrés, de vêtements sacerdotaux, de parements d’autels et de livres destinés à former une bibliothèque ecclésiastique.


Le souverain pontife conféra aussi au nouveau prélat le droit de porter le pallium en célébrant la messe, pour le récompenser d’avoir formé la nouvelle Eglise d’Angleterre par ses inlassables travaux apostoliques. Cet honneur insigne devait passer à tous ses successeurs sur le siège archiépiscopal d’Angleterre. Le pape lui donna également le pouvoir d’ordonner d’autres évêques afin de constituer une hiérarchie régulière dans ce nouveau pays catholique. Il le constitua aussi métropolitain des douze évêchés qu’il lui ordonna d’ériger dans l’Angleterre méridionale.


Les sept dernières années de sa vie furent employées à parcourir le pays des Saxons de l’Ouest. Même après sa consécration archiépiscopale, saint Augustin voyageait en véritable missionnaire, toujours à pied et sans bagage, entremêlant les bienfaits et les prodiges à ses prédications. Rebelles à la grâce, les Saxons de l’Ouest refusèrent d’entendre Augustin et ses compagnons, les accablèrent d’avanies et d’outrages et allèrent jusqu’à attenter à leur vie afin de les éloigner.


Au début de l’an 605, deux mois après la mort de saint Grégoire le Grand, son ami et son père, saint Augustin, fondateur de l’Eglise anglo-saxonne, alla recueillir le fruit de ses multiples travaux. Avant de mourir, il nomma son successeur sur le siège de Cantorbéry. Selon la coutume de Rome, le grand missionnaire fut enterré sur le bord de la voie publique, près du grand chemin romain qui conduisait de Cantorbéry à la mer, dans l’église inachevée du célèbre monastère qui allait prendre et garder son nom.



samedi 26 mai


Lettre de saint Jacques 5,13-20. 

Bien-aimés, l’un de vous se porte mal ? Qu’il prie. Un autre va bien ? Qu’il chante le Seigneur. 

L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. 

Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. 

Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La supplication du juste agit avec beaucoup de force. 

Le prophète Élie n’était qu’un homme pareil à nous ; pourtant, lorsqu’il a prié avec insistance pour qu’il ne pleuve pas, il n’est pas tombé de pluie sur la terre pendant trois ans et demi ; 

puis il a prié de nouveau, et le ciel a donné la pluie, et la terre a fait germer son fruit. 

Mes frères, si l’un de vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, 

alors, sachez-le : celui qui ramène un pécheur du chemin où il s’égarait sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. 


Psaume 141(140),1-2.3.8. 

Seigneur, je t'appelle : accours vers moi ! 

Écoute mon appel quand je crie vers toi ! 

Que ma prière devant toi s'élève comme un encens, 

et mes mains, comme l'offrande du soir. 


Mets une garde à mes lèvres, Seigneur, 

veille au seuil de ma bouche. 

Je regarde vers toi, Seigneur, mon Maître ; 

tu es mon refuge : épargne ma vie ! 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,13-16. 

En ce temps-là, des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement. 

Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. 

Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » 

Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. 



Commentaire du jour 

Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien 

1er sermon pour la Nativité (trad. SC 166, p.167 rev.)

Accueillir le Royaume de Dieu à la manière d'un enfant


      Un petit enfant est né pour nous : le Dieu de majesté, s'anéantissant lui-même, s'est rendu semblable non seulement au corps terrestre des mortels, mais encore à l'âge des enfants, empreint de faiblesse et de petitesse. Bienheureuse enfance, dont la faiblesse et la simplicité sont plus fortes et plus sages que tous les hommes ! Car, en vérité, la force de Dieu et la sagesse de Dieu accomplissent ici leur œuvre divine à travers nos réalités humaines. Oui, la faiblesse de ce petit enfant triomphe du prince de ce monde ; elle rompt nos liens et nous délivre de notre captivité. La simplicité de cet enfant, laquelle semble muette et privée de parole, rend éloquentes les langues des enfants ; elle leur fait parler les langues des hommes et des anges... Cet enfant semble ignorant mais c'est lui qui enseigne la sagesse aux hommes et aux anges, lui qui est en réalité... la Sagesse de Dieu et son Verbe, sa Parole. 


      Ô sainte et douce enfance, toi qui rends aux hommes l'innocence véritable grâce à laquelle tout âge peut faire retour à une bienheureuse enfance et te ressembler, non par la petitesse des membres, mais par l'humilité du cœur et la douceur du comportement ! Assurément, vous les fils d'Adam, vous qui êtes si grands à vos propres yeux..., si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme ce petit enfant, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. « Je suis la porte du Royaume », dit ce petit enfant. Si la haute taille des hommes ne s'incline pas, cette humble porte ne les laissera pas entrer. 


(Références bibliques : Is 9,5 ; 1Co 1,24 ; Jn 12,31 ; Sg 10,21 ; 1Co 13,1 ; Ps 93,10 ; Mt 18,3-4;   Jn 10,9)



Le Saint du jour:

Saint Philippe Neri

Fondateur de l’Oratoire (1515-1595)

Philippe naquit à Florence le 22 juillet 1515. Dès son enfance, on l’appelait le bon petit Philippe, tant il était bon, doux et aimable. Vers l’âge de dix-huit ans, il renonça à la fortune d’un de ses oncles pour aller à Rome étudier les sciences ecclésiastiques. Rien de plus édifiant que sa vie d’étudiant : pauvreté, mortification, prière, travail, silence, vie cachée, habitaient sa modeste cellule.


Après plusieurs années d’étude opiniâtre dans les universités, il travailla seul, quelques années encore, dans le silence et la solitude, et quand, devenu prêtre par obéissance, il commença à se livrer au ministère des âmes, son esprit facile et profond avait acquis une science fort remarquable. Son angélique pureté eut à subir les plus rudes assauts ; mais il sortit toujours vainqueur de tous les pièges, et reçut comme récompense la grâce de ne jamais ressentir, le reste de sa vie, aucun mouvement, même involontaire, de la concupiscence charnelle.


Un jour, Philippe fut tellement embrasé de l’amour de Dieu, que deux de ses côtes se rompirent pour donner plus de liberté à ses élans séraphiques. Souvent ses entretiens avec Notre-Seigneur étaient si suaves, qu’il n’y pouvait tenir et se mourait de joie, ce qui lui faisait pousser ce cri : "Assez, Seigneur, assez !"


Philippe visitait les hôpitaux, soignait les malades, assistait et instruisait les pauvres, passait de longues nuits dans la prière, aux catacombes, sur les tombeaux des martyrs. Partout et à toute occasion, il cherchait à gagner des âmes à Dieu. Il aimait surtout les jeunes gens ; il les attendait à la sortie des écoles, se mêlait à leurs rangs et conversait avec eux ; il les abordait sur les places publiques, les cherchait jusque dans les ateliers et les magasins, en confessait une multitude, en retirait un grand nombre du vice. "Amusez-vous bien, leur disait-il souvent ; mais n’offensez pas le bon Dieu !" Aussi Philippe exerçait-il sur l’enfance et la jeunesse un ascendant irrésistible, et nul mieux que lui ne mérite d’être regardé comme le Patron des Oeuvres de jeunesse. Le Saint fonda la Société des Prêtres de l’Oratoire.


Philippe jouait pour ainsi dire avec les miracles, et les résurrections de morts ne coûtaient rien à cet homme extraordinaire. Il se regardait, malgré tout, comme le plus grand des pécheurs, et disait souvent à Dieu : "Seigneur, défiez-Vous de moi, car j’ai peur de Vous trahir !" Philippe mourut à l’âge de quatre-vingt ans, le 26 mai 1595.



vendredi 25 mai


Lettre de saint Jacques 5,9-12. 

Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. 

Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. 

Voyez : nous proclamons heureux ceux qui tiennent bon. Vous avez entendu dire comment Job a tenu bon, et vous avez vu ce qu’à la fin le Seigneur a fait pour lui, car le Seigneur est tendre et miséricordieux. 

Et avant tout, mes frères, ne faites pas de serment : ne jurez ni par le ciel ni par la terre, ni d’aucune autre manière ; que votre « oui » soit un « oui », que votre « non » soit un « non » ; ainsi vous ne tomberez pas sous le jugement. 


Psaume 103(102),1-2.3-4.8-9.11-12. 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 

bénis son nom très saint, tout mon être ! 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 

n'oublie aucun de ses bienfaits ! 


Car il pardonne toutes tes offenses 

et te guérit de toute maladie ; 

il réclame ta vie à la tombe 

et te couronne d'amour et de tendresse.


Le Seigneur est tendresse et pitié, 

lent à la colère et plein d'amour ; 

Il n'est pas pour toujours en procès, 

ne maintient pas sans fin ses reproches ;


Comme le ciel domine la terre, 

fort est son amour pour qui le craint ;

Aussi loin qu'est l'orient de l'occident, 

il met loin de nous nos péchés.




Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,1-12. 

En ce temps-là, Jésus arriva dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, des foules s’assemblent près de lui, et de nouveau, comme d’habitude, il les enseignait. 

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » 

Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » 

Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » 

Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. 

Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. 

À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, 

il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. 

Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » 

De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. 

Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. 

Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. » 




Commentaire du jour 

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape 

Audience générale du 02/04/1980 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Au commencement de la création, il les fit homme et femme »


      Parce que le Verbe de Dieu s'est fait chair, le corps est entré, dirais-je, par la grande porte dans la théologie… L'incarnation, et la rédemption qui en découle, est devenue la source définitive de la sacramentalité du mariage… Beaucoup d'hommes et de chrétiens cherchent dans le mariage l'accomplissement de leur vocation ; il y en a tant qui veulent trouver en lui la voie du salut et de la sainteté. 


      Pour eux, la réponse donnée par le Christ aux pharisiens, défenseurs de l'Ancien Testament, est particulièrement importante… En effet, sur la route de cette vocation, combien la conscience approfondie de la signification du corps dans sa masculinité et dans sa féminité est indispensable ! Combien est nécessaire une conscience précise de la signification sponsale du corps, de sa signification procréatrice — étant donné que tout ce qui forme le contenu de la vie des époux doit constamment trouver sa signification pleine et personnelle dans la convivence, dans le comportement, dans les sentiments. Cela est d'autant plus nécessaire sur le fond d'une civilisation qui demeure sous la pression d'une manière de penser et d'évaluer matérialiste et utilitaire… 


      Comme il est significatif que le Christ, dans la réponse à toutes ces questions, ordonne à l'homme de retourner… au seuil de son histoire théologique. Il lui ordonne de se mettre à la frontière entre l'innocence, ce bonheur originel, et l'héritage de la première chute. Ne veut-il pas lui dire… que la voie sur laquelle il conduit l'être humain, homme ou femme, dans le sacrement du mariage, c'est-à-dire la voie de la rédemption du corps, doit consister dans la récupération de cette dignité, dans laquelle s'accomplit en même temps la vraie signification du corps humain, sa signification personnelle et sa signification « de communion » ?



Le Saint du jour:

Saint Grégoire VII

Pape - (1021-1085)

Saint Grégoire VII, l’un des plus grands Papes que Jésus-Christ ait donnés à Son Église, fut au XIe siècle, l’homme providentiel destiné à combattre tous les grands abus de cette époque si troublée : les empiètements des empereurs d’Allemagne, la vente des dignités ecclésiastiques, la contagion des mauvaises moeurs du clergé et dans le peuple. Il fut un homme fort instruit, très vertueux, surtout un grand caractère.


Hildebrand (tel était le nom de famille de Grégoire VII) eut pour père un charpentier de Toscane. Il était encore enfant, sans aucune connaissance des lettres, lorsque, jouant dans l’atelier de son père, il forma avec des débris de bois ces mots du Psalmiste, présage de l’autorité que plus tard il devait exercer dans le monde : Dominabitur a mare usque ad mare : "Sa domination s’étendra d’un océan à l’autre."


Après une première éducation chrétienne, le jeune Hildebrand acheva de se former et de se préparer à la mission que Dieu lui réservait, dans le célèbre monastère de Cluny, foyer de sainteté et de science qui fournit alors tant de grands hommes.


Le courage avec lequel, simple moine, il osa dire au Pape Léon IX que son élection n’était pas canonique fut l’occasion de son élévation aux plus hautes dignités de l’Église. Ce saint Pape avait été élu par l’empereur d’Allemagne ; mais son élection fut ratifiée ensuite par le clergé et le peuple de Rome. Charmé de la franchise d’Hildebrand, il le fit venir près de lui et le regarda comme son meilleur conseiller. Après la mort de Léon IX, quatre Papes successifs lui conservèrent une pleine confiance.


Lui-même, enfin, malgré ses angoisses, dut plier devant la Volonté de Dieu et accepter le souverain pontificat. C’est alors que brillèrent plus que jamais en lui les vertus qui font les saints et le zèle qui fait tout céder devant les intérêts de Dieu et de l’Église. Malgré d’innombrables occupations, il était toujours l’homme de la prière, et ses larmes manifestaient les attendrissements de son coeur.


Grégoire VII fut atteint d’une maladie qui le réduisit à la dernière extrémité. La Sainte Vierge lui apparut et lui demanda s’il avait assez souffert : "Glorieuse Dame, répondit-il, c’est à Vous d’en juger." La Vierge le toucha de la main et disparut. Le Pontife était guéri et pu célébrer la Sainte Messe le lendemain en présence de tout le peuple consolé.


Grégoire, un an avant sa mort, dut fuir en exil à Salerne ; il prédit le triomphe de son Église et rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1085, en prononçant ces mots : "J’ai aimé la justice et j’ai haï l’iniquité ; c’est pour cela que je meurs en exil."






jeudi 24 mai


Lettre de saint Jacques 5,1-6. 

Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. 

Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, 

votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours ! 

Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers. 

Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre. 

Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance. 


Psaume 49(48),14-15ab.15de-16.17-18.19-20. 

Tel est le destin des insensés 

et l'avenir de qui aime les entendre : 

troupeau parqué pour les enfers

et que la mort mène paître.


Dans la mort, s'effaceront leurs visages :

pour eux, plus de palais ! 

Mais Dieu rachètera ma vie aux griffes de la mort : 

c'est lui qui me prendra. 


Ne crains pas l'homme qui s'enrichit, 

qui accroît le luxe de sa maison : 

aux enfers il n'emporte rien ; 

sa gloire ne descend pas avec lui. 


De son vivant, il s'est béni lui-même : 

« On t'applaudit car tout va bien pour toi ! » 

Mais il rejoint la lignée de ses ancêtres 

qui ne verront jamais plus la lumière. 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,41-50. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense. 

« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. 

Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. 

[…]

Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. 

[…]

Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, 

là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. 

Chacun sera salé au feu. 

C’est une bonne chose que le sel ; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. » 

Commentaire du jour 

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église 

Homélies sur Saint Matthieu, n° 3

Le sel de l'humilité


      Si vous voulez être grand, n'en tirez pas orgueil comme le pharisien de la parabole (Lc 18,9s), et alors vous serez vraiment grand. Croyez que vous êtes sans mérite, et alors vous en aurez. Le publicain, lui, s'est reconnu pécheur et ainsi il est devenu juste ; combien plus le juste qui se reconnaît pécheur verra-t-il sa justice et ses mérites s'agrandir ! Car l'humilité fait du pécheur un juste, puisqu'il reconnaît la vérité de sa vie ; et dans l'âme des justes l'humilité véritable agit encore plus puissamment. 


      Ne perdez donc pas par la vaine gloire le fruit que vous aurez gagné par vos travaux, le salaire de vos peines, la récompense des labeurs de votre vie. Dieu connaît mieux que vous-même le bien que vous faites. Un simple verre d'eau fraîche sera récompensé. Dieu agrée la plus petite aumône, ou si vous ne pouvez rien donner, même un soupir de compassion. Il accueille tout, se souviendra de tout pour vous le rendre au centuple. 


      Cessons donc de compter nos mérites et de les étaler au grand jour. Si nous chantons nos mérites, nous ne serons pas loués par Dieu. Gémissons plutôt sur notre misère, et Dieu nous élèvera aux yeux des autres. Il ne veut pas que le fruit de nos labeurs se perde. Dans son amour ardent il veut couronner nos plus petites actions ; il cherche toutes les occasions pour nous délivrer de la géhenne.



Le Saint du jour:

Saints Donatien et Rogatien

Martyrs - (287 ou 288)

Au temps de la persécution de Dioclétien, il y avait à Nantes un jeune homme nommé Donatien, d’une haute naissance, mais recommandable surtout par ses vertus. Plus heureux que son frère Rogatien, il avait embrassé la foi chrétienne et travaillait à faire connaître Jésus-Christ autour de lui. Il eut le bonheur d’éclairer son frère et de lui donner le courage de professer une religion dont les disciples étaient voués à la souffrance et à la mort. Le zèle de Donatien l’avait mis en vue : il fut le premier de tous, conduit devant le gouverneur :

"J’apprends, Donatien, lui dit celui-ci, que non content de refuser à Jupiter et à Apollon les honneurs qui leur sont dûs, vous cherchez à répandre la religion d’un crucifié.

— On ne vous a dit que la vérité, répond Donatien ; j’adore Celui qui seul doit être adoré.

— Cessez de propager cette doctrine ; sinon, la mort vous attend.

— La mort, je ne la crains pas pour moi, mais pour vous."


Pendant que Donatien était livré aux tortures et jeté dans un cachot, Rogatien parut à son tour :

"J’ai été informé, lui dit le gouverneur, de votre résolution de professer la religion des chrétiens. Prenez bien garde d’encourir la colère de l’empereur !" La réponse du jeune homme ne fut pas moins ferme que celle de son frère, et le juge décida que le lendemain les deux prisonniers auraient la tête tranchée, pour avoir outragé les dieux et les empereurs.


Une seule chose chagrinait Rogatien : il n’était encore que catéchumène et n’avait pas reçu le baptême ; mais Donatien et lui prièrent ensemble toute la nuit, afin que Dieu voulût bien accepter que l’effusion du sang produisît dans le martyr l’effet du saint Baptême.


Le lendemain, le juge, assis à son tribunal, se fit amener les deux confesseurs de la foi et chercha encore à les épouvanter par la menace des supplices.

"Nous sommes prêts, répondirent-ils, à souffrir pour Jésus-Christ tout ce que pourra inventer la cruauté des bourreaux."


Les généreux enfants, à la suite de cette belle réponse, sont placés sur le chevalet et tourmentés cruellement ; mais leur courage surpasse la fureur des bourreaux, et ils soutiennent sans faiblir ce douloureux supplice. On leur donne ensuite le coup de la mort en leur tranchant la tête. La ville et le diocèse de Nantes ont conservé une dévotion traditionnelle à ces deux illustres martyrs, populaires en ce pays sous le nom immortel des deux Enfants Nantais.



mercredi 23 mai


Lettre de saint Jacques 4,13-17. 

Bien-aimés, vous autres, maintenant, vous dites : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ou telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent », 

alors que vous ne savez même pas ce que sera votre vie demain ! Vous n’êtes qu’un peu de brume, qui paraît un instant puis disparaît. 

Vous devriez dire au contraire : « Si le Seigneur le veut bien, nous serons en vie et nous ferons ceci ou cela. » 

Et voilà que vous mettez votre fierté dans vos vantardises. Toute fierté de ce genre est mauvaise ! 

Être en mesure de faire le bien et ne pas le faire, c’est un péché. 


Psaume 49(48),2-3.6-7.8-9.10-11. 

Écoutez ceci, tous les peuples, 

entendez bien, habitants de l'univers, 

gens illustres, gens obscurs, 

riches et pauvres, tous ensemble. 


Pourquoi craindre aux jours de malheur 

ces fourbes qui me talonnent pour m'encercler, 

ceux qui s'appuient sur leur fortune 

et se vantent de leurs grandes richesses ? 


Nul ne peut racheter son frère 

ni payer à Dieu sa rançon : 

aussi cher qu'il puisse payer, 

toute vie doit finir. 


Peut-on vivre indéfiniment 

sans jamais voir la fosse ? 

Vous voyez les sages mourir : 

comme le fou et l'insensé ils périssent, laissant à d'autres leur fortune. 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,38-40. 

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. » 

Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; 

celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »



Commentaire du jour 

Concile Vatican II 

Constitution dogmatique sur l'Église « Lumen gentium », §16 (trad. cf Winling)

Est-ce qu'ils marchent avec nous ?


      Quant à ceux qui n'ont pas encore reçu l'Évangile, eux aussi sont ordonnés de diverses manières au peuple de Dieu. Et en premier lieu, ce peuple qui a reçu les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (Rm 9,4-5), peuple très aimé du point de vue de l'élection, « à cause de leurs pères, car les dons et l'appel de Dieu sont irrévocables » (Rm 11,28-29). Mais le dessein de salut embrasse aussi ceux qui reconnaissent le Créateur, en premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d'Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, qui jugera les hommes au dernier jour. 


      Quant aux autres qui cherchent le Dieu inconnu à travers des ombres et des images, Dieu n'est pas loin d'hommes de cette sorte, puisque c'est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (Ac 17,25-28) et que, comme Sauveur, il veut que tous les hommes soient sauvés (1Tm 2,4). En effet, ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile du Christ et son Église et cherchent cependant Dieu d'un cœur sincère et s'efforcent, sous l'influence de sa grâce, d'accomplir dans leurs actions sa volonté telle qu'ils la connaissent par ce que leur dicte leur conscience, eux aussi peuvent arriver au salut éternel. La Providence divine ne refuse pas les secours nécessaires pour le salut à ceux qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance explicite de Dieu, mais cherchent, non sans le secours de la grâce divine, à mener une vie droite. En effet, tout ce qui se trouve de bon et de vrai chez eux est considéré par l'Église comme une préparation à l'Évangile et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour qu'il ait finalement la vie.     



Le Saint du jour:

Saint Didier

(+ 608)

Evêque de Vienne, né à Autun vers 540, il s’éleva contre la reine Brunehaut pour critiquer la vie dissolue de la cour. Lors d’un concile, il fut exilé sur de faux témoignages de viols mais fut rappelé par la reine lorsque les faux témoins moururent tous deux de manières inexplicables. Continuant à dénoncer les crimes de la reine, celle-ci envoya ses soldats l’arrêter en pleine messe et le fit lapider en 608 à Saint-Didier-sur-Chalaronne près de Lyon.



mardi 22 mai


Lettre de saint Jacques 4,1-10. 

Bien-aimés, d’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? 

Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ; 

vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs. 

Adultères que vous êtes ! Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde rend ennemi de Dieu ? Donc celui qui veut être ami du monde se pose en ennemi de Dieu. 

Ou bien pensez-vous que l’Écriture parle pour rien quand elle dit : ‘Dieu veille jalousement sur l’Esprit qu’il a fait habiter en nous ?’ 

Dieu ne nous donne-t-il pas une grâce plus grande encore ? C’est ce que dit l’Écriture : ‘Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce.’ 

Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au diable : il s’enfuira loin de vous. 

Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; esprits doubles, purifiez vos cœurs. 

Reconnaissez votre misère, prenez le deuil et pleurez ; que votre rire se change en deuil et votre joie en accablement. 

Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. 


Psaume 55(54),7-8.9-10ab.10cd-11ab.23. 

J'ai dit : « Qui me donnera des ailes de colombe ? 

Je volerais en lieu sûr ; 

loin, très loin, je m'enfuirais 

pour chercher asile au désert. » 


J'ai hâte d'avoir un abri 

contre ce grand vent de tempête ! 

Divise-les, Seigneur, 

mets la confusion dans leur langage ! 


Car je vois dans la ville 

discorde et violence : 

de jour et de nuit, elles tournent 

en haut de ses remparts. 


Décharge ton fardeau sur le Seigneur : 

il prendra soin de toi. 

Jamais il ne permettra 

que le juste s'écroule. 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,30-37. 

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache,

car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » 

Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. 

Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » 

Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. 

S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » 

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : 

« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » 


Commentaire du jour 

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église 

Homélie pour la fête de Pâques ; PG 36, 624 (trad. Homéliaire patristique, coll. Lex orandi n°8, p. 223 rev.)

« Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous »


      Certains sont plongés dans l'incertitude par les stigmates de la Passion sur le corps du Christ et se posent la question : « Qui est ce Roi de gloire ? » (Ps 23,7) Réponds-leur que c'est le Christ fort et puissant (v. 8) en tout ce qu'il a toujours fait et qu'il continue de faire... Fais-leur voir la beauté de la robe portée par le corps souffrant du Christ, embelli par la Passion et transfiguré par l'éclat de la divinité, cette robe de gloire qui en fait l'objet le plus beau et le plus digne d'être aimé au monde... Est-il petit du fait qu'il s'est fait humble à cause de toi ? Est-il méprisable du fait que, Bon Berger offrant sa vie pour son troupeau (Jn 10,1), il est venu chercher la brebis égarée, et l'ayant trouvée, la ramène sur ses épaules qui ont porté pour elle la croix, et l'ayant ramenée, l'a mise au nombre des brebis fidèles qui sont restées au bercail ? (Lc 15,4s) Est-ce que tu l'estimes moins grand parce qu'il se ceint d'un linge pour laver les pieds de ses disciples, leur montrant que le plus sûr moyen de s'élever, c'est de s'abaisser ? (Jn 13,4 ;Mt 23,12) parce qu'en inclinant son âme vers la terre il s'abaisse afin de relever avec lui ceux qui plient sous le poids du péché ? Lui reproches-tu d'avoir mangé avec les publicains et les pécheurs pour leur salut ? (Mt 9,10) 


      Il a connu la fatigue, la faim, la soif, l'angoisse et les larmes, suivant la loi de notre nature humaine. Mais, comme Dieu, que n'a-t-il pas fait ? ... Nous avions besoin d'un Dieu fait homme, devenu mortel, pour pouvoir vivre. Nous avons partagé sa mort qui nous purifie ; par sa mort, il nous donne de partager sa résurrection ; par sa résurrection, il nous donne de partager sa gloire.


Le Saint du jour:

Sainte Julie

Sainte patrone de la Corse (5ème s.)

L’Eglise célèbre le 22 mai, la fête de l’illustre martyre corse santa Ghjulia (sainte Julie) qui partage avec santa Divota le patronage de la Corse.


Comme toujours lorsqu’il s’agit des saints des premiers siècles, la vie de sainte Julie divise les hagiographes.

La version des Bollandistes fut adoptée par le propre des offices du diocèse d’Aiacciu, mais elle n’est pas sans contradictions : sainte Julie, selon eux, serait issue d’une noble famille de Carthage. En l’an 439, les Vandales, sous la conduite de Genséric, soumirent toute la population de la ville. Julie devint l’esclave d’un négociant natif de Syrie appelé Eusèbe. La jeune chrétienne se soumit à son maître, effectuant les tâches ménagères qui lui étaient confiées avec un zèle extrême et un dévouement sans égal. Lorsque Eusèbe s’embarqua pour la Gaule où l’entraînait son commerce, il ne voulut se séparer de sa servante et l’emmena avec lui. Leur bateau fit escale en Corse. Ils débarquèrent près de Nonza où précisément ce jour-là, on célébrait les dieux et l’on s’apprêtait à faire le sacrifice d’un taureau.


Eusèbe, le maître de sainte Julie, se joignit donc aux habitants de Nonza qui célébraient la fête des dieux païens. Julie, elle, se tint à l’écart sans cacher néanmoins sa réprobation. Très vite, le gouverneur de la région en fut averti et demanda à Eusèbe qu’il lui livrât cette jeune chrétienne. Eusèbe tenait à sa dévouée servante et ne voulut à aucun prix la lui donner. Félix, le gouverneur, invita donc Eusèbe à partager son repas et l’enivra. Lorsque le marchand fut profondément endormi, il se fit apporter la jeune chrétienne et lui demanda de sacrifier aux dieux.


La réponse hardie de sainte Julie signa son arrêt de mort. On lui frappa le visage jusqu’au sang, on la traîna par les cheveux, on la fouetta avec barbarie. Enfin, on la fit attacher à une croix sur laquelle elle mourut comme le Christ qu’elle avait servi pendant sa courte existence. On dit alors qu’une colombe s’échappa de sa bouche, symbole d’Innocence et de sainteté. Des religieux de l’Île de Gorgone (ou Marguerite) vinrent chercher son corps et le placèrent à l’abri dans leur monastère. Plus tard, ses ossements transportés à Brescia, sainte Julie fut vénérée dans toute l’Italie septentrionale.


La seconde version de la vie de santa Ghjulia paraît plus vraisemblable ; de nombreux chroniqueurs tels que Vitale, Colonna ou Fra Paolo Olivese, l’ont soutenue. Santa Ghjulia serait en effet native de Nonza, et contemporaine de santa Divota. Elle aurait donc été persécutée sous le règne de Dioclétien, au tout début du IVéme siècle. Parce qu’elle refusait de sacrifier aux dieux, les Romains la torturèrent de multiples manières. Parmi ces supplices, il en est un qui resta légendaire : ses bourreaux lui coupèrent les seins et les jetèrent contre les rochers, en contrebas de la ville de Nonza ; deux fontaines jaillirent aussitôt de la roche. Le miracle ne fit qu’exaspérer la rage de ses bourreaux qui l’attachèrent à un figuier et la laissèrent mourir dans la souffrance. Lorsqu’elle rendit l’âme, une colombe s’échappa de sa bouche.

Les Nunzichi (habitants de Nonza) rendirent dès lors un culte fervent à leur sainte martyre. La Fontaine des Mamelles, qui ne s’est jamais tarie, attira très tôt une foule de pèlerins, venus de la Corse entière. Ses eaux miraculeuses opérèrent de nombreuses guérisons.

Autrefois, les femmes qui invoquaient la sainte contre le tarissement du lait maternel se rendaient en pèlerinage à Nonza, pieds nus. Aujourd’hui, chaque année encore, la fête de santa Ghjulia, patronne des Nunzichi mais aussi de tout le peuple ; corse, fait l’objet d’une très belle cérémonie. Sainte Julie fut proclamée patronne de la Corse (avec sainte Dévote) par un décret de la Sacrée Congrégation des Rites du 5 août 1809.



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