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samedi 24 juin


Nativité de saint Jean Baptiste, solennité


Livre d'Isaïe 49,1-6. 

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. 

Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. 

Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » 

Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. 

Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. 

Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » 


Psaume 139(138),1-2.3b.13-14ab.14cd-15ab. 

Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! 

Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; 

de très loin, tu pénètres mes pensées,

tous mes chemins te sont familiers. 


C'est toi qui as créé mes reins, 

qui m'as tissé dans le sein de ma mère. 

Je reconnais devant toi le prodige, 

l'être étonnant que je suis.


Étonnantes sont tes œuvres 

toute mon âme le sait. 

Mes os n'étaient pas cachés pour toi 

quand j'étais façonné dans le secret.



Livre des Actes des Apôtres 13,22-26. 

En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : ‘J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés.’

De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, 

dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. 

Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” » 

Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,57-66.80. 

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. 

Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. 

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. 

Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » 

On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » 

On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. 

Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. 

À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. 

La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. 

Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. 

L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël. 



Commentaire du jour 

Liturgie byzantine 

Lucernaire des Grandes Vêpres de la fête de la Nativité de Jean Baptiste

« Il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu. Il marchera devant lui..., pour préparer au Seigneur un peuple capable de l'accueillir» (Lc 1,16-17)


En ce jour vient au monde le grand Précurseur, 

issu de sein stérile d'Élisabeth. 

Il est le plus grand parmi les prophètes ; 

nul autre n'a surgi comme lui, 

car il est la lampe qui précède de peu la clarté suprême 

et la voix qui précède la Verbe. 

Il conduit au Christ l'Église, sa fiancée, 

et prépare pour le Seigneur un peuple choisi, 

le purifiant par l'eau en vue de l'Esprit. 


De Zacharie naît cette jeune plante, 

le plus beau parmi les fils du désert, 

le héraut du repentir, 

celui qui purifie par l'eau ceux qui s'égaraient, 

qui porte en précurseur l'annonce de la résurrection 

jusqu'au séjour des morts, 

et qui intercède pour nos âmes. 

Dès le sein de ta mère, bienheureux Jean, 

tu as été le prophète et le précurseur du Christ : 

tu as tressailli d'allégresse 

en voyant la Reine venir auprès de la servante, 

portant devant toi Celui que le Père engendre sans mère de toute éternité, 

toi qui est né d'une femme stérile et d'un vieillard, 

selon la promesse du Seigneur. 

Prie-le de prendre nos âmes en pitié. 


(Références bibliques : Mt 11,11 ; Jn 5,35 ; Mt 3,3 ; Jn 3,29 ; Lc 1,17 ; 3,16 ; Mc 6,28 ; Lc 1,40 ; 1,13)



Le Saint du jour:


Nativité de saint Jean-Baptiste


L’Église, dit saint Augustin, célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler, le jour de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu’il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très Sainte Vierge à sainte Élisabeth.


La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu’elle lui annonçait l’approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d’une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple ; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.


Le message d’un Ange à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d’Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l’annonce de l’Ange jusqu’à la Circoncision de l’enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d’entonner le beau cantique Benedictus : tout est merveilleux dans l’apparition du Précurseur, qui allait montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.


Parmi les récits évangéliques, il en est peu d’aussi intéressants ni d’aussi touchants que celui de la naissance de saint Jean-Baptiste. Les miracles s’ajoutaient aux miracles autour du berceau de l’enfant ; les habitants du voisinage furent saisis d’une crainte respectueuse, et le bruit de ces merveilles se répandit dans toutes les montagnes de la Judée, de sorte que tous se disaient les uns aux autres : "Que pensez-vous de l’avenir de cet enfant ?"


Saint Jean-Baptiste occupe dans l’histoire de l’humanité une place incomparable : il sert de trait d’union entre les deux mondes, il résume en lui tout l’Ancien Testament et prépare le Nouveau ; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres. "Prophète, apôtre, docteur, solitaire, vierge, martyr, il est plus que tout cela, parce qu’il est tout cela en même temps. Il réunit tous les titres à la sainteté, et, rassemblant en lui seul tout ce qui constitue les différentes classes des saints, il forme au milieu d’eux une classe particulière." (La Luzerne.) Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d’une immense popularité.


Sa fête a été souvent célébrée par des feux de joie. Il est patron de nombreuses paroisses, de nombreuses confréries et des Canadiens Français.



vendredi 23 juin


Sacré-Cœur de Jésus, solennité


Livre du Deutéronome 7,6-11. 

Moïse disait au peuple : « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour être son peuple, son domaine particulier parmi tous les peuples de la terre. 

Si le Seigneur s’est attaché à vous, s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. 

C’est par amour pour vous, et pour tenir le serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a rachetés de la maison d’esclavage et de la main de Pharaon, roi d’Égypte. 

Tu sauras donc que c’est le Seigneur ton Dieu qui est Dieu, le Dieu vrai qui garde son Alliance et sa fidélité pour mille générations à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements. 

Mais il riposte à ses adversaires en les faisant périr, et sa riposte est immédiate. 

Tu garderas donc le commandement, les décrets et les ordonnances que je te prescris aujourd'hui de mettre en pratique. »


Psaume 103(102),1-2.3-4.6-7.8.10. 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 

bénis son nom très saint, tout mon être ! 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 

n'oublie aucun de ses bienfaits ! 


Car il pardonne toutes tes offenses 

et te guérit de toute maladie ; 

il réclame ta vie à la tombe 

et te couronne d'amour et de tendresse.


Le Seigneur fait œuvre de justice, 

il défend le droit des opprimés. 

Il révèle ses desseins à Moïse, 

aux enfants d'Israël ses hauts faits. 


Le Seigneur est tendresse et pitié, 

lent à la colère et plein d'amour ; 

il n'agit pas envers nous selon nos fautes, 

ne nous rend pas selon nos offenses. 




Première lettre de saint Jean 4,7-16. 

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. 

Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. 

Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. 

Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. 

Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. 

Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. 

Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. 

Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. 

Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. 

Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. 


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,25-30. 

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. 

Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. 

Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » 

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 

Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. 

Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » 



Commentaire du jour 

Sainte Gertrude d'Helfta (1256-1301), moniale bénédictine 

Les Exercices, 7 (trad. SC 127, p. 285 rev.)

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau »


      Toi qui as fait pour moi de si grandes et si belles choses que tu m'as obligée à ton service pour toujours, que te rendrai-je pour tant de bienfaits ? Quelles louanges et quelles actions de grâces pourrais-je t'offrir, même si je m'y dépensais mille fois ? Que suis-je moi, pauvre créature, en comparaison de toi, toi ma rédemption abondante ? Donc, mon âme que tu as rachetée, je te l'offrirai tout entière, je te ferai hommage de l'amour de mon cœur. Oui, transporte ma vie en toi, emporte-moi tout entière en toi et, m'enfermant en toi, fais que je ne sois qu'une même chose avec toi. 


      Ô Amour, ton ardeur divine m'a ouvert le cœur très doux de mon Jésus. Cœur source de douceur, cœur débordant de bonté, cœur surabondant de charité, cœur d'où coule goutte à goutte la bienveillance, cœur plein de miséricorde..., cœur très cher, je te prie d'absorber mon cœur tout entier en toi. Perle très chère de mon cœur, invite-moi à tes festins qui donnent la vie ; verse pour moi les vins de ta consolation... afin que la ruine de mon esprit soit remplie de ta charité divine, et que l'abondance de ton amour supplée à la pauvreté et à la misère de mon âme. 


      Cœur aimé par-dessus tout..., aie pitié de moi. Je t'en supplie, que la douceur de ta charité rende le courage à mon cœur. De grâce, que les entrailles de ta miséricorde s'émeuvent en ma faveur, car hélas, mes démérites sont nombreux, mes mérites sont nuls. Mon Jésus, que le mérite de ta mort précieuse, qui seul a eu le pouvoir d'acquitter la dette universelle, me remette tout ce que j'ai fait de mal... ; qu'il m'attire à toi si puissamment que, transformée totalement par la force de ton amour divin, je trouve grâce à tes yeux... Et donne-moi, cher Jésus, de t'aimer, toi seul en toutes choses et par-dessus toutes choses, de m'attacher à toi avec ferveur, d'espérer en toi, et de ne mettre à mon espérance aucune limite.



Le Saint du jour:


Sainte Audrey

( ... - 670 )


Audrey (PR : Adeltrude, Audric, Audrie, Audry, Autric, Etheldred) (23 juin) : princesse d’Est-Anglie, née à Exning, dans le Suffolk, fit un mariage blanc, avec son accord, avec le prince Tonbert, âgé. Veuve, elle refusa le mariage avec un prince de Northumbrie, et se réfugia dans un couvent, dans l’île d’Ely, qu’elle avait fondé sur les conseils de saint Wilfried, et y mourut en 670 (679). Nom diminutif d’Aethelhryth, issu du celtique "alt" (haut), "roen" (royal), ou du germain "adal" (noble), "hrod" (gloire). Invoquée contre les maux de gorge. Fête le 23 juin.







jeudi 22 juin


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,1-11. 

Frères, pourriez-vous supporter de ma part un peu de folie ? Oui, de ma part, vous allez le supporter, 

à cause de mon amour jaloux qui est l’amour même de Dieu pour vous. Car je vous ai unis au seul Époux : vous êtes la vierge pure que j’ai présentée au Christ. 

Mais j’ai bien peur qu’à l’exemple d’Ève séduite par la ruse du serpent, votre intelligence des choses ne se corrompe en perdant la simplicité et la pureté qu’il faut avoir à l’égard du Christ. 

En effet, si le premier venu vous annonce un autre Jésus, un Jésus que nous n’avons pas annoncé, si vous recevez un esprit différent de celui que vous avez reçu, ou un Évangile différent de celui que vous avez accueilli, vous le supportez fort bien ! 

J’estime, moi, que je ne suis inférieur en rien à tous ces super-apôtres. 

Je ne vaux peut-être pas grand-chose pour les discours, mais pour la connaissance de Dieu, c’est différent : nous vous l’avons montré en toute occasion et de toutes les façons. 

Aurais-je commis une faute lorsque, m’abaissant pour vous élever, je vous ai annoncé l’Évangile de Dieu gratuitement ? 

J’ai appauvri d’autres Églises en recevant d’elles l’argent nécessaire pour me mettre à votre service. 

Quand j’étais chez vous, et que je me suis trouvé dans le besoin, je n’ai été à charge de personne ; en effet, pour m’apporter ce dont j’avais besoin, des frères sont venus de Macédoine. En toute occasion, je me suis gardé d’être un poids pour vous, et je m’en garderai toujours. 

Aussi sûrement que la vérité du Christ est en moi, ce motif de fierté ne me sera enlevé dans aucune des régions de la Grèce. 

Pourquoi donc me comporter ainsi ? Serait-ce parce que je ne vous aime pas ? Mais si ! Et Dieu le sait. 


Psaume 111(110),1-2.3-4.7-8. 

De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur 

dans l'assemblée, parmi les justes. 

Grandes sont les œuvres du Seigneur ; 

tous ceux qui les aiment s'en instruisent. 


Noblesse et beauté dans ses actions : 

à jamais se maintiendra sa justice. 

De ses merveilles il a laissé un mémorial ; 

le Seigneur est tendresse et pitié. 


Justesse et sûreté, les œuvres de ses mains, 

sécurité, toutes ses lois, 

établies pour toujours et à jamais, 

accomplies avec droiture et sûreté ! 




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15. 

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. 

Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. 

Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, 

que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. 

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. 

Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. 

Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. 

Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. 

Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. » 



Commentaire du jour 

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l'Église 

Le Chemin de la perfection, ch. 27/29

« Quand vous priez, dites : 'Père' » (Lc 11,2)


      « Notre Père qui es aux cieux. » Ô mon Seigneur, comme il se voit bien que tu es le Père d'un tel Fils, et comme ton Fils manifeste bien qu'il est le Fils d'un tel Père ! Sois-en béni à jamais ! Cette phrase n'aurait-elle pas été une aussi grande faveur, Seigneur, si tu l'avais placée à la fin de cette prière ? Or, c'est dès le début que ta libéralité éclate par le don d'un tel bienfait. Notre esprit devrait en être tellement rempli, et notre volonté tellement pénétrée, qu'il nous soit impossible de proférer une parole. Ô mes filles, que ce serait bien ici le lieu de vous parler de la contemplation parfaite ! Comme il serait juste que l'âme rentre au-dedans d'elle-même pour s'élever au-dessus d'elle-même et apprendre du Fils béni où est ce lieu où, selon sa parole, se trouve son Père qui est dans les cieux ! ... 


      Ô Fils de Dieu, doux maître ! Dès cette première parole..., tu t'humilies au point d'unir tes demandes aux nôtres... Ne veux-tu pas que ton Père nous regarde comme ses enfants ? ... Dès lors qu'il est notre Père, il doit nous supporter, malgré la gravité de nos offenses. Il doit nous pardonner lorsque nous revenons à lui comme l'enfant prodigue. Il doit nous consoler dans nos épreuves. Il doit nous nourrir, comme il convient à un tel Père, car il est forcément meilleur que tous les pères qui sont ici-bas, puisqu'il possède nécessairement toute perfection ; et, en plus de tout cela, il doit nous rendre participants et cohéritiers de ses richesses avec toi... 


      Ô mon Jésus, je vois bien que tu as parlé comme un Fils chéri et pour toi et pour nous... Et vous, mes filles, n'est-il donc pas juste maintenant qu'en prononçant du bout des lèvres cette parole : « Notre Père », vous y apportiez toute votre attention pour la comprendre, et que votre cœur se brise de voir un si grand amour ?




Le Saint du jour:


Saint Thomas More

( 1478 - 1535 )


Saint Thomas More naquit à Londres, le 7 février 1478. Son père remplissait la fonction de juge, dans la capitale. Thomas passa quelques-unes de ses premières années en qualité de page, au service du cardinal Morton, alors archevêque de Cantorbéry et chancelier d’Angleterre. A l’âge de quatorze ans, il alla étudier à Oxford où il fit de sérieuses études juridiques et suivit les conférences sur la Cité de Dieu, de saint Augustin.


En 1501, Thomas More était reçu avocat et élu membre du Parlement trois ans plus tard. Après quelques années de mariage, il perdit sa femme et demeura seul avec ses quatre enfants : trois filles et un fils. Il ne se remariera que beaucoup plus tard, avec une veuve. En père vigilant, il veillait à ce que Dieu restât le centre de la vie de ses enfants. Le soir, il récitait la prière avec eux ; aux repas, une de ses filles lisait un passage de l’Ecriture Sainte et on discutait ensuite sur le texte en conversant gaiement. Jamais la science, ni la vertu, ne prirent un visage austère dans sa demeure ; sa piété n’en était cependant pas moins profonde. Saint Thomas More entendait la messe tous les jours ; en plus de ses prières du matin et du soir, il récitait les psaumes quotidiennement.


Sa valeur le fit nommer Maître des Requêtes et conseiller privé du roi. En 1529, Thomas More remplaça le défunt cardinal Wolsey dans la charge de Lord chancelier. Celui qui n’avait jamais recherché les honneurs ni désiré une haute situation se trouvait placé au sommet des dignités humaines. Les succès, pas plus que les afflictions, n’eurent de prise sur sa force de caractère.


Lorsque Henri VIII voulut divorcer pour épouser Anne Boleyn, et qu’il prétendit devant l’opposition formelle du pape, se proclamer chef de l’Eglise d’Angleterre, saint Thomas More blâma la conduite de son suzerain. Dès lors, les bonnes grâces du roi se changèrent en hostilité ouverte contre lui. Le roi le renvoya sans aucune ressource, car saint Thomas versait au fur à mesure tous ses revenus dans le sein des pauvres. Le jour où il apprit que ses granges avaient été incendiées, il écrivit à sa femme de rendre grâces à Dieu pour cette épreuve.


Le 12 avril 1554, l’ex-chancelier fut invité à prononcer le serment qui reconnaissait Anne Boleyn comme épouse légitime et rejetait l’autorité du pape. Saint Thomas rejeta noblement toute espèce de compromis avec sa conscience et refusa de donner son appui à l’adultère et au schisme. Après un second refus réitéré le 17 avril, on l’emprisonna à la Tour de Londres. Il vécut dans le recueillement et la prière durant les quatorze mois de son injuste incarcération.


Comme il avait fait de toute sa vie une préparation à l’éternité, la sérénité ne le quittait jamais. Il avoua bonnement : « Il me semble que Dieu fait de moi Son jouet et qu’Il me berce. » L’épreuve de la maladie s’ajouta bientôt à celle de la réclusion. Devenu semblable à un squelette, il ne cessa cependant de travailler en écrivant des traités moraux, un traité sur la Passion, et même de joyeuses satires.


L’intensité de sa prière conservait sa force d’âme : « Donne-moi Ta grâce, Dieu bon, pour que je compte pour rien le monde et fixe mon esprit sur Toi. » Il disait à sa chère fille Marguerite : « Si je sens la frayeur sur le point de me vaincre, je me rappellerai comment un souffle de vent faillit faire faire naufrage à Pierre parce que sa foi avait faibli. Je ferai donc comme lui, j’appellerai le Christ à mon secours. »


On accusa saint Thomas More de haute trahison parce qu’il niait la suprématie spirituelle du roi. Lorsque le simulacre de jugement qui le condamnait à être décapité fut terminé, le courageux confesseur de la foi n’eut que des paroles de réconfort pour tous ceux qui pleuraient sa mort imminente et injuste. A la foule des spectateurs, il demanda de prier pour lui et de porter témoignage qu’il mourait dans la foi et pour la foi de la Sainte Église catholique. Sir Kingston, connu pour son coeur impitoyable, lui fit ses adieux en sanglotant. Il récita pieusement le Miserere au pied de l’échafaud. Il demanda de l’aide pour monter sur l’échafaud : « Pour la descente, ajouta-t-il avec humour, je m’en tirerai bien tout seul. » Il embrassa son bourreau : « Courage, mon brave, n’aie pas peur, mais comme j’ai le cou très court, attention ! il y va de ton honneur. » Il se banda les yeux et se plaça lui-même sur la planche.


Béatifié par Léon XIII le 29 décembre 1886, sa canonisation eut lieu le 19 mai 1935.



mercredi 21 juin


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,6-11. 

Frères, rappelez-vous le proverbe : À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement. 

Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement. 

Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que vous ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut, et même que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien. 

L’Écriture dit en effet de l’homme juste : ‘Il distribue, il donne aux pauvres ; sa justice demeure à jamais.’ 

Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera la croissance à ce que vous accomplirez dans la justice. 

Il vous rendra riches en générosité de toute sorte, ce qui suscitera notre action de grâce envers Dieu. 


Psaume 112(111),1-2.3-4.5a.9. 

Heureux qui craint le Seigneur, 

qui aime entièrement sa volonté ! 

Sa lignée sera puissante sur la terre ; 

la race des justes est bénie. 


Les richesses affluent dans sa maison : 

à jamais se maintiendra sa justice. 

Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres, 

homme de justice, de tendresse et de pitié. 


L'homme de bien a pitié, il partage ; 

à pleines mains, il donne au pauvre ; 

à jamais se maintiendra sa justice, 

sa puissance grandira, et sa gloire ! 




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. 

Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. 

Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, 

afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. 

Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. 

Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. 

Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. 

Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; 

ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »



Commentaire du jour 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l'Europe 

La Prière de l'Eglise (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 70)

« Ton Père voit ce que tu fais en secret »


      Il n'est pas question de concevoir la prière intérieure, libre de toutes formes traditionnelles, comme une piété simplement subjective et de l'opposer à la liturgie, qui serait la prière objective de l'Église. Toute prière véritable est prière de l'Église ; à travers toute prière véritable, il se passe quelque chose dans l'Église et c'est l'Église elle-même qui prie car c'est l'Esprit Saint vivant en elle qui, en chaque âme unique, « intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Et voilà justement la prière véritable, car « sans le Saint Esprit, personne n'est capable de dire 'Jésus est le Seigneur' » (1Co 12,3). Que serait la prière de l'Église si elle n'était pas l'offrande de ceux qui, brûlant d'un grand amour, se donnent au Dieu qui est amour ? 


      Le don de soi à Dieu, par amour et sans limite, et le don divin en retour, l'union pleine et constante, est la plus haute élévation du cœur qui nous soit accessible, le plus haut degré de la prière. Les âmes qui l'ont atteint sont en vérité le cœur de l'Église ; en elles vit l'amour de Jésus grand prêtre. Cachées en Dieu avec le Christ (Col 3,3), elles ne peuvent que rayonner dans d'autres cœurs l'amour divin dont elles sont remplies et concourir ainsi à l'accomplissement de l'unité parfaite de tous en Dieu, ce qui était et demeure le grand désir de Jésus.




Le Saint du jour:

Saint Louis de Gonzague

( 1568 - 1591 )

Louis de Gonzague (21 juin), jésuite, né à Castiglione delle Stiviere, près de Mantoue, en 1568, fit voeu de chasteté à 11 ans, entra chez les Jésuites, et mourut à Rome en 1591, à 22 ans, victime de son dévouement aux pestiférés. Il fonda la congrégation des Frères de St Louis de Gonzague. Patron de la jeunesse étudiante. Fête le 21 juin.




mardi 20 juin


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,1-9. 

Frères, nous voulons vous faire connaître la grâce que Dieu a accordée aux Églises de Macédoine. 

Dans les multiples détresses qui les mettaient à l’épreuve, l’abondance de leur joie et leur extrême pauvreté ont débordé en trésors de générosité. 

Ils y ont mis tous leurs moyens, et davantage même, j’en suis témoin ; spontanément, 

avec grande insistance, ils nous ont demandé comme une grâce de pouvoir s’unir à nous pour aider les fidèles de Jérusalem. 

Au-delà même de nos espérances, ils se sont eux-mêmes donnés d’abord au Seigneur, et ensuite à nous, par la volonté de Dieu. 

Et comme Tite avait déjà commencé, chez vous, cette œuvre généreuse, nous lui avons demandé d’aller jusqu’au bout. 

Puisque vous avez tout en abondance, la foi, la Parole, la connaissance de Dieu, toute sorte d’empressement et l’amour qui vous vient de nous, qu’il y ait aussi abondance dans votre don généreux ! 

Ce n’est pas un ordre que je donne, mais je parle de l’empressement des autres pour vérifier l’authenticité de votre charité. 

Vous connaissez en effet le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. 


Psaume 146(145),2.5-6ab.6c-7.8-9a. 

Je veux louer le Seigneur 

tant que je vis, 

chanter mes hymnes pour mon Dieu 

tant que je dure. 


Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob, 

qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu. 

lui qui a fait le ciel et la terre 

et la mer et tout ce qu'ils renferment ! 


Il garde à jamais sa fidélité, 

il fait justice aux opprimés ; 

aux affamés, il donne le pain ; 

le Seigneur délie les enchaînés. 


Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, 

le Seigneur redresse les accablés, 

le Seigneur aime les justes, 

le Seigneur protège l'étranger. 




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. 

Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, 

afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. 

En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 

Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 

Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » 




Commentaire du jour 

Saint François d'Assise (1182-1226), fondateur des Frères mineurs 

Première Règle, §22 (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 74)

« Moi, je vous dis : aimez vos ennemis »


      Nous, tous les frères, considérons attentivement ce que dit le Seigneur : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ». Notre Seigneur Jésus Christ, dont nous devons suivre les traces (1P 2,21), a donné le nom d'ami à celui qui le trahissait (Mt 26,50), et il s'est offert de son plein gré à ceux qui allaient le crucifier. Ils sont donc nos amis, tous ceux qui nous infligent injustement tribulations et angoisses, affronts et injures, douleurs et tourments, martyre et mort. Nous devons les aimer beaucoup, car les coups qu'ils nous portent nous vaudront la vie éternelle.




Le Saint du jour:


Saint Sylvère

Pape et Martyr (+ 538)


Sylvère succéda au Pape Agapet, l’an 536, à une époque fort difficile, où l’Église était troublée par les intrigues et les hérésies. À voir la manière dont s’était faite l’élection de Sylvère, favorisée, imposée même par Théodat, roi des Goths, on eût pu craindre que le nouvel élu ne répondît pas à la sainteté de la mission ; mais il en fut tout autrement.


Dieu fit paraître en ce moment la puissance infinie de Sa grâce et l’attention providentielle qu’Il prête au choix des souverains pasteurs de Son Église ; car Sylvère fit éclater tant de vertus, il montra une vigueur si grande pour les intérêts de la religion, que ni l’exil, ni la perte des biens, ni les tourments les plus cruels, ni la mort même, ne furent capables d’abattre son courage et de lui arracher une décision contraire à son devoir.


L’impératrice de Constantinople, Théodora, ayant voulu obtenir de lui le rétablissement, sur le siège patriarcal de cette ville, d’un hérétique déposé par le Pape son prédécesseur, Sylvère lui déclara qu’il ne le pouvait pas. Ce fut contre lui le signal de la persécution ; Théodora le fit saisir, dépouiller de ses ornements pontificaux et revêtir d’un habit monastique, et un antipape, nommé Vigile, fut proclamé à sa place.


Sylvère, envoyé en exil à Patare, en Asie, fut sans doute attristé de la grave situation de l’Église ; mais, d’autre part, il eut une joie extrême de souffrir pour la défense de la foi, et il semblait personnellement aussi heureux dans les épreuves de l’exil que dans les gloires du pontificat. L’évêque de Patare le reçut d’une manière fort honorable et prit hardiment sa défense à la cour de Constantinople ; il menaça le faible empereur Justinien des jugements de Dieu, s’il ne réparait le scandale : "Il y a plusieurs rois dans le monde, lui dit-il, mais il n’y a qu’un Pape dans l’univers." Ces paroles, dans la bouche d’un évêque d’Orient, montrent bien que la suprématie du siège de Rome était reconnue partout.


Justinien, trompé jusqu’alors, se rendit aux observations de l’évêque, et peu après, malgré l’impératrice, Sylvère revint en Italie ; mais bientôt de nouvelles intrigues le conduisirent dans l’île déserte de Pontia, où il subit un second exil plus rigoureux que le premier. Au bout d’un an, ce bon Pape mourut de faim et des autres misères de l’exil.




lundi 19 juin


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 6,1-10. 

Frères, en tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. 

Car il dit dans l’Écriture : ‘Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru.’ Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. 

Pour que notre ministère ne soit pas exposé à la critique, nous veillons à ne choquer personne en rien. 

Au contraire, en tout, nous nous recommandons nous-mêmes comme des ministres de Dieu : par beaucoup d’endurance, dans les détresses, les difficultés, les angoisses, 

les coups, la prison, les émeutes, les fatigues, le manque de sommeil et de nourriture, 

par la chasteté, la connaissance, la patience et la bonté, la sainteté de l’esprit et la sincérité de l’amour, 

par une parole de vérité, par une puissance qui vient de Dieu ; nous nous présentons avec les armes de la justice pour l’attaque et la défense, 

dans la gloire et le mépris, dans la mauvaise et la bonne réputation. On nous traite d’imposteurs, et nous disons la vérité ; 

on nous prend pour des inconnus, et nous sommes très connus ; on nous croit mourants, et nous sommes bien vivants ; on nous punit, et nous ne sommes pas mis à mort ; 

on nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux ; pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout. 


Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4. 

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 

car il a fait des merveilles ; 

par son bras très saint, par sa main puissante, 

il s'est assuré la victoire. 


Le Seigneur a fait connaître sa victoire 

et révélé sa justice aux nations ; 

il s'est rappelé sa fidélité, son amour, 

en faveur de la maison d'Israël.


La terre tout entière a vu 

la victoire de notre Dieu. 

Acclamez le Seigneur, terre entière, 

sonnez, chantez, jouez !




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-42. 

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. 

Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. 

Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. 

Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. 

À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! » 



Commentaire du jour 

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église 

Poésies « Vivre d'amour » et « Pourquoi je t'aime, ô Marie » (OC, Cerf DDB 1996, p. 668)

« Laisse-lui encore ton manteau »


Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure 

Sans réclamer de salaire ici-bas. 

Ah ! sans compter je donne, étant bien sûre 

Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas ! 

Au Cœur Divin, débordant de tendresse, 

J'ai tout donné.... légèrement je cours 

Je n'ai plus rien que ma seule richesse : 

Vivre d'Amour. 


Vivre d'Amour, c'est bannir toute crainte, 

Tout souvenir des fautes du passé. 

De mes péchés je ne vois nulle empreinte, 

En un instant l'amour a tout brûlé ! 

Flamme divine, ô très douce fournaise, 

En ton foyer je fixe mon séjour. 

C'est en tes feux que je chante à mon aise (cf Dn 3,51) : 

« Je vis d'Amour ! »... 


« Vivre d'Amour, quelle étrange folie ! » 

Me dit le monde. « Ah ! cessez de chanter, 

« Ne perdez pas vos parfums, votre vie : 

« Utilement sachez les employer ! » 

T'aimer, Jésus, quelle perte féconde ! 

Tous mes parfums sont à toi sans retour, 

Je veux chanter en sortant de ce monde : 

« Je meurs d'Amour ! » 


Aimer c'est tout donner et se donner soi-même.



Le Saint du jour:


Saint Romuald

Abbé (906-1027)


Saint Romuald naquit à Ravenne, en 906, d’une des plus illustres familles d’Italie. Sa jeunesse fut orageuse, mais bientôt la grâce, qui le poursuivait, triompha de ses résistances, et il racheta son passé par les plus effrayantes austérités.


Après avoir vécu sept ans dans un monastère de Saint-Benoît, il se sentit inspiré de mener la vie solitaire, et alla habiter avec un saint homme qui lui faisait réciter chaque jour de mémoire tout le psautier. Quand il faisait quelque faute, l’ermite, toujours armé d’une verge, lui donnait un rude coup sur l’oreille gauche. Romuald souffrait patiemment ; cependant un jour, s’apercevant qu’il perdait l’ouïe du côté gauche, il pria le rude vieillard de le frapper sur l’oreille droite. Ce fait suppose un grand progrès dans la vertu.


Bientôt Romuald devint le chef d’une foule de solitaires ; il réforma et fonda un grand nombre de monastères, et établit enfin l’Ordre des Camaldules.


Dieu éprouva sa vertu par les terribles assauts du démon, qui lui demandait à quoi servaient tant de prières et de pénitences. Les victoires du Saint rendaient son ennemi plus furieux, et plus d’une fois il fut battu et foulé aux pieds par des esprits malins revêtus des formes les plus fantastiques : "Quoi ! disait Romuald au démon, en se moquant de lui, tu as été chassé du Ciel et tu viens au désert montrer ta honte ! Va-t-en, bête immonde, vilain serpent !"


Notre Saint jouit à un haut degré du don des larmes ; il ne pouvait célébrer la Messe sans pleurer, et, pendant son oraison, vaincu par l’émotion et ravi en extase, il s’écriait : "Jésus, mon cher Jésus ! Ô doux miel, ineffable désir, délices des Saints, suavité des Anges !"


Arrivé à une extrême vieillesse, il jeûnait encore tous les jours, et, pendant le carême, il se contentait d’une écuelle de légumes à son unique repas. Quelquefois il demandait certains mets afin de les voir, d’en faire le sacrifice à Dieu et de se moquer de la sensualité : "Voilà un bon morceau bien apprêté, Romuald, disait-il ; tu le trouverais bien de ton goût, n’est-ce pas ? Eh bien ! Tu n’y toucheras pas, et tu n’en auras eu la vue que pour te mortifier davantage."


Il faisait tant et de si grands miracles que toute la nature semblait lui être soumise. Cet illustre athlète de la pénitence, malgré ses austérités étonnantes, mourut à l’âge de cent vingt ans, dont quatre-vingt-treize ans dans la vie érémitique.




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