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jeudi 14 décembre


Livre d'Isaïe 41,13-20. 

C’est moi, le Seigneur ton Dieu, qui saisis ta main droite, et qui te dis : « Ne crains pas, moi, je viens à ton aide. » 

Ne crains pas, Jacob, pauvre vermisseau, Israël, pauvre mortel. Je viens à ton aide – oracle du Seigneur ; ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël. 

J’ai fait de toi un traîneau à battre le grain, tout neuf, à double rang de pointes : tu vas briser les montagnes, les broyer ; tu réduiras les collines en menue paille ; 

tu les vanneras, un souffle les emportera, un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur ; dans le Saint d’Israël, tu trouveras ta louange. 

Les pauvres et les malheureux cherchent de l’eau, et il n’y en a pas ; leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je les exaucerai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. 

Sur les hauteurs dénudées je ferai jaillir des fleuves, et des sources au creux des vallées. Je changerai le désert en lac, et la terre aride en fontaines. 

Je planterai dans le désert le cèdre et l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai ensemble dans les terres incultes le cyprès, l’orme et le mélèze, 

afin que tous regardent et reconnaissent, afin qu’ils considèrent et comprennent que la main du Seigneur a fait cela, que le Saint d’Israël en est le créateur. 


Psaume 145(144),1.9.10-11.12-13ab. 

Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi, 

je bénirai ton nom toujours et à jamais ! 

la bonté du Seigneur est pour tous, 

sa tendresse, pour toutes ses œuvres. 


Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce 

et que tes fidèles te bénissent ! 

Ils diront la gloire de ton règne, 

ils parleront de tes exploits.


Ils annonceront aux hommes tes exploits, 

la gloire et l'éclat de ton règne : 

ton règne, un règne éternel, 

ton empire, pour les âges des âges. 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,11-15. 

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : 

« Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. 


Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. 

Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. 

Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. 

Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »



Commentaire du jour 

Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien 

3e Sermon pour la Nativité de St Jean Baptiste, 1-2 ; PL 185, 169 (trad. cf Orval et SC 202, p. 339)

« Jean était la lampe qui brûle et qui éclaire » (Jn 5,35)


      Quand la Justice souveraine dit à Noé : « Tu as été juste à mes yeux » (Gn 7,1), c'est un grand éloge de sa justice. C'est le signe d'un bien grand mérite, quand Dieu assure à Abraham que c'est à cause de lui que ses promesses seraient accomplies... Quelle gloire pour Moïse, quand Dieu brûle de zèle pour le défendre et confondre ses ennemis (cf Nb 12,6s)... Et que dire de David en qui le Seigneur se félicite d'avoir trouvé « un homme selon son cœur » ? (1 Sm 13,14) 


      Et pourtant, quelle qu'ait été la grandeur de ces hommes, ni parmi eux ni parmi les autres « enfants des femmes », « aucun n'a existé de plus grand que Jean Baptiste », au témoignage de l'Enfant de la Vierge. Certes, les étoiles n'ont pas toutes le même éclat (1Co 15,41), et dans le chœur des saints astres qui ont éclairé la nuit de ce monde avant le lever du vrai Soleil, quelques-uns ont brillé d'un éclat admirable. Cependant aucun d'entre eux n'a été plus grand et plus resplendissant que cette étoile du matin, cette lampe ardente et lumineuse préparée par Dieu pour son Christ (cf Ps 131,17). Première lumière du matin, étoile de l'aurore, précurseur du Soleil, il annonce aux mortels l'imminence du jour et crie à ceux qui dorment « dans les ténèbres et l'ombre de la mort » (Lc 1,79) : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux approche » (Mt 3,2). C'est comme s'il disait : « La nuit est avancée, le jour approche ; rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière » (Rm 13,12). « Éveille-toi, toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera » (Ep 5,14).




Le Saint du jour:


Saint Jean de la Croix

(1542-1591)

Enfant de Castille, né de parents pauvres, il entra au Carmel à 21 ans et alla étudier à Salamanque.Peu de temps après son ordination, il fit la rencontre de Sainte Thérèse d’Avila et va, avec son aide, réformer la branche masculine du Carmel. A la mort de Thérèse, en 1582, il prend le nom de Jean de la Croix et se retira avec 2 amis dans une petite maison que leur avait cédée Thérèse.Les réformes qu’il propose rencontrèrent de nombreuses oppositions chez les carmes et on alla jusqu’à l’enfermer dans un cachot du couvent de Tolède. Il y écrivit ses plus beaux poèmes mais réussit à s’évader 9 mois plus tard. Au fil du temps, sa réforme fut acceptée et Jean reçt plusieurs charges dans l’ordre.Pourtant, rejeté à nouveau des siens, il finira sa vie au fond de l’Andalousie.



mercredi 13 décembre


Livre d'Isaïe 40,25-31. 

À qui pourriez-vous me comparer, qui pourrait être mon égal ? – dit le Dieu Saint. 

Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom. Si grande est sa force, et telle est sa puissance que pas une seule ne manque. 

Jacob, pourquoi dis-tu, Israël, pourquoi affirmes-tu : « Mon chemin est caché au Seigneur, mon droit échappe à mon Dieu » ? 

Tu ne le sais donc pas, tu ne l’as pas entendu ? Le Seigneur est le Dieu éternel, il crée jusqu’aux extrémités de la terre, il ne se fatigue pas, ne se lasse pas. Son intelligence est insondable. 

Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible. 

Les garçons se fatiguent, se lassent, et les jeunes gens ne cessent de trébucher, 

mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer. 


Psaume 103(102),1-2.3-4.8.10. 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 

bénis son nom très saint, tout mon être ! 

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 

n'oublie aucun de ses bienfaits ! 


Car il pardonne toutes tes offenses 

et te guérit de toute maladie ; 

il réclame ta vie à la tombe 

et te couronne d'amour et de tendresse.


Le Seigneur est tendresse et pitié, 

lent à la colère et plein d'amour ; 

il n'agit pas envers nous selon nos fautes, 

ne nous rend pas selon nos offenses. 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30. 

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 

Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. 

Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » 



Commentaire du jour 

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église 

De la vie parfaite, II §1,3,4, (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, Sté S. François d'Assise, 1931 ; pp.51-52, rev.)

L'humilité du Fils de Dieu


      Celui qui considère ses propres défauts des yeux du cœur doit « s'humilier en vérité sous la puissante main de Dieu ». Aussi, je vous exhorte, vous qui êtes la servante de Dieu, lorsque vous connaîtrez avec certitude vos défauts, à humilier profondément votre âme, et à vous mépriser vous-même. Car « l'humilité est une vertu, dit Saint Bernard, par laquelle l'homme se tient pour vil, grâce à une très exacte connaissance de lui-même ». Par cette humilité, notre Père, le bienheureux François, devint vil à ses propres yeux. Il l'aima et la rechercha depuis les commencements de sa vie religieuse jusqu'à la fin. Pour elle, il quitta le monde, se fit traîner nu dans les rues de la ville, servit les lépreux, confessa ses péchés dans ses prédications et demanda qu'on le couvrît d'opprobres. 


      Mais c'est surtout du Fils de Dieu que vous devez apprendre cette vertu. Il dit lui-même : « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », car, selon le bienheureux Grégoire : « celui qui amasse des vertus sans humilité, lance de la poussière contre le vent ». De même que l'orgueil est le principe de tout péché, de même en effet, l'humilité est le fondement de toutes les vertus.




Le Saint du jour:


Sainte Lucie

Vierge et Martyre (+ 305)


Lucie, jeune fille de Syracuse, vint à Catane, au tombeau de sainte Agathe, avec sa mère qui souffrait d’un flux de sang incurable. Après avoir prié un instant, Lucie s’endormit et vit en songe sainte Agathe qui lui dit : "Lucie, ma soeur, pourquoi me demander ce que ta foi a pu obtenir par elle-même ? Ta mère est guérie. Tu seras bientôt la gloire de Syracuse comme je suis la gloire de Catane." Lucie en échange de la guérison de sa mère, lui demanda et obtint la grâce de garder sa virginité. De retour à Syracuse, elle se défit de ses bijoux, vendit tous ses biens, et ne tarda pas à être dénoncée comme chrétienne par son propre fiancé.


Le gouverneur fait venir Lucie à son tribunal et lui ordonne de sacrifier aux dieux ; Lucie demeure invincible devant toutes les menaces. Les bourreaux la saisissent pour l’entraîner en un mauvais lieu ; mais, malgré leurs efforts, elle reste inébranlable comme un rocher. On la tire avec des cordes attachées à ses pieds et à ses mains sans plus de succès. On attelle plusieurs paires de boeufs pour l’ébranler ; mais toute la vigueur de ces robustes animaux ne produit aucun effet :

"Quels maléfices emploies-tu donc ? dit à Lucie le préfet exaspéré.

- Je ne recours point aux maléfices, dit-elle, mais la puissance de Dieu est avec moi.

- Comment peux-tu, femme de rien, triompher d’un millier d’hommes ?

- Fais-en venir dix mille, et ils ne pourront lutter contre Dieu." Lucie est alors couverte d’huile, de poix et de résine, et on y met le feu ; mais la flamme respecte la vierge. Enfin elle meurt d’un coup d’épée en prédisant la paix dans l’Église.



mardi 12 décembre


Livre d'Isaïe 40,1-11. 

Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – 

parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes. 

Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. 

Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! 

Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. » 

Une voix dit : « Proclame ! » Et je dis : « Que vais-je proclamer ? » Toute chair est comme l’herbe, toute sa grâce, comme la fleur des champs : 

l’herbe se dessèche et la fleur se fane quand passe sur elle le souffle du Seigneur. Oui, le peuple est comme l’herbe : 

l’herbe se dessèche et la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours. 

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » 

Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. 

Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. 


Psaume 96(95),1-2a.3a.10ac.11-12a.12b-13ab. 

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 

chantez au Seigneur, terre entière,

chantez au Seigneur et bénissez son nom !


Racontez à tous les peuples sa gloire, 

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » 

Il gouverne les peuples avec droiture. 


Joie au ciel ! Exulte la terre ! 

Les masses de la mer mugissent, 

la campagne tout entière est en fête. 


Les arbres des forêts dansent de joie 

devant la face du Seigneur, car il vient, 

car il vient pour juger la terre.




Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,12-14. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quel est votre avis ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? 

Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. 

Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. » 




Commentaire du jour 

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église 

Sermon 1 pour l'Avent, 7-8 (trad. Orval)

« Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu »


      « Voici que le nom du Seigneur vient de loin » dit le prophète (Is 30,27). Qui pourrait en douter ? Il fallait à l'origine quelque chose de grand pour que la majesté de Dieu daigne descendre de si loin en un séjour si indigne d'elle. Oui, effectivement, il y avait là quelque chose de grand : sa grande miséricorde, son immense compassion, sa charité abondante. En effet, dans quel but croyons-nous que le Christ est venu ? Nous le trouverons sans peine puisque ses propres paroles et ses propres œuvres nous dévoilent clairement la raison de sa venue. Il est venu en toute hâte des montagnes pour chercher la centième brebis égarée. 


      Il est venu à cause de nous pour que les miséricordes du Seigneur apparaissent avec plus d'évidence, ainsi que ses merveilles à l'égard des enfants des hommes (Ps 106,8). Admirable condescendance de Dieu qui nous cherche, et grande dignité de l'homme ainsi recherché ! Si celui-ci veut s'en glorifier, il peut le faire sans folie, non que de lui-même il puisse être quelque chose, mais parce que celui qui l'a créé l'a fait si grand. En effet, toutes les richesses, toute la gloire de ce monde et tout ce qu'on peut y désirer, tout cela est peu de chose et même n'est rien en comparaison de cette gloire-là. « Qu'est-ce donc que l'homme, Seigneur, pour en faire si grand cas, pour fixer sur lui ton attention ? » (Jb 7,17)




Le Saint du jour:


Ste Jeanne de Chantal

Fondatrice d’Ordre (1572-1641)


Jeanne-Françoise Fremiot, agée de vingt ans, fut donnée en mariage au baron de Chantal. Dieu donna de nombreux et charmants enfants à ces époux ; rien ne manquait à leur bonheur, quand une catastrophe épouvantable vint le briser : le baron fut blessé à la chasse, par accident, de la main d’un de ses amis, et mourut pieusement quelques jours après. Jeanne avait vingt-huit ans ; elle reçut le coup terrible sans faiblir et fit à Dieu, à l’instant même, le voeu de chasteté parfaite, se traça un plan de vie austère, se vêtit sans luxe, porta le cilice et se donna tout entière à sa sanctification et à l’éducation de ses enfants.


Dieu lui fit bientôt rencontrer saint François de Sales, à Dijon même ; dès lors elle se mit sous sa direction, et sa vie s’éleva rapidement à une perfection supérieure : "J’ai trouvé à Dijon, pouvait dire le Saint, la femme forte, en Mme de Chantal."


Après avoir montré au monde le modèle de la mère chrétienne, Dieu va faire éclater en l’illustre Sainte le modèle sublime de la perfection religieuse. Elle devint fondatrice de l’Ordre de la Visitation. La séparation fut pour elle un sacrifice sublime ; il lui fallut résister aux larmes de son fils aîné, qui s’était couché sur le seuil de la porte, criant : "Maman, ne me quittez pas !".


Elle en vint à faire le voeu de choisir toujours ce qui lui paraîtrait le plus parfait. L’amour de Dieu possédait son âme au point qu’elle n’en pouvait supporter l’ardeur. "Ah ! disait-elle, si le monde connaissait la douceur d’aimer Dieu, il mourrait d’amour !".




lundi 11 décembre



Livre d'Isaïe 35,1-10. 

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, 

qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. 

Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, 

dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » 

Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. 

Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride. 

La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes. Dans le séjour où gîtent les chacals, l’herbe deviendra des roseaux et des joncs. 

Là, il y aura une chaussée, une voie qu’on appellera « la Voie sacrée ». L’homme impur n’y passera pas – il suit sa propre voie – et les insensés ne viendront pas s’y égarer. 

Là, il n’y aura pas de lion, aucune bête féroce ne surgira, il ne s’en trouvera pas ; mais les rachetés y marcheront. 

Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient. 


Psaume 85(84),9ab.10.11-12.13-14. 

J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ?

Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles.

Son salut est proche de ceux qui le craignent, 

et la gloire habitera notre terre. 


Amour et vérité se rencontrent, 

justice et paix s'embrassent ; 

la vérité germera de la terre 

et du ciel se penchera la justice. 


Le Seigneur donnera ses bienfaits, 

et notre terre donnera son fruit. 

La justice marchera devant lui, 

et ses pas traceront le chemin. 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,17-26. 

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons.

Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus.

Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.

Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. »

Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ?»

Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ?

Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ?

Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s’adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »

À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu.

Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »



Commentaire du jour 

Saint Grégoire d'Agrigente (v. 559-v. 594), évêque 

Sur l'Écclésiaste, livre 10, 2 ; PG 98, 1138 (trad. Orval)

« Aujourd'hui nous avons vu des choses extraordinaires ! »


      Douce est la lumière, et il est bon de contempler le soleil avec nos yeux de chair...; c'est pourquoi Moïse disait déjà : « Et Dieu vit la lumière, et il dit qu'elle était bonne » (Gn 1,4)... 


      Qu'il nous est bon de penser à la grande, véritable et indéfectible lumière « qui éclaire tout homme venant en ce monde » (Jn 1,9), c'est-à-dire le Christ, le Sauveur du monde et son libérateur. Après s'être dévoilé aux regards des prophètes, il s'est fait homme et il a pénétré jusqu'aux dernières profondeurs de la condition humaine. C'est de lui que parle le prophète David : « Chantez à Dieu un psaume pour son nom, préparez un passage pour celui qui monte à l'occident ; son nom est Seigneur, exultez en sa présence » (Ps 67,5 Vulg). Et encore Isaïe, de sa grande voix : « Peuples assis dans les ténèbres, regardez cette lumière. Pour vous qui habitez au pays de l'ombre de la mort, une lumière resplendira » (cf 9,1)... 


      Ainsi donc, la lumière du soleil vue par nos yeux de chair annonce le Soleil spirituel de justice (Ml 3,20), le plus doux qui se soit levé pour ceux qui ont eu le bonheur d'être instruits par lui et de le regarder avec leurs yeux de chair, pendant qu'il séjournait parmi les hommes comme un homme ordinaire. Et pourtant il n'était pas seulement un homme ordinaire, puisqu'il était né vrai Dieu, capable de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux, de faire entendre les sourds, de purifier les lépreux et de ramener d'un mot les morts à la vie (Lc 7,22).




Le Saint du jour:


Saint Damase

Pape, (304-384)

On convient que saint Damase était d’origine espagnole, quoiqu’on ne sache pas précisément en quelle ville ni en quelle province il naquit, vers l’an 304. Étant venu à Rome avec sa famille, il entra dans les Ordres sacrés et devint par ses mérites un des membres les plus considérables du clergé. Le pape saint Libère en fit son archidiacre ou vicaire général et lui confia la charge de nonce apostolique auprès des empereurs Valens et Valentinien.


En 355, Libère, gardien de la foi de Nicée et défenseur de saint Athanase, fut enlevé de son siège par ordre de l’empereur Constance. Ne se contentant pas de témoigner de sa fidélité au souverain pontife, Damase voulut l’accompagner quelque temps jusqu’en Thrace où il souffrit l’exil et la mort. Après le décès du Saint-Père, saint Damase, alors âgé de soixante-deux ans, fut élu pour lui succéder.


Ursin ou Ursicin, diacre ambitieux qui convoitait la haute dignité de souverain pontife, se fit élire antipape. Jaloux de l’ascendant moral dont jouissait saint Damase, Ursin le fit accuser d’adultère. Le saint pontife ne se troubla point de cette noire calomnie, mais pour le bien de l’Église, il assembla à Rome un synode de quarante-quatre évêques où il se justifia pleinement. Ses accusateurs furent excommuniés et chassés de la ville éternelle.


Malgré ces difficultés, saint Damase donna tout son éclat à la papauté au IVe siècle. En 369, sur le conseil de saint Athanase, il convoqua un concile à Rome où il condamna les décrets du faux concile de Rimini dans lequel la profession de foi du concile de Nicée avait été rejetée, et déposa Auxence, évêque arien de Milan. En 373, dans un deuxième concile toujours tenu à Rome, il condamna les nombreuses hérésies qui infectaient alors l’Église d’Orient, surtout celle d’Apollinaire qui prétendait que le corps de Jésus-Christ n’avait pas été formé dans le sein de Marie, et qu’en la personne du Christ, le Verbe tenait lieu de l’entendement humain. Durant ce même concile, saint Damase promulgua la liste des Livres de l’Ancien et du Nouveau Testament reconnus comme divinement inspirés. Ce saint pape régla aussi la psalmodie et introduisit l’usage de terminer tous les psaumes par le Gloria Patri.


En 381, après avoir convaincu d’hérésie les évêques Pallade et Secondien, saint Damase tint le second concile général de l’Église dans la ville d’Aquilée, afin de remédier au schisme qui affligeait depuis longtemps l’Église d’Antioche. Cette réunion au sommet se composait de cent cinquante évêques d’Orient. Arius et le prince Macédonius furent condamnés, leurs erreurs démasquées, et la foi orthodoxe ressuscita plus forte et plus belle qu’auparavant. Le saint pape Damase mourut octogénaire, après avoir gouverné pendant dix-huit ans l’Église de Jésus-Christ avec un dévouement inlassable et une sagesse éprouvée.





dimanche 10 décembre


Livre d'Isaïe 40,1-5.9-11. 

Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – 

parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes. 

Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. 

Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! 

Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. » 

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » 

Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. 

Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. 


Psaume 85(84),9ab-10.11-12.13-14. 

J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ?

Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles.

Son salut est proche de ceux qui le craignent, 

et la gloire habitera notre terre. 


Amour et vérité se rencontrent, 

justice et paix s'embrassent ; 

la vérité germera de la terre 

et du ciel se penchera la justice. 


Le Seigneur donnera ses bienfaits, 

et notre terre donnera son fruit. 

La justice marchera devant lui, 

et ses pas traceront le chemin. 




Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 3,8-14. 

Bien-aimés, il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. 

Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. 

Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper. 

Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété, 

vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion. 

Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. 

C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant cela, faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix. 


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,1-8. 

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. 

Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. 

Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. 

Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. 

Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. 

Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. 

Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. 

Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » 



Commentaire du jour 

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église 

Sermon pour le 4e dimanche de l'Avent

« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route »


      Lorsque le peuple d'Israël fut mené en servitude par les païens et envoyé captif parmi les Perses et les Mèdes, après une longue captivité, le bon roi Cyrus se résolut de les tirer de cette servitude et de les ramener en Terre Promise. Avec une divine poésie, le prophète Isaïe entonna ces belles paroles : « Peuple d'Israël, consolez-vous, consolez-vous, dit le Seigneur notre Dieu ; votre consolation ne sera ni vaine ni inutile. Parlez au cœur de Jérusalem car sa malice est accomplie. Et parce que son iniquité est arrivée à son comble, elle lui sera pardonnée. » Et pour cela, disait ce grand prophète au peuple d'Israël, « aplanissez vos voies et redressez vos chemins » (cf 40,1s)... 


      Pourquoi est-ce que Dieu dit qu'il pardonnera au peuple d'Israël leurs iniquités, parce qu'ils sont venus au comble de leur malice ? Les anciens Pères enseignent que ces paroles peuvent s'entendre comme si Dieu disait : « Lorsqu'ils sont au plus fort de leurs afflictions, et qu'ils sentent vivement le fardeau de leurs iniquités en cet esclavage et cette servitude, après les avoir punis de leur méchanceté, je les ai regardés et en ai eu compassion. Arrivés au plus mauvais de leurs jours, je me suis contenté de ce qu'ils ont souffert ; et pour cela, maintenant leurs iniquités leur seront pardonnées... Lorsqu'ils sont venus au comble de leur ingratitude, lorsqu'ils ne semblent plus avoir aucun souvenir ni mémoire de Dieu et de ses bienfaits, leur iniquité leur sera pardonnée »... Quand la Providence de Dieu a voulu montrer aux hommes sa bonté, cela a été une chose admirable, car il n'a voulu qu'aucun motif ne l'induise à le faire. Sans être poussé d'autre cause que sa seule bonté, il s'est communiqué à eux d'une façon tout à fait merveilleuse. 


      Lorsqu'il est venu en ce monde, c'était au temps où les hommes étaient arrivés au comble de leur malice ; lorsque les lois étaient entre les mains d'Anne et de Caïphe, lorsque Hérode régnait et que Ponce Pilate présidait en Judée, ce fut en ce temps-là que Dieu est venu au monde pour nous racheter et nous délivrer de la tyrannie du péché et de la servitude de notre ennemi.




Le saint du jour


Sainte Léocadie

Sainte Léocadie était de Tolède, en Espagne. Dès son enfance, elle s’adonna avec tant de dévotion au service de Notre-Seigneur, qu’on la regardait comme un modèle d’innocence et de piété. Le persécuteur Dacien la fit comparaître à son tribunal, et, sachant qu’elle était de haute condition, il lui reprocha de s’être attachée à une religion vile et méprisable. Léocadie lui répondit qu’elle s’estimait très heureuse et très honorée d’être la servante de Jésus-Christ, et que ni les supplices ni la mort ne pourraient la faire renoncer à sa religion.


Le tyran ordonna de la fouetter comme une esclave, et la fit reconduire, toute sanglante, dans une noire prison, en attendant de plus cruelles tortures. Sur le chemin, elle rencontra des chrétiens qui s’apitoyaient sur son sort : "Réjouissez-vous plutôt, leur dit-elle, car c’est une grande grâce d’endurer quelque chose pour Jésus-Christ." Cependant Léocadie apprit, dans sa prison, toutes les cruautés que l’on exerçait en Espagne contre les chrétiens. Elle en fut tellement saisie de douleur, qu’elle pria son Époux céleste de la retirer du monde. Sa prière fut exaucée ; elle expira bientôt en baisant une Croix qu’elle avait miraculeusement gravée sur la pierre avec son doigt.




samedi 9 décembre


Livre d'Isaïe 30,19-21.23-26. 

Ainsi parle le Seigneur, le Dieu saint d'Israël : 

Peuple de Sion, toi qui habites Jérusalem, tu ne pleureras jamais plus. À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce. Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra. 

Le Seigneur te donnera du pain dans la détresse, et de l’eau dans l’épreuve. Celui qui t’instruit ne se dérobera plus et tes yeux le verront. 

Tes oreilles entendront derrière toi une parole : « Voici le chemin, prends-le ! », et cela, que tu ailles à droite ou à gauche. 

Le Seigneur te donnera la pluie pour la semence que tu auras jetée en terre, et le pain que produira la terre sera riche et nourrissant. Ton bétail ira paître, ce jour-là, sur de vastes pâturages. 

Les bœufs et les ânes qui travaillent dans les champs mangeront un fourrage salé, étalé avec la pelle et la fourche. 

Sur toute haute montagne, sur toute colline élevée couleront des ruisseaux, au jour du grand massacre, quand tomberont les tours de défense. 

La lune brillera comme le soleil, le soleil brillera sept fois plus, – autant que sept jours de lumière – le jour où le Seigneur pansera les plaies de son peuple et guérira ses meurtrissures. 


Psaume 147(146),1-2.3-4.5-6. 

Il est bon de fêter notre Dieu, 

il est beau de chanter sa louange ! 

Le Seigneur rebâtit Jérusalem, 

il rassemble les déportés d'Israël. 


Il guérit les cœurs brisés 

et soigne leurs blessures. 

Il compte le nombre des étoiles, 

il donne à chacune un nom.


Il est grand, il est fort, notre Maître : 

nul n'a mesuré son intelligence. 

Le Seigneur élève les humbles 

et rabaisse jusqu'à terre les impies. 




Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,35-38.10,1.5a.6-8. 

En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. 

Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. 

Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. 

Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » 

Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. 

Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : 

« Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. 

Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »

Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »




Commentaire du jour 

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église 

Sur l'avènement du Christ, sermon 19, 7.8 (Œuvres complètes de saint Augustin, 6e série, 4e supplément ; trad. Bardot et Aubert, rev.)

« Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades »


      Frères, j'entends quelqu'un murmurer aujourd'hui contre Dieu : « Seigneur, que les temps sont durs ; quelle époque difficile à traverser ! » ... Homme qui ne te corrige pas, n'es-tu pas mille fois plus dur que le temps que nous vivons ? Toi qui soupires après le luxe, après ce qui n'est que vanité, toi dont la cupidité est toujours insatiable, toi qui veux faire un mauvais usage de ce que tu désires, tu n'obtiendras rien... 


      Guérissons-nous, frères ! Corrigeons-nous ! Le Seigneur va venir. Parce qu'il n'apparaît pas encore on se moque de lui ; pourtant il ne va pas tarder à venir, et alors ce ne sera plus le moment de s'en moquer. Frères, corrigeons-nous ! Un temps meilleur va venir, mais non pas pour ceux qui vivent mal. Déjà le monde vieillit, il tourne à la décrépitude ; et nous, allons-nous redevenir jeunes ? Qu'espérons-nous donc ? Frères, n'espérons plus d'autres temps que ceux dont nous parle l'Évangile. Ils ne sont point mauvais car le Christ vient ! S'ils nous semblent durs, difficiles à traverser, Christ vient nous réconforter... 


      Frères, il faut que les temps soient durs. Pourquoi donc ? Pour qu'on ne cherche pas le bonheur en ce monde. C'est là notre remède : il faut que cette vie soit agitée, pour qu'on s'attache à l'autre vie. Comment ? Écoutez... Dieu voit les hommes s'agiter misérablement sous l'étreinte de leurs désirs et des soucis de ce monde qui donnent la mort à leur âme ; alors le Seigneur vient à eux comme un médecin qui apporte le remède.




Le Saint du jour:


Saint Pierre Fourier

Fondateur de la Congrégation de Notre-Dame (+ 1640)

C’est à Mirecourt, en Lorraine indépendante, que naquit, le 30 novembre 1565, Pierre Fourier, de parents foncièrement chrétiens. Ceux-ci voulurent nommer leurs trois fils, Pierre, Jacques et Jean, “afin qu’autant de fois ils se souviendraient d’eux-mêmes, ils fussent poussés à ne pas se contenter d’une vertu médiocre”.


Pierre mit généreusement à profit ces leçons : ferveur dans la prière, obéissance prompte et affectueuse, douceur inaltérable, fuite des plus innocentes familiarités et des moindres mensonges. A quinze ans son père le conduisit à l’Université de Pont-à-Mousson. Son séjour se résume dans cet éloge décerné par ses maîtres : “Ou il prie, ou il étudie.”


Pierre Fourier entra ensuite chez les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin : il était appelé à travailler à la réforme de cet Ordre alors fort relâché. Après six ans d’études théologiques à Pont-à-Mousson, il rentra au monastère. Sa ferveur fit scandale parmi ses confrères ; il dut se retirer, et accepta la petite paroisse de Mattaincourt, aussi indifférente que dépravée.


Le premier sermon du nouveau curé de Mattaincourt fut si pathétique qu’après quarante ans on s’en souvenait encore. Mais personne ne le retint autant que Pierre Fourier lui-même, pour le réaliser dans sa conduite. Brûlant d’amour pour Dieu et le prochain, il se met à l’oeuvre avec un courage et une persévérance qui ne se démentent jamais. Il ménage le temps comme un baume précieux dont il ne faut pas, dit-il perdre une seule goutte à escient.


Attentif au bien des âmes, il l’est aussi à celui des corps : il secourt ses paroissiens dans leurs nécessités, leurs embarras, leurs discordes, leurs intérêts, pour la sauvegarde desquels il fonde la Bourse Saint-Epvre. Il passe des nuits entières auprès des malades. Un jour il prête à l’un ses couvertures, à l’autre ses draps, à un autre la paillasse et le bois du lit. Un pauvre soldat, auquel, le jour de Pâques, il a donné un repas, lui dit : “Je suis content. Je prie Dieu de bon coeur, pour l’honneur de Son Église, que tous les curés vous ressemblent !”


Mais c’est surtout pour les enfants qu’il déploie son affectueuse sollicitude. Aussi lui rendent-ils amour pour amour. A la vue de l’insuffisance de l’instruction, il crée pour eux une Congrégation de maîtresses, qui, aux exercices de la vie religieuse, à la clôture même, joignent l’enseignement. Quelques jeunes filles, à la tête desquelles est Alix Le Clerc, forment le noyau de l’Ordre des Chanoinesses de Saint-Augustin Notre-Dame.


La fidélité de Pierre Fourier aux Princes lorrains sauva pour un siècle la nationalité de la Lorraine, mais empoisonna ses derniers jours ; car Richelieu ne put lui pardonner cet échec à sa politique. Traqué de maison en maison, le curé de Mattaincourt en fut réduit à s’exiler en Franche-Comté et à y passer les quatre dernières années de sa vie. Pendant ce temps, Mattaincourt était pillé à plusieurs reprises.


Réfugié à Gray, Pierre Fourier y fit ce qu’il avait toujours fait ; il employa ses dernières forces à secourir et à consoler le prochain. En octobre 1639, il tomba malade, et après deux mois de maladie, il exhala son âme avec ces paroles qu’il avait tant de fois répétées : “Nous avons un bon Maître et une bonne Souveraine !” C’était le 9 décembre 1640.




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