Archives de la semaine


jeudi 27 avril


Livre des Actes des Apôtres 5,27-33. 

En ces jours-là, le commandant du Temple et son escorte, ayant amené les Apôtres, les présentèrent au Conseil suprême, et le grand prêtre les interrogea : 

« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! » 

En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. 

Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice. 

C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés. 

Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » 

Ceux qui les avaient entendus étaient exaspérés et projetaient de les supprimer. 


Psaume 34(33),2.9.17-18.19-20. 

Je bénirai le Seigneur en tout temps, 

sa louange sans cesse à mes lèvres. 

Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! 

Heureux qui trouve en lui son refuge ! 


Le Seigneur affronte les méchants 

pour effacer de la terre leur mémoire. 

Le Seigneur entend ceux qui l'appellent : 

de toutes leurs angoisses, il les délivre. 


Il est proche du cœur brisé, 

il sauve l'esprit abattu. 

Malheur sur malheur pour le juste, 

mais le Seigneur chaque fois le délivre. 




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,31-36. 

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, 

il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. 

Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai. 

En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure. 

Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main. 

Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » 




Commentaire du jour 

Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec 

Catéchèses, 3 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 293 rev ; cf SC 96, p. 305)

« Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu »


      Le Seigneur nous a dit : « Scrutez les Écritures » (Jn 5,39). Scrutez-les donc et retenez avec beaucoup d'exactitude et de foi tout ce qu'elles disent. Ainsi, connaissant clairement la volonté de Dieu..., vous serez capables de distinguer, sans vous tromper, le bien du mal, au lieu de prêter l'oreille à n'importe quel esprit et d'être emportés par des pensées nuisibles. 


      Soyez certains, mes frères, que rien n'est aussi favorable à notre salut que l'observance des divins préceptes du Seigneur... Il nous faudra toutefois beaucoup de crainte, de patience et de persévérance dans la prière pour que nous soit révélé le sens d'un seul mot du Maître, pour que nous connaissions le grand mystère caché dans ses moindres paroles, et que nous soyons prêts à donner notre vie pour un seul petit trait des commandements de Dieu (cf Mt 5,18). 


      Car la parole de Dieu est comme une épée à deux tranchants (He 4,12) qui taille et coupe l'âme de toute convoitise et de tout instinct de la chair. Plus que cela, elle devient aussi comme un feu brûlant (Jr 20,9) lorsqu'elle ranime l'ardeur de notre âme, lorsqu'elle nous fait mépriser toutes les tristesses de la vie et considérer les épreuves comme une joie (Jc 1,2), lorsque, devant la mort que redoutent les autres hommes, elle nous fait désirer et embrasser la vie, en nous donnant le moyen d'y parvenir.




Le Saint du jour:


Sainte Zita

Servante à Lucques (+ 1278)

Une petite vendeuse de légumes qui s’en allait au marché de Lucques pour ses parents. A douze ans, elle fut placée dans une famille comme servante, et ne la quitta plus. Pour ne pas déranger son service, elle se levait plus tôt afin d’aller entendre la sainte messe, jeûnait pour donner aux pauvres une part de sa nourriture, supportait avec patience et sourire les jalousies des autres domestiques qui parfois même la dénonçaient avec calomnie. Sa sainteté fut reconnue après sa mort tant étaient grandes les faveurs que le petit peuple obtenait en lui demandant son intercession.



mercredi 26 avril


Livre des Actes des Apôtres 5,17-26. 

En ces jours-là, intervint le grand prêtre, ainsi que tout son entourage, c’est-à-dire le groupe des sadducéens, qui étaient remplis d’une ardeur jalouse pour la Loi. 

Ils mirent la main sur les Apôtres et les placèrent publiquement sous bonne garde. 

Mais, pendant la nuit, l’ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et les fit sortir. Il leur dit : 

« Partez, tenez-vous dans le Temple et là, dites au peuple toutes ces paroles de vie. » 

Ils l’écoutèrent ; dès l’aurore, ils entrèrent dans le Temple, et là, ils enseignaient. Alors arriva le grand prêtre, ainsi que son entourage. Ils convoquèrent le Conseil suprême, toute l’assemblée des anciens d’Israël, et ils envoyèrent chercher les Apôtres dans leur cachot. 

En arrivant, les gardes ne les trouvèrent pas à la prison. Ils revinrent donc annoncer : 

« Nous avons trouvé le cachot parfaitement verrouillé, et les gardes en faction devant les portes ; mais, quand nous avons ouvert, nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. » 

Ayant entendu ce rapport, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes, se demandaient ce qu’il adviendrait de cette affaire. 

Là-dessus, quelqu’un vient leur annoncer : « Les hommes que vous aviez mis en prison, voilà qu’ils se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple ! » 

Alors, le commandant partit avec son escorte pour les ramener, mais sans violence, parce qu’ils avaient peur d’être lapidés par le peuple. 


Psaume 34(33),2-3.4-5.6-7.8-9. 

Je bénirai le Seigneur en tout temps, 

sa louange sans cesse à mes lèvres. 

Je me glorifierai dans le Seigneur : 

que les pauvres m'entendent et soient en fête ! 


Magnifiez avec moi le Seigneur, 

exaltons tous ensemble son nom. 

Je cherche le Seigneur, il me répond : 

de toutes mes frayeurs, il me délivre. 


Qui regarde vers lui resplendira, 

sans ombre ni trouble au visage. 

Un pauvre crie ; le Seigneur entend : 

il le sauve de toutes ses angoisses. 


L'ange du Seigneur campe à l'entour 

pour libérer ceux qui le craignent. 

Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! 

Heureux qui trouve en lui son refuge ! 



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-21. 

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. 

Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. 

Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. 

Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; 

mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. » 




Commentaire du jour 

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape 

Encyclique « Dives in misericordia », § 7 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

« Ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle »


      Que nous dit la croix du Christ, qui est le dernier mot, pour ainsi dire, de son message et de sa mission messianiques ? Certes, elle n'est pas encore la parole ultime du Dieu de l'Alliance, qui ne sera prononcée qu'aux lueurs de cette aube où les femmes d'abord puis les apôtres, venus au tombeau du Christ crucifié, le trouveront vide et entendront pour la première fois cette annonce : « Il est ressuscité ». Ils la rediront à leur tour, et ils seront les témoins du Christ ressuscité. 


      Toutefois, même dans la glorification du Fils de Dieu, la croix ne cesse d'être présente, cette croix qui  ; à travers tout le témoignage messianique de l'Homme-Fils qui a subi la mort sur elle  ; parle et ne cesse jamais de parler de Dieu-Père, qui est toujours fidèle à son amour éternel envers l'homme. Car « Il a tellement aimé le monde  ; donc l'homme dans le monde  ; qu'il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ». 


      Croire dans le Fils crucifié signifie « voir le Père » (Jn 14,9), signifie croire que l'amour est présent dans le monde, et que cet amour est plus puissant que les maux de toutes sortes dans lesquels l'homme, l'humanité et le monde sont plongés. Croire en un tel amour signifie croire dans la miséricorde. Celle-ci en effet est la dimension indispensable de l'amour. Elle est comme son deuxième nom, et elle est en même temps la manière propre dont il se révèle et se réalise pour s'opposer au mal qui est dans le monde, qui tente et assiège l'homme, s'insinue jusque dans son cœur et peut « le faire périr dans la géhenne » (Mt 10,28).


Le Saint du jour:


Bse Alida

(1249-1309)

Née en Italie, à Sienne en Toscane, elle y épousa le jeune Bindo Bellanti, comme elle, de la noblesse siennoise. Elle aima cet époux dont la bonté était aussi grande que la piété. Lorsqu’il mourut, elle n’avait que trente ans et se consacra dans le "tiers Ordre des humiliés", des humbles. Puis elle soigna les malades à l’hôpital de sa ville, jusqu’à sa mort.




mardi 25 avril


Première lettre de saint Pierre Apôtre 5,5b-14. 

Bien-aimés, vous tous, les uns envers les autres, prenez l’humilité comme tenue de service. En effet, ‘Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce.’ 

Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève en temps voulu. 

Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu’il prend soin de vous. 

Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. 

Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, de par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances. 

Après que vous aurez souffert un peu de temps, le Dieu de toute grâce, lui qui, dans le Christ Jésus, vous a appelés à sa gloire éternelle, vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. 

À lui la souveraineté pour les siècles. Amen. 

Par Silvain, que je considère comme un frère digne de confiance, je vous écris ces quelques mots pour vous exhorter, et pour attester que c’est vraiment dans la grâce de Dieu que vous tenez ferme. 

La communauté qui est à Babylone, choisie comme vous par Dieu, vous salue, ainsi que Marc, mon fils. 

Saluez-vous les uns les autres par un baiser fraternel. Paix à vous tous, qui êtes dans le Christ. 


Psaume 89(88),2-3.6-7.16-17. 

L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ; 

ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge. 

Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ; 

ta fidélité est plus stable que les cieux. 


Que les cieux rendent grâce pour ta merveille, Seigneur, 

et l'assemblée des saints, pour ta fidélité. 

Qui donc, là-haut, est comparable au Seigneur ? 

Qui d'entre les dieux est semblable au Seigneur ? 


Heureux le peuple qui connaît l'ovation ! 

Seigneur, il marche à la lumière de ta face ; 

tout le jour, à ton nom il danse de joie, 

fier de ton juste pouvoir. 



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,15-20. 

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.

Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. 

Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; 

ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » 

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. 

Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. 



Commentaire du jour 

Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123), évêque 

Commentaire sur l'évangile de Marc (trad. Solesmes, Lectionnaire, t. 3, p. 881)

« Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole »


      Le Seigneur dit aux Onze : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui croient : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien ». Dans l'Église primitive, tous ces signes que le Seigneur énumère ici, non seulement les apôtres, mais bien d'autres saints les ont accomplis à la lettre. Les païens n'auraient pas abandonné le culte des idoles si la prédication évangélique n'avait pas reçu confirmation de tant de signes et de miracles. En effet, les disciples du Christ ne prêchaient-ils pas « un Messie crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens », selon l'expression de saint Paul ? (1Co 1,23)... 


      Quant à nous désormais, signes et prodiges ne nous sont plus nécessaires : il nous suffit de lire ou d'écouter le récit de ceux qui ont eu lieu. Car nous croyons à l'Évangile, nous croyons aux Écritures qui les racontent. Et cependant, des signes, il s'en produit encore tous les jours ; et, si l'on veut bien y prêter attention, on reconnaîtra qu'ils ont bien plus de valeur que les miracles matériels d'autrefois. 


      Chaque jour, les prêtres administrent le baptême et appellent à la conversion : n'est-ce pas là chasser les démons ? Chaque jour ils parlent un langage nouveau, lorsqu'ils expliquent la sainte Écriture en remplaçant la lettre vieillie par la nouveauté du sens spirituel. Ils mettent en fuite les serpents, lorsqu'ils débarrassent les cœurs des pécheurs de leurs attaches au mal par une douce exhortation...; ils guérissent les malades, lorsqu'ils réconcilient à Dieu par leurs prières les âmes infirmes. Tels étaient les signes que le Seigneur avait promis à ses saints : tels ils les réalisent encore aujourd'hui.



Le Saint du jour:


Saint Marc

Évangéliste, Évêque d’Alexandrie - (+ 75)


Saint Marc était probablement de la race d’Aaron ; il était né en Galilée. Il semble avoir fait partie du groupe des soixante-douze disciples du Sauveur ; mais il nous apparaît surtout dans l’histoire comme le compagnon fidèle de l’apostolat de saint Pierre.


C’est sous l’inspiration du chef des Apôtres et à la demande des chrétiens de Rome qu’il écrivit l’Évangile qui porte son nom. Marc cependant ne suivit pas saint Pierre jusqu’à son glorieux martyre ; mais il reçut de lui la mission spéciale d’évangéliser Alexandrie, l’Égypte et d’autres provinces africaines.


Le disciple ne faillit pas à sa tâche et porta aussi loin qu’il put, dans ces contrées, le flambeau de l’Évangile. Alexandrie en particulier devint un foyer si lumineux, la perfection chrétienne y arriva à un si haut point, que cette Église, comme celle de Jérusalem, ne formait qu’un coeur et qu’une âme dans le service de Jésus-Christ. La rage du démon ne pouvait manquer d’éclater.


Les païens endurcis résolurent la mort du saint évangéliste et cherchèrent tous les moyens de s’emparer de lui. Marc, pour assurer l’affermissement de son oeuvre, forma un clergé sûr et vraiment apostolique, puis échappa aux pièges de ses ennemis en allant porter ailleurs la Croix de Jésus-Christ. Quelques années plus tard, il eut la consolation de retrouver l’Église d’Alexandrie de plus en plus florissante.


La nouvelle extension que prit la foi par sa présence, les conversions nombreuses provoquées par ses miracles, renouvelèrent la rage des païens. Il fut saisi et traîné, une corde au cou, dans un lieu plein de rochers et de précipices. Après ce long et douloureux supplice, on le jeta en prison, où il fut consolé, la nuit suivante, par l’apparition d’un ange qui le fortifia pour le combat décisif, et par l’apparition du Sauveur Lui-même.


Le lendemain matin, Marc fut donc tiré de prison ; on lui mit une seconde fois la corde au cou, on le renversa et on le traîna en poussant des hurlements furieux. La victime, pendant cette épreuve douloureuse, remerciait Dieu et implorait Sa miséricorde. Enfin broyé par les rochers où se heurtaient ses membres sanglants, il expira en disant : "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."




lundi 24 avril


Livre des Actes des Apôtres 4,23-31. 

En ces jours-là, lorsque Pierre et Jean eurent été relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. 

Après avoir écouté, tous, d’un même cœur, élevèrent leur voix vers Dieu en disant : « Maître, toi, tu as fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment. 

Par l’Esprit Saint, tu as mis dans la bouche de notre père David, ton serviteur, les paroles que voici : ‘Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain murmure des peuples ? 

Les rois de la terre se sont dressés, les chefs se sont ligués entre eux contre le Seigneur et contre son Christ ?’ 

Et c’est vrai : dans cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le peuple d’Israël, se sont ligués contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, le Christ à qui tu as donné l’onction ; 

ils ont fait tout ce que tu avais décidé d’avance dans ta puissance et selon ton dessein. 

Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces : donne à ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance. 

Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. » 

Quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance. 


Psaume 2,1-3.4-6.7bc-9. 

Pourquoi ce tumulte des nations, 

ce vain murmure des peuples ? 

Les rois de la terre se dressent, 

les grands se liguent entre eux contre le Seigneur et son messie : 

« Faisons sauter nos chaînes, 

rejetons ces entraves ! » 


Celui qui règne dans les cieux s'en amuse, 

le Seigneur les tourne en dérision ; 

puis il leur parle avec fureur, 

et sa colère les épouvante : 

« Moi, j'ai sacré mon roi 

sur Sion, ma sainte montagne. » 


Il m'a dit : « Tu es mon fils ; 

moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. 

« Demande, et je te donne en héritage les nations, 

pour domaine la terre tout entière.

Tu les détruiras de ton sceptre de fer, 

tu les briseras comme un vase de potier. » 



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,1-8. 

Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. 

Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » 

Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. » 

Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » 

Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. 

Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. 

Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. 

Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » 




Commentaire du jour 

Saint Justin (v. 100-160), philosophe, martyr 

Première apologie (trad. cf. bréviaire, 3e mercredi de Pâques)

Le premier témoignage historique du baptême chrétien, à Rome au milieu du deuxième siècle


      Nous allons vous exposer comment, après avoir été renouvelés par le Christ, nous nous consacrons à Dieu... Ceux qui croient à la vérité de notre doctrine et de notre parole promettent de vivre selon cette loi. Nous leur enseignons à prier et à demander à Dieu, en jeûnant, le pardon de leurs péchés passés, et nous-mêmes nous prions et nous jeûnons avec eux. Ensuite nous les conduisons en un endroit où il y a de l'eau et là, de la même manière que nous avons été régénérés nous-mêmes, ils sont régénérés à leur tour. Au nom de Dieu le Père, maître de l'univers, de notre Sauveur Jésus Christ et de l'Esprit Saint, ils sont alors lavés dans l'eau. 


      Le Christ a dit en effet : « Si vous ne renaissez pas, vous n'entrerez pas dans Le Royaume des cieux ». Il est évident pour tout le monde que ceux qui sont nés une fois ne peuvent pas rentrer dans le sein de leur mère. Le prophète Isaïe a enseigné comment les pécheurs convertis effaceront leurs péchés ; il a parlé ainsi : « Lavez-vous, purifiez-vous, enlevez la méchanceté de vos âmes, apprenez à faire le bien... Venez et discutons, dit le Seigneur. Et si vos péchés sont comme l'écarlate, je vous rendrai blancs comme la laine » (Is 1,16s)... Voici la doctrine que les apôtres nous ont transmise à ce sujet. Nous avons reçu la première naissance sans le savoir et par nécessité, par suite de l'union de nos parents... Pour que nous ne demeurions pas les enfants de la nécessité et de l'ignorance, mais du libre choix et de la connaissance, et pour que nous obtenions dans l'eau le pardon de nos péchés passés, sur celui qui veut renaître et se convertir de ses péchés, on invoque dans l'eau le nom du Père de l'univers, notre Dieu et Maître. Il ne lui donne pas d'autre nom, celui qui conduit le candidat au baptême, car personne n'est capable d'attribuer un nom au Dieu qui est au-dessus de toute parole... 


      Ce bain du baptême est appelé « illumination » parce que ceux qui reçoivent cette doctrine ont l'esprit rempli de lumière. C'est aussi au nom de Jésus Christ, crucifié sous Ponce Pilate, et au nom de l'Esprit Saint qui a proclamé d'avance par les prophètes tout ce qui se rapporte à Jésus, c'est en leur nom qu'est baptisé celui qui reçoit la lumière.



Le Saint du jour:


Sainte Marie-Euphrasie Pelletier

fondatrice de l’Institut des Soeurs du Bon-Pasteur d’Angers (+ 1868)


Sainte Marie-Euphrasie Pelletier était la fille d’un médecin bienfaisant ; elle naquit le 31 juillet 1796 dans la petite île de Noir-moutiers, sur la côte de Vendée.


Pendant qu’elle était au pensionnat à Tours, elle connut le "Couvent du Refuge" où de jeunes femmes, qui n’avaient pas su diriger leur vie et étaient sorties du droit chemin, étaient reconquises pour Jésus-Christ, le Bon Pasteur, par des religieuses vêtues de blanc. Elle entra dans cette maison et en fut la supérieure à 29 ans.


Elle était si accoutumée à voir toutes choses dans la lumière de Dieu, et elle avait aussi une telle intuition de l’oeuvre de Dieu dans les âmes, qu’elle eut le courage, surmontant la résistance bien compréhensible de sa maison, de réunir en communauté religieuse à l’intérieur du couvent ces filles et ces femmes du Refuge, auxquelles beaucoup avait été pardonné et qui ne cherchaient plus maintenant qu’à aimer Dieu.


Ces pénitentes ou Madeleines vivent selon la règle des Carmélites sous la direction d’une des religieuses. En 1829, l’évêque d’Angers demanda au couvent de Tours des religieuses pour une maison d’éducation destinée à des jeunes filles moralement égarées. La jeune supérieure accepta la fondation et y fut bientôt envoyée elle-même pour surmonter les difficultés qui n’étaient pas petites au début.


Elle avait dit un jour : "Dieu m’a donné une double tâche : développer l’oeuvre des repenties et éveiller des vocations religieuses". Vers elle accoururent des troupes de jeunes filles. Mère Marie-Euphrasie débutait alors la réalisation de ce que le Seigneur lui avait montré un jour dans la prière au moyen de l’image d’une ruche d’où s’envolent de nombreux essaims.


L’oeuvre appelée à prendre une si extraordinaire expansion ne devait pas se faire sans la souffrance mais la force de la supporter lui fut donnée par la grâce de Celui qui, au commencement de ces épreuves, lui avait dit : "Attends, tais-toi, prie, souffre et espère." Ces mots devinrent sa devise.


"Notre institut, disait-elle, ne doit connaître que la voie de l’amour." Cet amour lui gagna les coeurs des "enfants" et des "mères", qu’elle réunit en si grandes troupes pour le bien des âmes qu’il dut être fondé des Provinces avec leurs propres maisons-mères et leurs propres noviciats.


A sa mort, l’association comptait 2,760 membres, 962 Madeleines, 14,755 élèves et enfants, réparties en 110 maisons et en 16 provinces religieuses. L’intrépide fondatrice mourut du cancer le 24 avril 1868. Mère Marie-Euphrasie Pelletier a été canonisée le jour de l’Ascension 1940 par sa Sainteté Pie XII.




dimanche 23 avril


Livre des Actes des Apôtres 2,42-47. 

Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. 

La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. 

Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; 

ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. 

Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; 

ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. 


Psaume 118(117),2-4.13-15ab.22-24. 

Oui, que le dise Israël : 

Éternel est son amour ! 

Que le dise la maison d'Aaron : 

Éternel est son amour ! 

Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : 

Éternel est son amour ! 


On m'a poussé, bousculé pour m'abattre ; 

mais le Seigneur m'a défendu. 

Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; 

il est pour moi le salut. 

Clameurs de joie et de victoire 

sous les tentes des justes.


La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs 

est devenue la pierre d'angle : 

c'est là l'œuvre du Seigneur, 

la merveille devant nos yeux. 

Voici le jour que fit le Seigneur, 

qu'il soit pour nous jour de fête et de joie ! 




Première lettre de saint Pierre Apôtre 1,3-9. 

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, 

pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, 

à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. 

Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; 

elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. 

Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, 

car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. 


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31. 

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » 

Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. 

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » 

Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. 

À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » 

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. 

Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » 

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » 

Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » 

Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » 

Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » 

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. 

Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. 




Commentaire du jour 

Saint Thomas de Villeneuve (v. 1487-1555), ermite de Saint Augustin, puis évêque 

Sermon pour le dimanche in Albis (in Homiliarius Breviarii Romani, Card. Vivès, p. 901-902 ; trad. Orval rev.)

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »


      « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, dit Thomas, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas. » Endurcissement étonnant chez ce disciple : le témoignage de tant de frères et la vue même de leur joie ne suffisent pas à lui donner la foi. Et voilà que pour prendre soin de celle-ci le Seigneur apparaît. Le bon Pasteur ne supporte pas la perte de sa brebis (Mt 18,12), lui qui avait dit à son Père : « Ceux que tu m'as donnés, je n'en ai laissé se perdre aucun » (Jn 17,12). Que les pasteurs apprennent donc quelle sollicitude ils doivent manifester à l'égard de leurs brebis, puisque le Seigneur est apparu pour une seule. Toute sollicitude et tout labeur sont peu de chose en comparaison de l'importance d'une seule âme... 


      « Avance ici ton doigt et vois mes mains, mets la main dans mon côté, et ne sois pas incrédule mais croyant. » Heureuse main qui a scruté les secrets du cœur du Christ ! Quelles richesses n'y a-t-elle pas trouvées ? C'est en reposant sur ce cœur que Jean y avait puisé les mystères du ciel (Jn 13,25) ; en le scrutant, Thomas y découvre de grands trésors : admirable école qui forme de tels disciples ! Grâce à elle, le premier a exprimé sur la divinité des merveilles plus hautes que les astres lorsqu'il dit : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1), et l'autre, touché par la lumière de la Vérité, a poussé ce cri sublime : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »


Le Saint du jour:


Saint Georges

Soldat, martyr, patron des militaires - (IVème siècle)


Saint Georges naquit à Lydda, en Palestine ; son éducation fut toute chrétienne. Il suivit la carrière des armes comme son père, et bientôt sa beauté, sa distinction, son courage, l’élevèrent à la dignité de tribun militaire dans la garde impériale.


Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les chrétiens, l’indignation de Georges éclata en face même du tyran, devant lequel il exalta la grandeur du Dieu véritable et confondit l’impuissance des fausses divinités. Sa noble audace lui mérita le reproche d’ingratitude et des menaces de mort.


Georges profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves. Ainsi préparé aux combats du Christ, le tribun aborde l’empereur lui-même et plaide devant lui la cause des chrétiens.


"Jeune homme, lui répond Dioclétien, songe à ton avenir !

— "Je suis chrétien, dit Georges, je n’ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde ; rien ne saurait ébranler ma foi." Il est alors battu de verges, puis il subit l’affreux supplice de la roue, après lequel un ange descend du Ciel pour guérir ses blessures.


Quelques jours après, le martyr reparaît plein de vie en présence de l’empereur, qui le croyait mort ; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l’engage à reconnaître le vrai Dieu. Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive ; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent.


Georges, par la grâce de Dieu, subit toutes ces épreuves sans en ressentir aucun mal ; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles. Reconduit de nouveau dans sa prison, l’athlète invincible de la foi vit en songe Jésus-Christ descendre vers lui :

"Georges, lui dit-Il en lui présentant une couronne de pierres précieuses, voilà la récompense que Je te réserve au Ciel ; ne crains rien, Je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive."


Le jour suivant, Dioclétien tâcha d’ébranler le martyr par des flatteries : "Conduisez-moi devant vos dieux," dit Georges. On l’y conduit, croyant qu’il va enfin sacrifier. Parvenu devant la statue d’Apollon, il fait le signe de la Croix et dit : "Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à Dieu ?" La voix du démon répond : "Je ne suis pas Dieu ; il n’y a de Dieu que Celui que tu prêches." Et en même temps la statue tombe en poussière. Le peuple s’enfuit épouvanté, et l’empereur vaincu, humilié et furieux, fait trancher la tête au martyr.



samedi 22 avril


Livre des Actes des Apôtres 4,13-21. 

En ces jours-là, les chefs du peuple, les Anciens et les scribes constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris ; d’autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus. 

Mais comme ils voyaient, debout avec eux, l’homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire. 

Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux. 

Ils disaient : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu’ils ont opéré un miracle ; cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier. 

Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu’ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. » 

Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus. 

Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger. 

Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » 

Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d’avoir trouvé le moyen de les punir : c’était à cause du peuple, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé. 


Psaume 118(117),1.14-15ab.16-18.19-21. 

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! 

Éternel est son amour ! 

Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; 

il est pour moi le salut. 

Clameurs de joie et de victoire 

sous les tentes des justes.


« Le bras du Seigneur se lève, 

le bras du Seigneur est fort ! »

Non, je ne mourrai pas, je vivrai 

pour annoncer les actions du Seigneur.

il m'a frappé, le Seigneur, il m'a frappé, 

mais sans me livrer à la mort. 


Ouvrez-moi les portes de justice : 

j'entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. 

« C'est ici la porte du Seigneur : 

qu'ils entrent, les justes ! » 

Je te rends grâce car tu m'as exaucé : 

tu es pour moi le salut. 



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,9-15. 

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. 

Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. 

Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. 

Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. 

Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. 

Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. 

Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »




Commentaire du jour 

Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l'Église 

La Montée du Carmel, 3,31 (trad. OC, Cerf 1990, p. 869 rev.)

« Il leur reprocha leur incrédulité »


      Là où il y a une abondance de signes et de témoignages, il y a moins de mérite à croire... C'est pourquoi Dieu n'opère des œuvres merveilleuses que lorsqu'elles sont absolument nécessaires pour amener les hommes à croire. Pour ce motif et afin que ses disciples ne soient pas privés du mérite de la foi s'ils avaient expérimenté par eux-mêmes sa résurrection, avant de leur apparaître, il a disposé les choses pour qu'ils croient sans le voir lui-même. 


      À Marie-Madeleine il a montré d'abord le tombeau vide ; ensuite il l'a fait instruire par les anges, parce que « la foi naît de ce qu'on entend » comme dit saint Paul (Rm 10,17). Ainsi, il voulait qu'elle croie en entendant et avant de voir ; et quand elle l'a vu, c'était sous la forme d'un jardinier, afin d'achever de l'instruire dans la foi. 


      Aux disciples il a envoyé d'abord les saintes femmes pour leur dire qu'il était ressuscité. Aux pèlerins d'Emmaüs, il a enflammé d'abord le cœur par la foi avant de se découvrir à eux. Finalement, il a repris tous ses disciples de n'avoir pas cru. Quant à Thomas, qui avait voulu toucher ses plaies, il lui a dit : « Bienheureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru » (Jn 20,29).




Le Saint du jour:


Saint Léonide

Père d’Origène et Martyr (+ 202)

L’an 202 vit éclater une cruelle persécution qui fit couler dans tout l’empire, et surtout en Égypte, le sang d’une multitude de chrétiens. Parmi ceux dont le triomphe illustra la ville d’Alexandrie, on compte saint Léonide.


Sa principale gloire, après son martyre, est d’avoir donné la vie à l’un des plus fameux génies qui aient paru sur la terre, le grand Origène. Léonide était probablement un rhéteur d’Alexandrie, philosophe chrétien, également versé dans les sciences sacrées et profanes.


Parmi ses sept enfants, il donna un soin tout spécial à l’éducation d’Origène, dont il pressentait le brillant avenir ; mais, tout en ornant son esprit de toutes les autres connaissances, il l’initia surtout à la connaissance des Saintes Écritures.


Chaque jour l’enfant était obligé d’apprendre par coeur et de réciter quelques pages des Livres divins, et son esprit vif et curieux se plaisait singulièrement à ce genre d’étude. Sans se contenter du sens que présente tout d’abord la lettre du texte sacré, il en cherchait de plus profonds, trahissant ainsi dès l’origine son penchant à scruter les vérités de la foi. Il accablait son père de questions un peu difficiles, il demandait des explications qui ne laissaient pas quelques fois d’embarrasser le précepteur.


En apparence et devant l’enfant, Léonide tâchait de modérer cette ardeur intempestive ; il exhortait l’impatient élève à s’en tenir au sens littéral de l’Écriture, sans vouloir résoudre des problèmes qui n’étaient pas de son âge ; mais au fond et en lui-même, l’heureux père se réjouissait de voir une intelligence si précoce, et il remerciait Dieu de lui avoir donné un tel fils. Souvent même, pendant que l’enfant dormait, le pieux chrétien s’approchait de lui doucement, et lui découvrant la poitrine, il la baisait avec respect comme un sanctuaire où résidait l’Esprit-Saint.


Léonide ayant été pris par les persécuteurs, Origène voulait le rejoindre en prison, mais, sur les instances de sa mère, il se contenta d’écrire une lettre à son père pour l’exhorter au martyre. Léonide fut décapité. La confiscation de ses biens réduisit sa famille à une extrême pauvreté ; mais l’hospitalité généreuse d’une noble dame la sauva du besoin.


Quant à Origène, "pour le talent et l’étendue de ses connaissances, il l’emporte sur la plupart des Pères de l’Église ; en tous cas, il n’est inférieur à aucun," dit Mgr Freppel. Mais ses spéculations hasardées l’ont privé du titre de Saint et de Docteur.






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