Le mot de l'aumonier


En hommage à M. André Mars M. Mars :

 voici quelques jours, il s'est éteint sans faire de bruit. Il est mort comme il a vécu, doucement, discrètement. C'était un grand monsieur. Par la taille d'abord. Qui ne se souvient de cette haute silhouette qu'éclairait un regard merveilleusement limpide ? Il semblait fragile : il était en réalité étonnamment résistant. Mais grand : M. Mars le fut surtout par sa vie. Une vie entièrement donnée à Dieu et aux autres. Qui ne le sait ? Il avait le cœur sur la main. Vous-même me le disiez, Colette : sans hésiter, il aurait donné sa chemise. Là comme si souvent, il se retrouvait au diapason de Pierrine, son épouse, qu'il aimait comme lui-même. Jusque dans leurs vieux jours d'ailleurs, comme ils étaient beaux à voir tous les deux, si tendres l'un pour l'autre ! « Il faut peu de puissance pour s'exhiber, il en faut beaucoup pour s'effacer », écrivait jadis le P. Varillon. Lui, M. Mars, ne se souciait pas le moins du monde d'attirer sur lui l'attention. Il ne s'encombrait pas de lui-même. Il n'écrasait personne. Il était humble. Ce fut là sa vraie grandeur. Ce sens des autres : il le puisait nulle part ailleurs que dans la foi. Une foi simple, qui allait à l'essentiel. Une foi vivante, sans détour, lumineuse jusque dans la nuit, que rien ne décourageait. Une foi nourrie de l'Evangile, de la prière du chapelet, de la prière à Marie. Marie dont la statue à l'église du Voeu se voit aujourd'hui condamnée à ne plus sortir en procession, faute d'avoir trouvé à M. Mars un successeur suffisamment habile pour la descendre de la niche où elle est à l'abri ! A la mémoire de M. Mars restent évidemment attachés des souvenirs, des gestes et des paroles qui ne s'inventent pas, de véritables fioretti. J'en veux pour preuve ces thermos de soupe qu'il apportait, le soir, aux malades qu'il connaissait, à l'hôpital de Cimiez, jugeant plus riche en vitamines cette soupe qu'il préparait lui-même que le bouillon qui était servi dans les chambres ! Car sans avoir lui-même beaucoup d'appétit, il était sensible à la nourriture saine et même -qui l'eût cru?- biologique. A cet égard, c'est en amoureux qu'il cultivait son jardin. Auprès des malades précisément, il a donné toute sa mesure en prenant sa retraite. Vers cette époque aussi, il fit le choix d'entrer chez les Pénitents Blancs de Nice et d'en revêtir l'habit d'humilité. Il s'est senti là chez lui, parmi des personnalités aussi attachantes que Judith, Olga, Mme Massa et d'autres plus jeunes. Il était assidu à la messe qu'il avait plaisir à servir depuis son enfance. Il avait toujours un mot gentil pour chacun. Il y a quelques mois, pour la joie de tous, il avait tenu à se rendre à la Maintenance des confréries à La Bollène Vésubie. M. Mars : comment jamais vous oublier ? Nous avons eu le privilège, en tout cas le bonheur de vous rencontrer. Nous le croyons : dans la lumière du Seigneur, vous êtes heureux d'avoir rejoint votre épouse et tant de ceux qui vous ont devancés sur le chemin de la vie. Autrement mais non moins réellement, vous continuerez à accompagner votre fille bien sûr, vos petits-enfants et vos arrière-petits-enfants, présents et à venir, votre nombreuse parenté, vos amis et connaissances, les soignants enfin dont certains vous ont témoigné une si belle humanité. En tout cela, nous sommes sûrs de pouvoir compter sur vous ! « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruits. »




 

                                                 

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