Archives de la semaine


Lundi 30 novembre


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 10,9-18.

Frère, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé.

Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut.

En effet, l’Écriture dit : ‘Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte’.

Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent.

En effet, ‘quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé’.

Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ?

Comment proclamer sans être envoyé ? Il est écrit : ‘Comme ils sont beaux, les pas des messagers qui annoncent les bonnes nouvelles!’

Et pourtant, tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Isaïe demande en effet : ‘Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler ?’

Or la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ.

Alors, je pose la question : n’aurait-on pas entendu ? Mais si, bien sûr ! Un psaume le dit : ‘Sur toute la terre se répand leur message, et leurs paroles, jusqu’aux limites du monde’.


Psaume 19(18),2-3.4-5ab.

Les cieux proclament la gloire de Dieu,

le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.

Le jour au jour en livre le récit

et la nuit à la nuit en donne connaissance.


Pas de paroles dans ce récit,

pas de voix qui s'entende;

mais sur toute la terre en paraît le message

et la nouvelle, aux limites du monde.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,18-22.

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs.

Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »

Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela.

Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour:


Saint Claude la Colombière (1641-1682)

jésuite

Journal spirituel (Écrits spirituels, coll. Christus n° 9, éd. DDB, 1982, p. 133-134 ; rev.)


André suivit Jésus jusqu’à la croix

[« Ô bonne croix, qui a tiré ta gloire des membres du Seigneur ! Croix longtemps désirée, ardemment aimée, cherchée sans relâche et enfin préparée à mes ardents désirs. »*] Le jour de saint André, j’ai été touché de voir ce saint se prosterner subitement à la vue de la croix, ne pouvoir retenir sa joie et la faire éclater par des paroles si passionnées.

“Bona” : utile, honorable, agréable ; c’est tout son bien, c’est l’unique bien dont il est touché. “Diu desiderata” (“Croix longtemps désirée”) ; non seulement il la désirait, mais avec ardeur : d’où venait que le temps lui durait. “Diu sollicite amata” (“Croix ardemment aimée”) : l’amour ne peut être sans souci ; ce saint recherchait la croix avec l’empressement et la crainte d’un homme qui appréhende de ne pas trouver, qui ne peut trouver assez tôt ; aussi diriez-vous qu’il a trouvé un trésor dès qu’il la rencontre ; le transport qu’il fait paraître est d’un amant possédé d’un amour extrême. “Sine intermissione quaesita” (“cherchée sans relâche”) : voilà notre règle, et ce fut par là qu’il mérita de la trouver. “Et aliquando…” (“enfin préparée à mes ardents désirs”), ce mot marque un grand désir.

Il fallait qu’il aimât bien Jésus-Christ pour trouver tant de plaisir en la croix. On aime souvent les hommes pour les biens qu’ils possèdent ; mais aimer leurs misères pour l’amour d’eux, cela est inouï ; c’est merveille si on ne les hait pas à cause de leurs misères. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses frères (cf. Jn 15,13) ; mais il y a des degrés en ce sacrifice, car mourir avec cette joie, avec cet empressement, c’est un amour incomparable. Quelle foi !



Dimanche 29 novembre


Livre d'Isaïe 63,16b-17.19b.64,2b-7.

Pourtant, c’est toi notre père ! Abraham ne nous connaît pas, Israël ne nous reconnaît pas. C’est toi, Seigneur, notre père ; « Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.

Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ? Reviens, à cause de tes serviteurs, des tribus de ton héritage.

Nous sommes comme des gens que tu n’aurais jamais gouvernés, sur lesquels ton nom n’est pas invoqué. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face,

quand tu ferais des prodiges terrifiants que nous n’espérons plus. Voici que tu es descendu : les montagnes furent ébranlées devant ta face.

Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend.

Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins. Tu étais irrité, mais nous avons encore péché, et nous nous sommes égarés.

Tous, nous étions comme des gens impurs, et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés. Tous, nous étions desséchés comme des feuilles, et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.

Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi. Car tu nous as caché ton visage, tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.

Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main.


Psaume 80(79),2-3bc.15-16a.18-19.

Berger d'Israël, écoute,

toi qui conduis Joseph, ton troupeau :

resplendis au-dessus des Kéroubim,

Réveille ta vaillance


et viens nous sauver.

Dieu de l'univers reviens !

Du haut des cieux, regarde et vois :

visite cette vigne, protège-la,


celle qu'a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,

le fils de l'homme qui te doit sa force.

Jamais plus nous n'irons loin de toi :


fais-nous vivre et invoquer ton nom !


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,3-9.

À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;

en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu.

Car le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous.

Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.

C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ.

Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13,33-37.

Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment.

C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller.

Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ;

s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.

Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour:

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélie sur le psaume 49 (2000 ans d'homélies, année C; trad. Luc Brésard; Éd. Soceval 2001; p. 24)


Les deux avènements du Christ

Lors de son premier avènement, Dieu est venu sans aucun éclat, inconnu du plus grand nombre, prolongeant de longues années le mystère de sa vie cachée. Lorsqu'il descendit de la montagne de la Transfiguration, Jésus demanda à ses disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. Il venait alors, tel un berger, chercher sa brebis égarée, et pour s'emparer de l'animal indocile, il lui fallait demeurer caché. Comme un médecin qui se garde bien d'effrayer son malade dès le premier abord, de même le Sauveur évite de se faire connaître dès le commencement de sa mission : il ne le fait qu'insensiblement et peu à peu.

Le prophète avait prédit cet avènement sans éclat en ces termes : « Il descendra comme la pluie sur une toison, et comme l'eau qui coule goutte à goutte sur la terre » (Ps 71,6 LXX). Il n'a pas déchiré le firmament pour venir sur les nuées, mais il est venu en silence dans le sein d'une Vierge, porté neuf mois par elle. Il est né dans une crèche, comme le fils d'un humble artisan... Il va de-ci, de-là, comme un homme ordinaire ; son vêtement est simple, sa table plus frugale encore. Il marche sans relâche au point d'en être fatigué.

Mais tel ne sera pas son second avènement. Il viendra avec tant d'éclat qu'il n'y aura pas besoin d'annoncer sa venue : « Comme l'éclair qui part de l'Occident apparaît en Orient, ainsi sera la venue du Fils de l'homme » (Mt 24,27). Ce sera le temps du jugement et de la sentence prononcée. Alors le Seigneur ne paraîtra pas comme un médecin, mais comme un juge. Le prophète Daniel a vu son trône, le fleuve qui roule ses eaux au pied du tribunal et cet appareil tout de feu, le char et les roues (7,9-10). (...) David, le roi-prophète, ne parle que de splendeur, que d'éclat, que de feu rayonnant de tous côtés : « Un feu marchera devant lui, et autour de lui mugira une violente bourrasque » (Ps 49,3). Toutes ces comparaisons ont pour objet de nous faire saisir la souveraineté de Dieu, la lumière éclatante qui l'environne et sa nature inaccessible.




Samedi 28 novembre


Livre de l'Apocalypse 22,1-7.

Moi, Jean, l’ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau.

Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a un arbre de vie qui donne des fruits douze fois : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations.

Toute malédiction aura disparu. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu lui rendront un culte ;

ils verront sa face, et son nom sera sur leur front.

La nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles.

Puis l’ange me dit : « Ces paroles sont dignes de foi et vraies : le Seigneur, le Dieu qui inspire les prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit bientôt advenir.

Voici que je viens sans tarder. Heureux celui qui garde les paroles de ce livre de prophétie. »


Psaume 95(94),1-2.3-5.6-7abc.

Venez, crions de joie pour le Seigneur,

acclamons notre Rocher, notre salut !

Allons jusqu'à lui en rendant grâce,

par nos hymnes de fête acclamons-le !


Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur,

le grand roi au-dessus de tous les dieux :

il tient en main les profondeurs de la terre,

et les sommets des montagnes sont à lui ;

à lui la mer, c'est lui qui l'a faite,

et les terres, car ses mains les ont pétries.


Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,

adorons le Seigneur qui nous a faits.

Oui, il est notre Dieu ;

nous sommes le peuple qu'il conduit.

le troupeau guidé par sa main.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,34-36.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste

comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière.

Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour:


Saint Vincent de Paul (1581-1660)

prêtre, fondateur de communautés religieuses

Entretiens aux Filles de la Charité, conférence du 22 janvier 1645 (Tome IX, éd. Gabalda, 1923, pp. 216-217, rev.)


«Restez éveillés et priez en tout temps» (Lc 21,36)

Vous me direz peut-être, mes chères filles, que vous êtes si peu recueillies, même quand vous priez Dieu, que vous ne pouvez être un quart d'heure sans distractions. Ne vous en étonnez pas. Les plus grands serviteurs de Dieu sont quelquefois en ces mêmes peines. Je parlais un de ces jours à un bon prêtre, converti depuis quelques années, qui emploie un grand temps à prier Dieu. Il me disait qu'il n'avait souvent ni goût ni satisfaction, hormis celle de dire : « Mon Dieu, je suis ici en votre présence pour y faire votre très sainte volonté. C'est assez que vous m'y voyiez. » Faites de même. (...)

Il est un moyen très facile : prenez comme sujet de vos oraisons la passion de Notre Seigneur. Il n'en est pas une de vous qui ne sache tout ce qui s'y est passé, soit pour l'avoir entendu prêcher, soit pour avoir médité là-dessus. Ô mes filles, l'excellent moyen de faire oraison que la passion de Notre Seigneur ! C'est une fontaine de jouvence où vous trouverez tous les jours quelque chose de nouveau. Saint François n'avait jamais d'autre sujet d'oraison que la passion de Notre Seigneur, et il recommande à tous ses chers enfants spirituels de s'en servir continuellement. Et où pensez-vous, mes filles, que ce grand saint Bonaventure ait puisé toute sa science ? Au livre sacré de la Croix. Vous ferez bien de vous y habituer. Je vous le conseille.




Vendredi 27 novembre



Livre de l'Apocalypse 20,1-4.11-15.21,1-2.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui descendait du ciel ; il tenait à la main la clé de l’abîme et une énorme chaîne.

Il s’empara du Dragon, le serpent des origines, qui est le Diable, le Satan, et il l’enchaîna pour une durée de mille ans.

Il le précipita dans l’abîme, qu’il referma sur lui ; puis il mit les scellés pour que le Dragon n’égare plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans arrivent à leur terme. Après cela, il faut qu’il soit relâché pour un peu de temps.

Puis j’ai vu des trônes : à ceux qui vinrent y siéger fut donné le pouvoir de juger. Et j’ai vu les âmes de ceux qui ont été décapités à cause du témoignage pour Jésus, et à cause de la parole de Dieu, eux qui ne se sont pas prosternés devant la Bête et son image, et qui n’ont pas reçu sa marque sur le front ou sur la main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans.

Puis j’ai vu un grand trône blanc et celui qui siégeait sur ce trône. Devant sa face, le ciel et la terre s’enfuirent : nulle place pour eux !

J’ai vu aussi les morts, les grands et les petits, debout devant le Trône. On ouvrit des livres, puis un autre encore : le livre de la vie. D’après ce qui était écrit dans les livres, les morts furent jugés selon leurs actes.

La mer rendit les morts qu’elle retenait ; la Mort et le séjour des morts rendirent aussi ceux qu’ils retenaient, et ils furent jugés, chacun selon ses actes.

Puis la Mort et le séjour des morts furent précipités dans l’étang de feu – l’étang de feu, c’est la seconde mort.

Et si quelqu’un ne se trouvait pas inscrit dans le livre de la vie, il était précipité dans l’étang de feu.

Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus.

Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.


Psaume 84(83),3.4.5-6a.8a.

Mon âme s'épuise à désirer

les parvis du Seigneur ;

mon cœur et ma chair sont un cri

vers le Dieu vivant !


L'oiseau lui-même s'est trouvé une maison,

et l'hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :

tes autels, Seigneur de l'univers,

mon Roi et mon Dieu !


Heureux les habitants de ta maison :

ils pourront te chanter encore !

Heureux les hommes dont tu es la force :

Ils vont de hauteur en hauteur.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,29-33.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole :

« Voyez le figuier et tous les autres arbres.

Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche.

De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche.

Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive.

Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour:


Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157)

abbé cistercien

1er Sermon pour l'Avent ; PL 185,11 ; SC 166 (Sermons, t. I; trad. sous la direction de Placide Deseille; Éds du Cerf 1970, p. 91-93, rev.)


« Sachez que le royaume de Dieu est proche »

» Nous attendons le Sauveur » (liturgie latine; cf Ph 3,20). Vraiment, elle est joyeuse l'attente des justes, de ceux qui attendent « la bienheureuse espérance et l'avènement dans la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ » (Tt 2,13). « Quelle est mon espérance, dit le juste, n'est-ce pas le Seigneur ? » (Ps 38,8) Puis, il se tourne vers lui et s'écrie : « Je le sais : tu ne décevras pas mon attente (Ps 118,116). En effet, mon être est déjà près de toi, puisque notre nature, assumée par toi et offerte pour nous, a déjà été glorifiée en toi. Cela nous donne l'espoir que ‘toute chair viendra à toi’ (Ps 64,3) » (...)

Pourtant, c'est avec une confiance plus grande encore qu'attendent le Seigneur ceux qui peuvent dire : « Mon être est près de toi, Seigneur, car je t'ai donné toutes mes richesses ; les quittant pour toi, j'ai ‘amassé un trésor dans le ciel’ (Mt 6,20). J'ai déposé tous mes biens à tes pieds : je sais que (...) tu me les ‘rendras au centuple avec, en plus, la vie éternelle’ » (Mc 10,30). Vous qui êtes pauvres en esprit, heureux êtes-vous ! (Mt 5,3). (...) Car le Seigneur a dit : « Là où est ton trésor, là sera ton cœur » (Mt 6,21). Que vos cœurs le suivent donc, qu'ils suivent leur trésor ! Fixez votre pensée là-haut, et que votre attente soit suspendue à Dieu, pour pouvoir dire avec l'apôtre Paul : « Notre vie est dans les cieux ; c'est de là que nous attendons le Sauveur »( Ph 3,20).




Jeudi 26 novembre


Livre de l'Apocalypse 18,1-2.21-23.19,1-3.9a.

Moi, Jean, j’ai vu descendre du ciel un autre ange, ayant un grande pouvoir, et la terre fut illuminée de sa gloire.

Il s’écria d’une voix puissante : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ! La voilà devenue tanière de démons, repaire de tous les esprits impurs, repaire de tous les oiseaux impurs, repaire de toutes les bêtes impures et répugnantes !

Alors un ange plein de force prit une pierre pareille à une grande meule, et la précipita dans la mer, en disant : « Ainsi, d’un coup, sera précipitée Babylone, la grande ville, on ne la retrouvera jamais plus.

La voix des joueurs de cithares et des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette, chez toi ne s’entendra jamais plus. Aucun artisan d’aucun métier chez toi ne se trouvera jamais plus, et la voix de la meule chez toi ne s’entendra jamais plus.

La lumière de la lampe chez toi ne brillera jamais plus. La voix du jeune époux et de son épouse chez toi ne s’entendra jamais plus. Pourtant, tes marchands étaient les magnats de la terre, et tes sortilèges égaraient toutes les nations ! »

Après cela, j’entendis comme la voix forte d’une foule immense dans le ciel, qui proclamait : « Alléluia ! Le salut, la gloire, la puissance à notre Dieu.

Ils sont vrais, ils sont justes, ses jugements. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution ; il a réclamé justice du sang de ses serviteurs, qu’elle a versé de sa main. »

Et la foule reprit : « Alléluia ! La fumée de l’incendie s’élève pour les siècles des siècles. »

Puis l’ange me dit : « Écris : Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! »


Psaume 100(99),1-2.3.4.5.

Acclamez le Seigneur, terre entière,

servez le Seigneur dans l'allégresse,

venez à lui avec des chants de joie !


Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :

il nous a faits, et nous sommes à lui,

nous, son peuple, son troupeau.


Venez dans sa maison lui rendre grâce,

dans sa demeure chanter ses louanges ;

rendez-lui grâce et bénissez son nom !


Oui, le Seigneur est bon,

éternel est son amour,

sa fidélité demeure d'âge en âge.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,20-28.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche.

Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville,

car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture.

Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple.

Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli.

Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.

Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.

Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.

Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris




Commentaire du jour:


Saint Théodore le Studite (759-826)

moine à Constantinople

Catéchèse 28 (Les Grandes Catéchèses, coll. Spiritualité orientale n° 79, trad. F. de Montleau, éd. Bellefontaine, 2002, p. 277-278 ; rev.)


« Redressez-vous et relevez la tête » (Lc 21,28)

Comment ne revenez-vous pas à la raison (cf. 2 Tm 2,26), vous qui sombrez dans la désolation ? Comment ne courez-vous pas, vous qui traînez ? Oui, oui, je vous le demande, très chers ! Tu le vois, la mort viendra certainement pour toi ; si même tu n’es pas sûr de passer le jour d’aujourd’hui, il est absolument certain que tu mourras demain.

Quelle sera ta joie et combien grande, quand tu sortiras de ce monde et viendras t’établir dans les célestes régions, en Dieu, dans une lumière inaccessible (cf. 1 Tm 6,16), dans un jour qui ne connaît pas de soir, dans un bonheur inexprimable, dans une gloire inconcevable, dans les demeures des saints, dans les parvis du Seigneur (cf. Ps 83,3), dans l’église des premiers-nés (cf. He 12,23), dans le sein d’Abraham (cf. Lc 16,22), dans le paradis tout de beauté et de vertu, dans la chambre nuptiale qui n’est pas faite de main d’homme, dans les biens invisibles, dans l’inouï de nos aspirations, dans l’indicible de nos désirs, dans les chœurs des anges, dans le rassemblement des prophètes, dans les apothéoses des apôtres, dans les palais du roi du ciel, dans la cité du Dieu de Jacob (cf. Is 2,3). Là, qui verras-tu ? Quels seront-ils ? La maîtresse du monde et la mère de Dieu notre Maître, les puissances incorporelles, les dignités, chérubins et séraphins, les armées et les ordres des prêtres et des saints, les cohortes, qu’on ne peut nommer et qui n’ont pas de nom, des habitants de ces lieux, enfin la bienheureuse et pure Trinité elle-même.

Est-ce que cela ne t’enchante pas, mon frère ? Est-ce que fort de tout cela, même si on te dépèce, tu sens les blessures ? Quoi donc ? Pour une petite affliction, pour un coup, pour une punition, pour la soif ou pour quelques restrictions dans la nourriture, nous laisserons-nous accabler ? Nullement ! Ainsi donc Christ notre Dieu vous gardera, enfants bien-aimés, et fera pénétrer dans vos cœurs saints mon indigne exhortation ; il les fortifiera, il les illuminera et les sanctifiera.




Mercredi 25 novembre


Livre de l'Apocalypse 15,1-4.

Moi, Jean, j’ai vu dans le ciel un autre signe, grand et merveilleux : sept anges qui détiennent sept fléaux ; ce sont les derniers, puisque s’achève avec eux la fureur de Dieu.

J’ai vu comme une mer de cristal, mêlée de feu, et ceux qui sont victorieux de la Bête, de son image, et du chiffre qui correspond à son nom : ils se tiennent debout sur cette mer de cristal, ils ont en main les cithares de Dieu.

Ils chantent le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau. Ils disent : « Grandes, merveilleuses, tes œuvres, Seigneur Dieu, Souverain de l’univers ! Ils sont justes, ils sont vrais, tes chemins, Roi des nations.

Qui ne te craindrait, Seigneur ? À ton nom, qui ne rendrait gloire ? Oui, toi seul es saint ! Oui, toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi ; oui, ils sont manifestés, tes jugements. »


Psaume 98(97),1.2-3ab.7-8.9.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,

car il a fait des merveilles ;

par son bras très saint, par sa main puissante,

il s'est assuré la victoire.


Le Seigneur a fait connaître sa victoire

et révélé sa justice aux nations ;

il s'est rappelé sa fidélité, son amour,

en faveur de la maison d'Israël.


Que résonnent la mer et sa richesse,

le monde et tous ses habitants ;

que les fleuves battent des mains,

que les montagnes chantent leur joie.


Acclamez le Seigneur, car il vient

pour gouverner la terre,

pour gouverner le monde avec justice

et les peuples avec droiture !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21,12-19.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :

« On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom.

Cela vous amènera à rendre témoignage.

Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.

C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.

Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.

Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.

Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour:


Saint Claude la Colombière (1641-1682)

jésuite

Journal spirituel (Écrits spirituels, coll. Christus n° 9, éd. DDB, 1982, p. 129-130)


La sainteté consiste à persévérer

Il est étrange combien d’ennemis on a à combattre du moment qu’on forme la résolution de se faire un saint. Il semble que tout se déchaîne, et le démon par ses artifices, et le monde par ses attraits, et la nature par la résistance qu’elle oppose à nos bons désirs ; les louanges des bons, les railleries des méchants, les sollicitations des tièdes. Si Dieu vous visite, la vanité est à craindre ; s’il se retire, la timidité, le désespoir peut succéder à la plus grande ferveur. Nos amis nous tentent par la complaisance que nous avons coutume d’avoir pour eux ; les indifférents, par la crainte de leur déplaire. L’indiscrétion est à craindre dans la ferveur, la sensualité dans la modération, et l’amour-propre partout. Que faire donc ? (…)

Surtout, la sainteté ne consistant pas à être fidèle un jour ou une année, mais à persévérer et croître jusqu’à la mort, il faut que Dieu nous serve de bouclier, mais d’un bouclier qui nous environne, parce que c’est de toutes parts qu’on nous attaque (cf. Ps 90,4). Il faut que Dieu fasse tout. Tant mieux ; il ne faut pas craindre qu’il manque à rien. Pour nous, nous n’avons qu’à bien reconnaître notre impuissance, et à être fervents et constants à demander du secours par l’intercession de Marie, à qui Dieu ne refuse rien. Mais cela même, nous ne le pouvons qu’avec une grande grâce, ou plutôt avec plusieurs grandes grâces de Dieu.